Régions

Fès-Meknès: 7,2 milliards de DH pour doper l’agriculture

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5293 Le 13/06/2018 | Partager
L’irrigation rationnelle pour 33.000 ha de terres agricoles en priorité
7 provinces concernées et plus de 23.000 bénéficiaires à l’horizon 2022
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L’Etat réserve 7,2 milliards de DH au développement du secteur agricole de la région Fès-Meknès. Une enveloppe qui servira au financement de 6 projets d’irrigation en goutte-à-goutte dans 7 provinces, soit 33.000 ha de terres agricoles (Ph L'Economiste)

Sans grande surprise, le secteur agricole sera au cœur de la stratégie de développement régional de Fès-Meknès 2018-2022. C’est ce qu’annoncent les responsables de la région pour qui les opportunités naturelles de ce territoire sont assez diverses et nécessitent d’être mieux exploitées et mieux valorisées.

«L’agriculture est un secteur porteur pour notre circonscription. Il emploie 50% de la main-d’œuvre et génère près de la moitié du PIB régional», indique Saïd Zniber, wali de la région. Selon lui, «quelque 7,2 milliards de DH iront au programme d’équipement de terres agricoles en goutte-à-goutte durant la période».

Concrètement, 6 projets de ce genre couvriront une superficie de 33.000 ha, répartis entre 7 provinces.

L’ambition étant d’endiguer la problématique du climat, un autre projet est en cours de réalisation. Il s’agit du programme d’irrigation Moyen Sebou-Innaouen Aval à partir du barrage Idriss 1er. D’un investissement global de 865 millions de DH, ce projet porte sur une superficie de 4.600 ha en périmètre irrigué et 12.400 ha de zone bour à l’horizon 2020.

Il vise l’augmentation de la production agricole (+300%) et sa valorisation, ainsi que l’amélioration des revenus des agriculteurs, outre la création de 971.000 journées de travail par an. S’étalant sur une durée de 7 ans, ce projet, inscrit dans la déclinaison régionale du Plan Maroc Vert (PMV), profitera à quelque 23.320 personnes.

Notons qu’un programme transversal d’extension de l’irrigation viendra renforcer l’efficience de l’utilisation de l’eau et optimiser les actions du PAR. Ce programme, actuellement à l’étude, devrait s’étendre sur une superficie de 57.400 ha. Il nécessitera un montant de 10,14 milliards de DH et mobilisera 288 millions de m3 d’eau.

D’autre part, le plan agricole régional (PAR Fès-Meknès) prévoit la mise en œuvre de 159 projets dans le cadre du pilier II. La composante principale de ces projets se base sur la plantation de 155.599 ha. Le PAR prévoit également la mise en œuvre de 102 projets (pilier I), dont 68 projets individuels, et la plantation de 30.000 ha à travers les aides financières accordées dans le cadre du FDA à la création des vergers.

D’ailleurs, les premiers résultats du PAR sont éloquents. A telle enseigne que le secteur agricole participe aujourd’hui à hauteur de 14,5% dans le PIB agricole national. A ce titre, la région Fès-Meknès est classée deuxième après celle de Rabat-Salé-Kénitra. En outre, le secteur agricole est le premier employeur de la région avec plus de 590.000 emplois, soit 43,5% de la main d’œuvre régionale.

Ces travailleurs développent une production végétale très variée et des céréales de toutes sortes aux cultures industrielles (tournesol, colza, soja…). Ils sont engagés également dans des exploitations de légumineuses, l’arboriculture fruitière (pommier, pêche, poirier, prunier, cerisier, cognassier, grenadier, vigne, amandier, noyer, dattier) et les espèces tropicales.

Ces filières offrent des opportunités de production de plants de fraisiers, des semences de betterave sucrière et des semences de pommes de terre notamment sur l’axe Ifrane-Khénifra et la tomate à Saïss.

Rappelons enfin que la superficie agricole utile au niveau de la région est estimée à 1,34 million d’hectares, soit 13,7% de la superficie agricole utile nationale. Pour sa part, la superficie totale des terres irriguées est de l’ordre de 1,25 million d’ha, soit 9% de la superficie totale des terres agricoles de la région.

Bilan d’étape

Entre 2009 et 2017, le ministère de l’Agriculture a initié plusieurs projets de développement agricole au niveau de Fès-Meknès. Le bilan d’étape fait état de la réalisation de la première tranche du projet Agropolis (création de 6.300 emplois à aujourd’hui), l’équipement de 44.000 ha de terres agricoles en goutte-à-goutte, l’appui à la mécanisation, la formation de 3.000 jeunes dans les différents instituts, ou encore la qualification de 7.000 jeunes paysans. En termes de financement, l’Etat a misé quelque 7 milliards de DH au niveau de la région. Ce qui a drainé plus de 8,3 milliards de DH d’investissements privés.

                                                                 

Des menaces à prendre au sérieux

Quoique Fès-Meknès bénéficie d’un grand patrimoine foncier arable (environ 1,4 million ha), d’un climat favorable, de ressources humaines importantes, il y a des contraintes qui entravent l’évolution du secteur agricole. Parmi celles-ci figure le morcellement de la propriété agricole qui l’empêche souvent d’être rentable. Idem pour l’extension urbaine et la spéculation sur les terres au détriment de la propriété agricole.

Signalons à cet égard que plus de 2.000 ha de terres agricoles et collectives ont intégré le périmètre urbain de la ville de Fès durant les 10 dernières années. Ces terrains ont été rapidement envahis par des spéculateurs immobiliers bloquant toute possibilité de développement rationnel pour la ville, et particulièrement son secteur économique (zones industrielles).

Enfin, il y a le risque climat, l’inutilisation des technologies modernes par les petits agriculteurs, l’érosion des sols, la désertification et l’appauvrissement du terroir en minéraux.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

 

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