International

La contrefaçon coûte 60 milliards d’euros à l’Europe

Par Omar KETTANI | Edition N°:5292 Le 12/06/2018 | Partager
C’est la somme perdue par les secteurs exposés chaque année
7,5% de pertes pour les entreprises européennes
Plus de 435.000 emplois détruits
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Selon l’étude publiée par l’office de l’UE pour la propriété intellectuelle, les atteintes aux DPI (droits de la propriété intellectuelle) ont des effets lourds sur l’emploi. Les fabricants légitimes produisent moins qu’ils ne l’auraient fait en l’absence de contrefaçon et emploient donc moins de travailleurs. 435.000 emplois ont disparu dans ces secteurs

A l’heure où le e-commerce fait fureur, la contrefaçon se renforce davantage  à l’échelle internationale. En Europe notamment, ce fléau coûte cher. Et l’Hexagone n’en est pas moins concerné. Selon la récente étude publiée par l’Office de l’UE pour la propriété intellectuelle (Euipro), les chiffres montrent que plus de 60 milliards d’euros sont perdus au niveau des secteurs d’activité les plus exposés à la contrefaçon à l’échelle européenne.

Parmi les domaines d’activités les plus touchés par la contrefaçon, figurent les cosmétiques, l’horlogerie, la maroquinerie, le prêt-à-porter ou encore l’électronique. Bien évidemment, les entreprises souffrent gravement  de la contrefaçon  au niveau de leur activité. Elles enregistrent 7,5% de pertes annuelles au niveau de leurs ventes, ce qui représente plus de 6,8 milliards d’euros de déficit. 

Le vecteur emploi n’est pas en reste. Le rapport relève que 435.000 emplois perdus sur le vieux continent sont causés par la contrefaçon.  S’agissant des habitudes des consommateurs français, le sondage réalisé par l’institut français d’opinion publique constate que 37 % des Français âgés de 15 ans et plus ont acquis volontairement un produit contrefait par le biais du net. La moitié d’entre eux sont des jeunes.

Notons que  plus de 66% des consommateurs via le net affirment utiliser des mots clés précis pour trouver des produits contrefaits. Le sondage relève que les termes «pas cher» et «cheap» sont les plus utilisés par les internautes. Chez les adolescents âgés de 15 à 18 ans, la proportion de consommateurs téléchargeant films, logiciels et musique sur Internet s’élève à 71%.

Ces statistiques renvoient à la question du regard porté sur la contrefaçon par les consommateurs français.  A ce propos, les avis sont pour le moins mitigés. Si 78% des Français considèrent la contrefaçon comme un danger, 75% d’entre eux voient la simplicité dont ils bénéficient pour avoir accès aux produits illégaux. Soulignons qu’une large part de la population (90%) considère que l’achat de produits contrefaits peut se faire inconsciemment.

Ces données prouvent que les consommateurs finaux sont les cibles privilégiées des vendeurs de produits contrefaits. Pour Christian Peugeot, président de l’Union des fabricants: «Le consommateur est la première victime en étant le premier dommage collatéral de ces faussaires, peu scrupuleux, qui n’hésitent pas à ruser et jouer de stratagèmes pour faire toujours plus de profits».

Peugeot appelle également à remédier à la situation par le biais de la sensibilisation. «Les résultats de cette étude démontrent bien qu’il faut accroître et persister dans les efforts de sensibilisation».

Sous nos latitudes, la contrefaçon s’avère être un fléau encore plus difficile à éviter. Elle pèse selon la récente étude de l’OCDE 1,27 milliard de DH sur l’économie marocaine. Parmi les produits les plus touchés par la contrefaçon, l’on retrouve les logiciels informatiques. Ainsi, 7 logiciels sur 10 sont considérés comme contrefaits, chose à laquelle les géants de l’informatique ont décidé de mener la vie dure.

 

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