Competences & rh

RSE: Les entreprises gagnent en maturité

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5307 Le 04/07/2018 | Partager
Mais peuvent mieux faire
Les PME, toujours en retard dans le domaine
Les difficultés financières et le manque d’accompagnement les freinent
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Les pays scandinaves dominent les premières places du classement de l’institut Respeco. Bien qu’il soit classé à la 54e place, le Maroc arrive à tirer son épingle du jeu. Il occupe la 4e place en Afrique, après le Burkina Faso, le Sénégal et le Gabon. Mieux encore, il est champion de la région Maghreb, devançant la Tunisie à la 59e place et l’Algérie à  la 124e

En matière de RSE, les entreprises marocaines font quelques progrès, mais restent encore à la traîne. En effet, selon le classement effectué par l’institut Respeco (centre de ressources et de recherches du Forum mondial pour une économie responsable), en septembre 2017, le Royaume occupe la 4e place en Afrique, et la 54e à l’échelle mondiale.

Pourtant, la responsabilité sociale des entreprises ne devrait plus être juste un avantage commercial et concurrentiel. «C'est une composante incontournable de la stratégie des entreprises», insiste Tarik El Malki, directeur du développement et de la recherche scientifique à l’Iscae et président de l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises du Maroc (Orsem).

Aujourd’hui, les entreprises, de plus en plus soucieuses de leur image et de leur réputation, commencent à entreprendre des d’efforts pour changer leur comportement environnemental et sociétal. «Les dirigeants prennent conscience qu'à défaut de parler de RSE, ne pas la considérer dans la stratégie peut induire des risques extra-financiers», précise Tarik El Malki.

«Nous constatons des progrès dans le domaine, émanant de nos collaborateurs, fournisseurs et clients», souligne, pour sa part, Malika Youssoufine, directrice RH, RSE et communication du groupe LafargeHolcim.

Afin de démontrer l’intérêt de la composante RSE en entreprise, le groupe Iscae a organisé récemment la 5e édition de sa conférence internationale sur la responsabilité sociétale des organisations (RSO) à  Casablanca. Sous le thème «Les innovations pro-sociales: de la finance responsable à l’entrepreneuriat social», le colloque a été l’occasion de mobiliser un panel de chercheurs nationaux et internationaux, des praticiens, des doctorants ainsi que des entreprises expertes en la matière.

Des représentants de l’OCP, BMCE Bank, LafargeHolcim et Filaction Québec sont venus présenter les actions qu’ils mènent dans le domaine, mais aussi les avantages qui en découlent. Aujourd’hui, une entreprise sans volet RSE ne peut être compétitive, s’accorde à dire l’assemblée. Des retombées négatives sont à craindre, telles que la difficulté à soumissionner à des marchés internationaux, la détérioration de l’image de marque... Pour les PME, la donne est quelque peu différente.

En effet, «une petite structure ayant des difficultés financières, ou qui est en phase de survie, aura certainement du retard dans la mise en place de sa politique RSE», indique Youssef Guerraoui Filali, président du Centre marocain de la gouvernance et du management. Celles en bonne santé financière peuvent mettre en place une stratégie en bonne et due forme.

Ce qui représentera pour elles un levier de croissance. Pour Selma Haj Khlifa, enseignante-chercheure au groupe Iscae et lauréate du dernier Prix de L’Economiste dans la catégorie Doctorat les grandes sociétés préfèrent rompre le contrat qui les lie à leurs parties prenantes, si elles observent une non-conformité de leur démarche RSE.

«Certains grands donneurs d’ordre choisissent d’accompagner et d’inciter les PME dans cette lignée. C’est justement ce dont nous avons besoin», insiste-t-elle. A l’heure actuelle, 92 entreprises sont labellisées RSE par la CGEM. 15 d’entre elles ont reçu le titre en mai dernier.

A peine le tiers de ces sociétés sont des PME. Ce qui reste très peu au regard de la structure du tissu économique, dominé par les TPME. Pour passer de la charte à l’application, l’accompagnement, la formation et les mécanismes de financement devraient être revus.

Des travaux de recherches primés

Le colloque de l’Iscae a également été l’occasion de primer les lauréats de la première édition du concours de la Finance responsable pour les pays émergents francophones. Une initiative mise en place par le réseau PRI Québec (Principles for Responsible Investment), le Forum pour l’investissement responsable et l’Alliance internationale de centres de recherches interdisciplinaires (AICRI). Un prix a ainsi été remis à la meilleure thèse de doctorat et au meilleur article.

 

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