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    Safi: Des justiciers de l’apocalypse frappent encore

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5286 Le 04/06/2018 | Partager
    Une nouvelle agression filmée tourne sur la toile
    L’enquête ouverte par la gendarmerie, la société civile monte au créneau
    Dans des affaires précédentes, la justice a tranché d’un simple attentat à la pudeur...
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    Horreur et stupéfaction à la commune de Jemaât Shaim à Safi, où ces hommes surgis de nulle part s’arrogent le droit de rendre  une «justice divine et pénale», et qui ont l’audace de la diffuser sur Internet... Les recherches sont en cours en espérant cette fois-ci que le châtiment soit exemplaire et dissuasif  (Source: Youtube)

    Les justiciers du bled. Un triste spectacle se partage actuellement sur les réseaux sociaux. Celui d’une jeune femme frappée et insultée par plusieurs hommes armés de bâtons, qui ont bien pris soin de cacher leur visage. La scène se passe dans la commune de Jemaât Shaim à Safi.

    La justification des agresseurs audible sur la vidéo: Elle n’avait pas à se retrouver seule en voiture avec un homme pendant le mois sacré. Harcelée de questions et soupçonnée de relations sexuelles, elle a pris les premiers coups avant que les assaillants ne s’en prennent au chauffeur du véhicule.

    La vidéo, tournée et postée sur les réseaux par l’un des agresseurs, plusieurs jours après les faits, a permis l’ouverture d’une enquête par le parquet de Safi, menée par la gendarmerie royale. Très peu d’informations sûres et précises sont disponibles.

    Les images de ce déchaînement de violence ont choqué de nombreux Marocains, qui sont allés jusqu’à les comparer à Daech. Une chose est sûre, les nouvelles technologies permettent ici encore d’espérer la résolution et la traduction devant la justice des affaires de ce genre. Sans ces images, cette agression serait sûrement restée cloîtrée dans le douar. Mais ces faits sont loin d’être les premiers.

    L’histoire, petite ou grande, se répète inlassablement. On se souvient, parmi tant d’autres cas, de l’agression des 2 jeunes filles à Inezgane pour avoir porté une jupe, la veille du ramadan, et de ce couple marié, lui aussi victime d’agression en 2017 à Marrakech pour les mêmes faits à la même période. Ici, il était reproché à la jeune femme d’être dans la rue plutôt que chez elle. De telles justifications à de tels lynchages sont légitimées, pour les agresseurs, par la loi.

    Car rappelons que le code pénal condamne à la prison les citoyens qui ne respectent pas le ramadan en public et ceux qui ont des relations sexuelles hors mariage. Le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles en a profité pour rappeler «la nécessité d’une refonte du système éducatif et du code pénal».

    On se souvient aussi, en mars dernier, de ce jeune filmé en pleine tentative de viol sur une jeune fille dans la province de Rhamna.
    Quand la justice le poursuit pour simple attentat à la pudeur, ne laisse-t-elle pas la porte ouverte à de tels actes? Des actes condamnés par la société civile, qui finissent par s’essouffler avant de se voir inlassablement reproduits.

     

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