Economie

Croissance mondiale: Le pétrole et Trump sans effet pour l'instant

Par Franck FAGNON | Edition N°:5289 Le 07/06/2018 | Partager
La Banque mondiale maintient ses prévisions à 3,1%
L'effet de la normalisation des politiques des banques centrales à surveiller
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Malgré la montée du protectionnisme, la Banque mondiale est plus optimiste qu'en janvier sur le commerce mondial. Elle a révisé à la hausse ses prévisions sur les trois prochaines années. La croissance mondiale, elle, se stabilisera  à 3,1% en 2018 et se fixera autour de 3% les deux prochaines années, selon les dernières prévisions de la Banque mondiale.

L'économie mondiale progressera de 3,1% en 2018. La Banque mondiale a maintenu inchangées ses prévisions après la mise à jour de juin. La remontée du prix du pétrole, la reconduction des sanctions contre l'Iran ou encore les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont des éléments qui se sont rajoutés à la grille d'analyse des experts de la Banque mondiale. Mais ils ne semblent pas trop affecter leur jugement, en tout cas à court terme.

Les risques d'une confrontation entre les Etats-Unis et la Chine se sont un peu éloignés après que les deux géants aient trouvé un terrain d'entente. Mais, connaissant l'occupant de la Maison-Blanche, des rebondissements ne sont pas à exclure.

Toutefois, la Banque mondiale est un peu plus optimiste qu'en janvier sur le commerce mondial. Elle a relevé ses prévisions pour  2018 et les deux années suivantes. Cela participe à l'amélioration des perspectives des Etats-Unis et de la Chine. L'économie américaine progresserait de 2,7% en 2018 contre 2,5% anticipé en janvier. La Chine profite aussi d'un ajustement à la hausse de 0,1 point à 6,5%.

En revanche, les prévisions demeurent inchangées pour la zone euro qui est créditée d'une croissance du PIB de 2,1% en 2018. L'état de santé de la zone est un baromètre important pour le Maroc dont l'essentiel des exportations prennent la direction de l'Espagne et de la France. Après un chiffre de 2,4% en 2017, la croissance au sein de la zone euro se tasse depuis le début de l'année.

Aujourd'hui, les marchés chassent le moindre indice sur l'évolution de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Le retour progressif de l'inflation devrait orienter la BCE sur la voie d'une suppression progressive des mesures de relance monétaire. La possibilité d'une réduction progressive du programme de rachat d'actifs sera débattue lors du conseil monétaire de la semaine prochaine, a indiqué Peter Praet, économiste en chef de la BCE.

Sur les marchés, la probabilité d'un relèvement des taux de la BCE d'ici juillet est de plus en plus élevée. Aux Etats-Unis, les spécialistes prévoient quatre hausses des taux d'intérêt de la FED en 2018. La normalisation de la politique monétaire par les banques centrales ne sera pas neutre sur l'économie mondiale.

 «A mesure que les économies avancées normalisent leur politique monétaire, les pays émergents et en développement doivent s'attendre à des accès de volatilité sur les marchés financiers», analyse Ayhan Kose, directeur du Groupe d'études des perspectives de développement de la Banque mondiale.

La croissance mondiale devrait retomber à 2% dans les pays à revenu élevé en 2019 après 2,2% en 2018. Elle passerait de 4,7 à 4,8% en 2019 et 2020 dans les économies en développement.   

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Les tensions géopolitiques ont fortement pesé sur l'activité touristique dans la région. Malgré sa stabilité, le Maroc souffre de l'effet d'assimilation

3% pour le Maroc en 2018

L'actualisation des données pour le Maroc aboutit à un chiffre de 3% contre 3,1% il y a quelques mois. La croissance marocaine se situe dans la moyenne de la région Mena (3%). Elle sera inférieure à 4% en 2018 et 2019. Au-delà des facteurs conjoncturels qui peuvent pénaliser ou soutenir la croissance, le modèle marocain ne permet plus de générer une croissance robuste pour réduire le chômage et passer à un autre palier de développement.

C'est un sujet sur lequel insistent aussi bien la Banque mondiale et le FMI que les organismes nationaux tels que le HCP ou encore Bank Al-Maghrib. Les observateurs, dont les experts de l'OCDE, critiquent, entre autres, le manque de cohérence dans les stratégies sectorielles. Par ailleurs, la technologie est en train de bouleverser l'économie.

Elle peut être une arme à double tranchant dans la mesure où elle peut favoriser l'inclusion des jeunes. Elle peut d'un autre côté être destructrice pour l'emploi pour ceux qui ne s'adapteront pas. «La rapidité des évolutions technologiques rend incontournable le soutien à l'acquisition de compétences de même que le renforcement de la compétitivité et de l'ouverture des échanges», prévient la Banque mondiale.

L'institution encourage la mise en œuvre des réformes qui amélioreront les perspectives de croissance à long terme.

 

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