Economie

Les patrons réclament un nouveau modèle économique

Par Nadia DREF | Edition N°:5296 Le 19/06/2018 | Partager
Redynamiser l’industrie et les services, une priorité
L’Etat appelé à jouer un rôle de facilitateur, de régulateur et de partenaire
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Une majorité écrasante plaide pour une refonte du modèle économique basée sur le développement du marché intérieur et l’intégration des marchés internationaux

Le modèle de développement économique a montré ses limites. Au moment où les débats fusent de partout, vu le contexte actuel de boycott et de défaillance de la gouvernance ou encore de certains choix du gouvernement, les chefs d’entreprises réclament une réforme.

Une thèse corroborée par les résultats de l’enquête réalisée auprès des chefs d’entreprises par le Centre marocain de conjoncture (CMC) au cours du 1er trimestre de l’année qui dresse un tableau plutôt alarmant. Selon le sondage, 97,5% des chefs d’entreprises sondés sont unanimes: le modèle de développement actuel a atteint ses limites et il doit nécessairement évoluer pour plus d’efficacité.

En revanche, ils sont seulement 2,6% de l’échantillon à penser le contraire. Pour aboutir à cette évaluation, les industriels questionnés ont passé au crible plusieurs indicateurs: performance économique et financière (15,7%), développement social (14,9%), qualité des institutions (13,4%), progrès au niveau de la répartition, équité et justice sociale (13,3%), diversification des structures productives (12,6%), niveau de la productivité et de compétitivité (11,8%), capacité à faire face aux changements de l’environnement (10,4%), ou encore la protection de l’environnement et la préservation du futur (7,5%).

Les chefs d’entreprises dénoncent la persistance des inégalités sociales et territoriales (14,3%), la faiblesse de la capacité de création d’emplois et l’aggravation du chômage (13,3%), l’essoufflement de la croissance (13%) ainsi que la déficience du système de gouvernance (12,8%). S’y ajoutent la faible diversification productive (10,5%), l’insuffisance de la compétitivité et faiblesse du secteur exportateur (10,4%), la faible convergence vers les pays émergents (9,3%), l’attractivité insuffisante et la faiblesse des rendements de l’investissement (8,5%) ou encore la détérioration des équilibres financiers (7,8%).

Pour relancer la machine, les patrons aspirent à un nouveau modèle. Plusieurs scénarios sont proposés. D’après l’enquête, 85,7% des opérateurs sondés tablent sur une stratégie combinant le développement du marché intérieur et l’intégration des marchés internationaux.

Par ailleurs, 28,6% de l’échantillon proposent une stratégie de compétitivité, d’ouverture, d’intégration des marchés internationaux et d’exportation tandis que 11,9% n’écartent pas une stratégie axée principalement sur le développement du marché intérieur.

Pour relever ce challenge, les patrons érigent le développement régional et la réduction des inégalités en priorité (75% d’entre eux). Viennent ensuite l’amélioration des performances économiques (59,5% de l’échantillon) et la convergence vers les standards des pays émergents (54,8%).

Les chefs d’entreprises aspirent également à l’amélioration de la mission de l’Etat. Dans le nouveau modèle de développement, l’Etat devra jouer le rôle de facilitateur, de régulateur, de partenaire et d’accompagnateur des initiatives privées. Un souhait exprimé par 66,7% des patrons interrogés.

Un Etat intervenant par le truchement du secteur public dans l’économie (Etat développeur) n’est apprécié que par 23,8% des personnes sondées. En revanche, un Etat fixant les choix stratégiques à long terme et les conditions de leur réalisation (Etat stratège) est souhaité par 50% des opérateurs, fait valoir le CMC.

Force est de constater que le secteur privé se dit prêt à participer à une dynamique qu’impose la nécessaire évolution du modèle de développement de l’économie nationale. Ils sont tous unanimes à le confirmer (100%), précise l’enquête.

Principaux leviers

Selon les résultats de l’enquête CMC, les leviers sur lesquels il faudrait agir sont les suivants:
1. Education, formation, renforcement des compétences et développement du capital humain
2. Accélération des réformes visant notamment l’amélioration du climat des affaires, des performances de l’administration, du système fiscal, du système judiciaire et la décentralisation
3. Amélioration du système de gouvernance
4. Développement des infrastructures de base
5. Promotion des activités de recherche & développement dans les secteurs public et privé
6. Intensification de l’investissement et du processus d’accumulation du capital physique
7. Amélioration de la compétitivité et intégration plus poussée des marchés internationaux à travers les flux de biens, services et capitaux
8. Facilitation des moyens de financement de l’entreprise.

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