Competences & rh

Casablanca-Settat: Le tiers des adultes rêve d’entreprendre

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5287 Le 05/06/2018 | Partager
Mais seulement 3,3% tentent l’aventure
Un taux d’activité entrepreneuriale légèrement inférieur à la moyenne nationale
Seules 8,2% des entreprises de la région survivent au-delà de trois ans et demi!
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Casablanca-Settat reste la région qui participe le plus à la dynamique entrepreneuriale au Maroc, même si sa part est en recul sur un an. Elle est passée de 33 à 27%. Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, elle, est montée en puissance en seulement une année. Elle se classe désormais deuxième, avec une contribution de 18%

Ce n’est pas un scoop, Casablanca-Settat est le cœur économique du Maroc. Elle participe pour près du tiers au PIB. La région, qui compte plus de 176.178 entreprises, contribue à hauteur de 27% à la dynamique entrepreneuriale du Maroc, loin devant les 11 autres (voir illustration), selon le rapport marocain du Global Entrepreneurship Monitor 2017 (GEM).

L’enquête, menée par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Casablanca en partenariat avec la région de Casablanca-Settat, s’est intéressée aux adultes âgés entre 18 et 64 ans. Elle a travaillé sur un échantillon de 1.347 ménages au niveau régional (3.099 dans tout le Maroc).

C’est à Casablanca-Settat que l’on retrouve le plus grand nombre d’entrepreneurs. Néanmoins, ce n’est pas là où l’on tente le plus d’entreprendre. Il est vrai qu’en termes d’intentions entrepreneuriales, les Casablancais sont au-dessus de la moyenne nationale. Plus de 30% envisagent de se lancer dans les trois prochaines années, contre 26,6% sur le plan national. Mais quand il s’agit de passer à l’acte, ils ne sont que 3,3% à monter concrètement leur projet (4,2% au niveau national).

Le taux d’activité entrepreneuriale de la région (somme des entrepreneurs naissants, de moins de 3 mois d’activité, et de ceux dits nouveaux, allant jusqu’à 3,5 ans d’exercice), est de 6,6%. Il est légèrement  inférieur à la moyenne nationale (8,8%).  
Ce n’est pas, non plus, à Casablanca-Settat où l’on retrouve le plus d’entreprises qui survivent au-delà de 3,5 ans. La part des entrepreneurs établis (de plus de 3,5 ans d’activité) y est de 8,2%, alors que la moyenne nationale est de 10,4%.

L’attitude sociale des Casablancais vis-à-vis de l’entrepreneuriat, pour sa part, est mitigée. Certes, 61,9% estiment que fonder son entreprise est un bon choix de carrière. Mais cette part est en dessous de la moyenne nationale (75,8%).

En outre, seuls 38,3% attribuent un statut élevé aux entrepreneurs prospères, contre 77,9% au niveau national. Les Casablancais estiment, aussi, que l’entrepreneuriat ne suscite que peu d’intérêt des médias. Les deux tiers le pensent, contre 39,7% auprès de l’ensemble des Marocains.

Les Casablancais plus innovants et plus ouverts
sur l’export

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Plus de la moitié des entrepreneurs au niveau national ne prévoient pas d’embaucher dans les 5 prochaines années. A Casablanca-Settat, huit sur dix envisagent de recruter, et quatre sur dix comptent ouvrir plus de 5 postes. Ce qui témoigne d’un potentiel de croissance plus important

Source: GEM 2017

Toutefois, les entrepreneurs de la capitale économique se distinguent sur certains aspects. Selon l’enquête, la peur de l’échec dans la région est inférieure à la moyenne nationale (40% contre 53%). Et ce, même si l’environnement y est beaucoup plus concurrentiel qu’ailleurs. Sans compter toutes les difficultés liées à l’écosystème entrepreneurial (accès au financement, barrières à l’entrée, manque d’accompagnement et de formation…).

Les entrepreneurs casablancais sont plus motivés par des opportunités d’affaires que par la nécessité. 42,6% ambitionnent d’augmenter leur revenu personnel. Ils sont aussi plus innovants. Les trois quarts (75,9%) déclarent que leur produit est nouveau pour au moins 25% des consommateurs. Cependant, peu innovent en termes de marché, 83,1% affirment être positionnés sur une activité où la concurrence fait déjà rage.

Les entreprises casablancaises présentent également un meilleur potentiel de croissance. Environ la moitié exprime l’intention d’embaucher 2 à 3 employés dans les cinq prochaines années. Enfin, elles sont plus ouvertes sur l’international. 8,1% affirment mener des activités à l’export. A l’échelle nationale cette part est de 3,8%.

Pour améliorer l’écosystème régional, GEM recommande d’agir sur trois leviers en priorité: l’éducation et la formation à l’entrepreneuriat, l’accompagnement (réseautage et mentorat) et l’amélioration de l’accès au financement.

 

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