Economie

Benatiq courtise les compétences marocaines de France

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5308 Le 05/07/2018 | Partager
12 forums thématiques dont le 1er consacré aux NT
La mobilisation de «cette force de frappe» pour accompagner les réformes au Maroc
Ces rencontres seront couronnées par l’organisation d’un congrès
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Abdelkrim Benatiq a tenu à la présence de l’ambassadeur de France au Maroc, Jean-François Girault, pour marquer la solidité des relations bilatérales (Ph. Bziouat)

Abdelkrim Benatiq est méthodique. Après avoir monté des rencontres avec les compétences marocaines dans le monde, le voilà qui se focalise sur la France. Le ministre des MRE et des affaires de la migration a initié un programme de 12 forums thématiques avec la participation d’experts d’origine marocaine venus de l’Hexagone.

L’idée est de définir les meilleurs moyens et arrêter les mécanismes de mise en œuvre d’un partenariat actif et durable, avec la possibilité d’associer chaque thématique à une région du Maroc. Le but est d’élargir le champ des partenariats et de s’inscrire à terme dans une logique de coopération décentralisée et triangulaire.

Le premier forum, qui a démarré hier à Skhirat, est consacré à «l’innovation et aux nouvelles technologies, devenues un axe stratégique pour toute structure quelle que soit sa taille ou sa nature». D’ailleurs, le gouvernement avait mis en place une stratégie Maroc numérique 2020, afin de faire de notre pays un hub régional en la matière. Il a également lancé dernièrement l’Agence pour le développement du digital.

Cette structure a pour mission de concevoir et de mettre en œuvre des projets de l’administration électronique et de fournir l’expérience requise dans le domaine de l’économie numérique. Elle prendra en charge la mise en œuvre de la stratégie de développement des investissements.

La mobilisation de «cette force de frappe que sont les compétences marocaines» vise également à accompagner les réformes engagées au Maroc. L’idée est de renforcer les capacités du pays dans les thématiques abordées. Une manière de mettre à la disposition des secteurs et des acteurs du développement, une expertise de qualité et une assistance technique de premier choix, dira le ministre.

D’autres thèmes sont identifiés comme notamment l’agriculture et la sécurité alimentaire, le tourisme, le sport, la médecine et la santé. Ce processus devra aboutir à l’organisation d’un congrès qui devra réunir toutes les compétences de France. C’est dans ce pays où vit la communauté marocaine la plus importante, établie à l’étranger.

Au lancement de ces deux journées d’études, Abdelkrim Benatiq a jugé utile de planter le décor en montrant les relations stratégiques entre le Maroc et la France, marquées par un dialogue franc et permanent. Après voir énuméré l’excellence des relations bilatérales et l’entente entre les deux chefs d’Etat, le ministre a abordé deux axes: le premier concerne la coopération dans le domaine de la jeunesse et le deuxième la vision commune dans l’approche et le traitement des changements en Afrique.

En matière d’investissement, le plus gros vient de France, dira Abdelkrim Benatiq. Selon lui, le volume représente 34,3% de l’ensemble des investissements étrangers au Maroc. En plus des engagements de l’AFD en 2017 qui ont totalisé 280 millions d’euros. Cette relation est forte au niveau des chefs d’Etat et le niveau sectoriel bilatéral est marqué par un dynamisme économique.

Dans l’approche géostratégique régionale, l’un des rares Etats ayant pris conscience de l’importance du prolongement du sud du Maroc est la France. Plusieurs pays européens considèrent que les frontières européennes se limitent à la zone de Gibraltar.

La géographie ne peut être changée mais au niveau stratégique, la frontière avec l’Europe commence à la profondeur du sud du Maroc. Au niveau stratégique, les choses se présentent autrement. La stabilité et la sécurité du vieux continent ne peuvent être assurées sans une coopération maroco-européenne qui prend son origine dans les provinces du sud, dira Benatiq. Sans un Etat fort, l’Europe ne peut connaître de stabilité.

Retour aux frontières nationales

Le «retour aux frontières nationales» est revenu à l’ordre du jour dans plusieurs pays européens. C’est même un dossier en tête des priorités électorales dans ces contrées à traditions démocratiques ancrées. Le ministre dit respecter «toutes les expressions électorales» mais il pose la question: «demain pourrions-nous vivre dans un monde fermé, sans partenariat ni coopération? Peut-on vivre avec un partenariat économique en l’absence de valeurs humaines. L’UE et la France ont défendu ces valeurs communes, en dépit de l’appartenance raciale, religieuse, ou géographique». Pour lui, le Maroc a choisi d’être présent dans ces débats internationaux. Ainsi, il accueillera le forum mondial qui sera organisé en décembre à Marrakech pour une migration organisée. La France soutient cette idée.

 

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