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Enquête PISA: Les enseignants qualifiés manquent

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5292 Le 12/06/2018 | Partager
Renforcer l’autonomie de recrutement des établissements
La formation et le taux d’encadrement… les priorités
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Les enseignants constituent la ressource scolaire principale. Dans tous les pays, leur salaire et leur formation représentent la part la plus importante des dépenses d’éducation. Les travaux de recherche montrent ainsi que le fait de recevoir leur instruction des meilleurs enseignants peut avoir une réelle incidence sur la réussite scolaire et personnelle d’élèves (Ph. AFP)

Tous les élèves ne sont pas égaux en termes d’accès à un enseignement de qualité. Les données de l’enquête PISA 2015 de l’OCDE (1), publiées le 11 juin 2018, révèlent ainsi l’existence, dans de nombreux pays, d’inégalités d’accès à des enseignants expérimentés et qualifiés. Elles montrent aussi la relation de ces inégalités avec les écarts de résultats d’apprentissage entre élèves favorisés et défavorisés.

Les résultats montrent que la majorité des pays et économies ayant participé à l’enquête PISA 2015 compensent les difficultés des établissements défavorisés par une réduction de la taille des classes et/ou une augmentation du taux d’encadrement.

Ce constat vaut particulièrement lorsque l’analyse se limite aux établissements publics ou privés subventionnés par l’Etat. Toutefois, dans plus d’un tiers des pays et économies, les enseignants des établissements les plus défavorisés sont moins qualifiés ou moins expérimentés que ceux des établissements les plus favorisés.

L’effectif d’élèves des classes de la langue d’enseignement est plus réduit dans les établissements défavorisés que dans les établissements favorisés dans 38 des 69 pays et économies participant à l’enquête PISA. C’est notamment en Allemagne, au Canada, en Corée, en France, au Japon, au Mexique, aux Pays-Bas et en Pologne.

Parallèlement, même si la taille des classes ne diffère pas de façon significative entre établissements défavorisés et favorisés, le Danemark, l’Espagne, l’Irlande et l’Italie, ainsi que les Etats-Unis pour les établissements publics et privés subventionnés par l’Etat, compensent les difficultés des établissements défavorisés par l’augmentation du taux d’encadrement.

Cependant, les systèmes d’éducation sont bien moins nombreux à veiller à ce que les enseignants plus qualifiés ou une part plus importante d’enseignants pleinement certifiés exercent dans les établissements défavorisés. De fait, c’est souvent l’inverse qui s’observe.

En France, en Italie et aux Pays-Bas, et dans 16 des 66 pays/économies à l’étude, les enseignants des établissements les plus défavorisés sont moins susceptibles d’être pleinement certifiés que ceux des établissements favorisés. Un écart similaire s’observe entre établissements publics favorisés et défavorisés aux Etats-Unis.

En Australie, au Mexique et au Royaume-Uni, et dans 23 des 67 pays/économies à l’étude, les professeurs de sciences des établissements les plus défavorisés sont moins susceptibles d’être titulaires d’un diplôme universitaire avec une spécialisation en sciences que leurs homologues des établissements favorisés.

Pour les experts de l’OCDE, l’éducation doit s’efforcer de remédier aux inégalités économiques et sociales et non les accentuer. Aussi, le fait d’accorder aux établissements scolaires plus d’autonomie pour recruter leurs enseignants semble avoir débouché sur de meilleurs résultats scolaires.

Les chefs d’établissement ayant plus de latitude pour adapter les responsabilités, les conditions de travail et la rémunération des enseignants sont également mieux à même d’attirer les meilleurs professionnels dans les classes les plus difficiles.

Le métier de prof séduit toujours

Le rapport «Effective Teacher Policies: Insights from PISA» estime que des efforts peuvent encore être faits pendant la formation initiale des enseignants, la phase de mentorat et dans le cadre du développement professionnel.
Le but est de doter les enseignants des compétences qui leur seront nécessaires pour travailler dans des établissements défavorisés. Il révèle également qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE, 4,2% des élèves de 15 ans souhaitent devenir enseignants.
Une proportion bien supérieure au pourcentage actuel d’enseignants dans la population (2,4%). Si, dans tous les pays, les filles sont plus susceptibles de vouloir enseigner que les garçons, les aspirations des unes et des autres dans ce domaine sont plus équilibrées dans les pays où les enseignants sont mieux rémunérés.

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(1) «Effective Teacher Policies: Insights from PISA»

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