International

Les cours du sucre fondent

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5293 Le 13/06/2018 | Partager
Et ce, en raison des craintes d’un surplus de l’offre
Les explications de l’ISO et de la FAO
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L’indice FAO des prix du sucre a connu son sixième affaiblissement mensuel consécutif, avec une baisse de 0,5% depuis avril. Une situation qui reflète des conditions de récolte favorables dans les principales régions productrices au Brésil, le plus grand producteur et exportateur de sucre au monde. La tendance baissière est enclenchée depuis le début de l’année

La fin des quotas sucriers en Europe (octobre 2017), conjuguée à une hausse de la production mondiale a eu des impacts sur les sucriers européens. Le tout face à des cours mondiaux déprimés. Depuis le début de l’année, les cours du sucre ont fortement reculé en raison des craintes d’un surplus de l’offre.

La production mondiale de sucre devait atteindre en 2017 un record historique de plus de 190 millions de tonnes, avec un surplus de plus de 10 millions de tonnes par rapport à la consommation mondiale (estimée à 180 millions de tonnes). Résultat: une chute des cours, qui ont notamment perdu 25% en 2017, selon le rapport Cyclope sur les matières premières (1).

Elle est due notamment à une explosion de la production mondiale. En Europe, elle a grimpé de l’ordre de 20%, avec des hausses des surfaces des champs de betteraves amplifiées par les bonnes conditions météo. Outre l’augmentation liée à la fin des quotas européens, d’autres pays ont vu leur production exploser. L’Inde a ainsi produit presque plus que le Brésil, premier producteur mondial, grâce là aussi à des conditions climatiques favorables, passant de 20 à 30 millions de tonnes de sucre.

Selon les pronostics de l’Association internationale du sucre (ISO), la production de sucre devrait atteindre 179,45 millions de tonnes en 2017-2018, contre 168,37 millions de tonnes en 2016-2017, soit une hausse de 6,58%. Tandis que la demande devrait augmenter de seulement 1,71% à 174,41 millions de tonnes. Ainsi, le surplus d’offre devrait s’établir à 5,03 tonnes, contre 3,10 tonnes de déficit en 2016-2017.

Quant à l’indice FAO des prix du sucre (publié le 7 juin 2018), il a été en moyenne de 175,3 points en mai, soit un léger recul (0,5%) par rapport à avril. Ce qui représente le sixième mois consécutif de baisse. La dernière diminution en date des cours internationaux du sucre s’explique principalement par les prévisions qui tablent sur un volume de production de canne à sucre élevé.

Ceci compte tenu des conditions de récolte favorables dans la région Centre-Sud du Brésil, principal producteur et exportateur mondial de sucre. Les inquiétudes soulevées par les répercussions de la sécheresse prolongée qui touche certaines parties de la région sur les rendements de canne n’ont pas suffi à renverser la tendance du marché.

De même, les informations selon lesquelles les sucreries brésiliennes continuent de privilégier la production d’éthanol au détriment de la production de sucre (seul 37% environ du volume des récoltes de canne à sucre est utilisé pour la production de sucre) n’ont pas suffi à faire augmenter les prix du sucre.

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(1) OCP Policy Center, Bilan des marchés mondiaux de matières premières 2017 et prévisions 2018, par Philippe Chalmin

 

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