International

Italie: Le programme du gouvernement Conte

Par Omar KETTANI | Edition N°:5289 Le 07/06/2018 | Partager
Revenu de citoyenneté, baisse des impôts: Des enjeux économiques difficilement finançables
Une remise en cause du règlement de Dublin

C’est fait. Après trois mois de tractations, l’Italie se dote d’un nouveau gouvernement, issu de la coalition entre le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (extrême droite). Ce dernier sera présidé par Giuseppe Conte, un juriste italien jusque-là inconnu du grand public et novice en politique. Sa nomination résulte d’un compromis entre les deux leaders de partis Luigi Di Maio et Matteo Salvini, qui deviennent tous deux vice-présidents du Conseil.

Récemment, le tout nouveau chef du gouvernement a exposé devant quelque 300 sénateurs son programme qu’il qualifie de populiste: «Si le populisme est la capacité d’écouter les besoins du peuple, alors nous nous en revendiquons». Sur le plan économique, le président du Conseil affirme: «Nous voulons réduire notre dette publique, mais nous voulons le faire avec la croissance et non pas avec des mesures d’austérité».

S’inscrivant dans une logique keynésienne, Conte tente un numéro d’équilibriste entre les promesses des deux partis. Le Mouvement 5 étoiles entend en effet augmenter les dépenses à travers la mise en place d’un revenu de citoyenneté aux personnes en situation précaire. Par ailleurs, la Ligue, projette de mener une baisse des impôts via l’introduction d’une «flat tax» qui fixe les taux à 15 et 20% pour les particuliers et les entreprises.

Des réformes qui peuvent creuser davantage la dette publique italienne, laquelle représente déjà 131,5% du PIB. D’autant plus que Conte n’a fourni aucun détail concernant le financement de ces mesures. La politique étrangère n’est pas en reste. Le chef du gouvernement a réaffirmé l’appartenance de l’Italie à l’Union européenne, la définissant comme «[leur] maison». Il réitère son soutien aux Etats-Unis tout en encourageant une ouverture à la Russie.

En matière d’immigration, le nouveau gouvernement prône une politique stricte reprenant dans les grandes lignes le programme de la Ligue. S’il n’a pas clairement évoqué des expulsions-rapatriements, il souhaite cependant une révision du règlement de Dublin qui oblige les réfugiés à faire une demande d’asile dans le pays par lequel ils sont rentrés dans l’UE.

Portant toute la charge de l’accueil des exilés sur les pays d’entrée, comme l’Italie, Conte souhaite «obtenir le respect effectif d’une répartition équitable des responsabilités, et pour réaliser des systèmes automatiques de répartition obligatoire des demandeurs d’asile».

Un planning chargé se présente pour le nouveau président du Conseil. Il a d’ores et déjà rendez-vous au Canada pour le sommet du G7 où il rencontrera ses principaux homologues internationaux.

 

 

 

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