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Gaz/Tendrara: Sound Energy passe à la phase exploitation!

Par Nadia DREF | Edition N°:5291 Le 11/06/2018 | Partager
La firme britannique vient de soumettre au ministère de l’Energie une demande pour développer la concession
Démarrage avant fin 2018
Une production estimée à quelque 60 millions de pieds cubes/jour de gaz naturel
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La société britannique mise sur la hausse de la demande domestique et l’accès aux marchés européens à travers le Gazoduc Maghreb-Europe. Ce pipeline, qui sera récupéré par le Maroc en 2021, peut absorber immédiatement près de 200 millions de pieds cubes additionnels

Nouveau cap pour le Maroc en matière de production de gaz. Les découvertes des gisements Tendrara confirment sa position en tant que futur producteur dans la région. Après la certification des découvertes (Cf. L’Economiste du 3 avril 2018), la société britannique Sound Energy vient de soumettre au ministère de l’Energie et des Mines une demande pour le développement de la concession Tendrara, premier site à potentiel gazier au Maroc.

C’est ce qu’a annoncé, le 8 juin, le management de l’entreprise britannique. Cette requête concerne le développement de la phase 1 de l’exploitation de cette licence. Elle couvre les aspects techniques et commerciaux liés au plan de développement du champ gazier ainsi que les grandes lignes de la zone de développement.

Selon Sound Energy, une fois en service, cette concession devrait permettre à la société de produire quelque 60 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour. Cette production sera acheminée par un futur pipeline de 120 km près du village d'Aïn Beni Mathar, à quelques kilomètres de la frontière maroco-algérienne.

Ce nouveau pipeline reliera l’exploitation au Gazoduc Maghreb-Europe (GME), une infrastructure qui sera récupérée par le Maroc en 2021. Le prélèvement devrait être utilisé soit pour un usage domestique ou exporté vers l'Europe du Sud. Le gazoduc peut accueillir immédiatement 200 millions de pieds cubes de gaz naturel additionnel de source marocaine, avance Sound Energy.

«Il s'agit d'une étape extrêmement importante pour notre entreprise et je suis ravi que Sound Energy joue un rôle-clé dans le démarrage de la première production de gaz naturel à grande échelle au Maroc», clame James Parsons, CEO de Sound Energy.

«Pour Sound Energy et ses actionnaires, cette structure innovante signifie que la société est désormais sur la voie de la commercialisation de ses ressources gazières existantes et futures dans l'est du Maroc», confirme le management qui attend le feu vert des autorités marocaines pour démarrer le développement de la concession avant fin 2018.

Dans la foulée, Sound Energy vient de retenir le consortium anglo-espagnol Enagas/Elecnor/Fomento avec qui il a signé un partenariat pour la réalisation de ses installations au Maroc. Cet accord porte sur l'ingénierie, la conception ainsi que la construction d'un pipeline de 20 pouces, soit 0,5 mètre, pour commercialiser le gaz découvert à Tendrara.

Ce consortium se chargera également du financement et de l'exploitation du pipeline. L’investissement prévu s’élève à 184 millions de dollars (1,74 milliard de DH) nécessaires pour financer le projet. Le contrat avec le consortium porte sur une période de 15 ans qui pourrait être renouvelée. A terme, la propriété des installations du projet sera transférée à Sound Energy et à ses partenaires ou à une autre entité désignée par le partenariat, sans frais, apprend-on auprès de la firme britannique.

Sound Energy a également reçu l'approbation de l'étude d'impact sur l'environnement des puits TE-9 et TE-10 du permis Tendrara-Lakbir. Cette approbation couvre un total de huit puits sur une vaste zone incluant les emplacements de forage TE-9 et TE-10.

Il s’agit là d’une étape importante dans le processus d'autorisation locale qui permet à l’exploitant de finaliser ses préparatifs pour les puits à venir. Notons aussi que Sound Energy a annoncé début juin l'approbation finale de la licence de Sidi Mokhtar et initie un processus formel d'affermage.

                                                                  

Le Maroc prépare déjà l’après-2021

Conscient de la problématique des intermittences des énergies renouvelables, le Maroc a lancé la réalisation des infrastructures nécessaires à l'utilisation du gaz naturel liquéfié (GNL). Ces infrastructures permettront de couvrir une demande nationale future en gaz naturel dès 2021.

Elles concernent la jetée maritime, le terminal de regazéification et le gazoduc de transport, à haute pression, qui s’étendra sur une longueur de 400 km pour relier le terminal aux centrales électriques à cycle combiné. L’investissement global mobilisé, pour la feuille de route «Gas to Power», sera assuré en majeure partie par des investisseurs nationaux et internationaux dans le cadre de contrats de partenariat public-privé. Il est de l’ordre de 4,6 milliards de dollars.

Objectif: subvenir aux besoins annuels en gaz naturel estimés à 5 milliards de mètres cubes dont 3,5 milliards alimenteront les centrales électriques. Rappelons que la consommation était de l’ordre de 1,16 milliard de m3 en 2016. Elle a été utilisée dans la production d’électricité, soit 6% de la demande en énergie primaire.

L’approvisionnement des centrales à cycles combinés existantes de Tahaddart et d’Aïn Beni Mathar sont alimentées actuellement par le gaz naturel algérien dans le cadre des contrats de redevance de transit et d’achat qui arriveront à échéance en 2021. Une date qui sera marquée par la récupération du Maroc des infrastructures du Gazoduc Maghreb-Europe.

Pour le moment, le ministère de tutelle ne s’est pas encore prononcé sur la nouvelle vocation de ce pipeline. Mais, tout porte à croire que le Maroc s’apprête à devenir un producteur de gaz naturel et pourra utiliser cette infrastructure pour exporter une partie de sa production vers l’Espagne et le Portugal et à long terme vers l’Afrique.  

Le Royaume a également signé des accords relatifs au mégaprojet du Gazoduc Nigeria-Maroc. Un pipeline qui aura un impact positif direct sur plus de 300 millions d’habitants et permettra d’accélérer les projets d’électrification dans toute la région de l’Afrique de l’Ouest, servant ainsi de base pour la création d’un marché régional compétitif de l’électricité. Pour rappel, une autorité nationale de régulation de l’énergie est en cours de création.

 

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