Economie

Mondial 2026: Gare à l’excès d’optimisme!

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5286 Le 04/06/2018 | Partager
Anticiper les manœuvres des «ennemis»
Sécurité, stades, hébergement, transport... les points faibles
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Désormais, c’est Faouzi Lakjaa qui prend le relais pour défendre la candidature du Maroc jusqu’au vote du 13 juin (Ph. FIFA)

Un 2,7 sur 5 pour le Maroc et un 4 sur 5 pour les Etats-Unis, le Mexique et le Canada. C’est donc officiel: la Fédération internationale de football (FIFA) a annoncé, vendredi dernier au soir, que le dossier de candidature du Maroc pour l’organisation de la Coupe du Monde 2026, a été retenu et qu’il a «atteint le score requis pour être soumis à son conseil le 13 juin».

La candidature du Maroc pour le Mondial 2026 a, ainsi, été validée par la Task Force. Voilà qui met fin aux craintes formulées ces dernières semaines quant à une élimination du dosser marocain de la course avant même le vote du Comité exécutif.

Certes, l’on est en droit de se réjouir d’avoir réussi ce passage incontournable et ô combien important. Mais, attention! Il ne faut pas en faire trop, mais plutôt privilégier de garder la tête froide et les pieds sur terre. Et avoir à l’esprit qu’en fin de compte, un 2,7 sur 5 est une note à peine au-dessus de la moyenne.

Et à ce propos, l’on se demande si la Task Force de la FIFA n’aurait pas attribué cette note juste pour maintenir dans la course la candidature du Maroc, histoire de donner une certaine crédibilité à la compétition face au trio «Etats-Unis, Mexique et Canada». En maintenant les deux candidatures, les instances de la FIFA veulent surtout faire montre d’un semblant d’impartialité aux yeux du monde, affirment certains observateurs de la scène footballistique internationale.

Un moyen pour faire oublier les scandales qui ont éclaboussé la FIFA et ses dirigeants il y a quelques années. Possible. D’autant plus que l’on sait que les Blatter, Platini et autre Johanssen ont encore le bras long et leurs entrées au sein même de l’actuel Comité exécutif. Et le Maroc n’est pas près d’oublier comment sa candidature a été écartée en 2004 pour l’organisation de l’édition 2010 du Mondial.

Une organisation qui aurait dû lui revenir. Mais Blatter et consorts ont manœuvré de telle sorte que l’honneur d’organiser pour la première fois une Coupe du Monde en terre africaine revienne à l’Afrique du Sud. Le subterfuge s’est déroulé en deux volets: écarter la candidature de la Libye en la déclarant irrecevable avant le vote du Comité exécutif.

Objectif de la manœuvre: éviter un report des voix au profit de la candidature du Maroc. Le second volet a été tout simplement axé sur l’argent. L’Afrique du Sud n’a d’ailleurs pas lésiné sur ce moyen pour faire basculer la balance en sa faveur. Quelques années après, des membres de ce même Comité exécutif ont été reconnus coupables de corruption et certains ont été arrêtés aux Etats-Unis.

Fait important également et qui traduit l’attitude négative, à peine voilée, de la FIFA à l’encontre du Maroc: 24 heures seulement avant le dépôt du dossier de candidature marocain, l’instance a procédé au changement de la procédure d’évaluation des candidature en plaçant la barre encore plus haut et en mettant en place une Task Force. Celle-ci a eu pour mission d’évaluer la recevabilité des dossiers de candidatures.

Et cela n’était nullement prévu dans les textes. Objectif bien réel, mais non avoué: sécuriser au maximum la candidature américaine en invalidant celle du Maroc. C’est que la FIFA a intérêt à ce que le mondial ait lieu aux Etats-Unis, Mexique et Canada. Comme quoi, le pouvoir de l’argent continuera à dicter la politique du temple du football mondial. Justice sera-t-elle pour autant rendue au Maroc? Difficile à dire, mais rien n’empêche de l’espérer.

En tout état de cause, «même si les Etats-Unis ont obtenu de bien meilleures notes, ce qui était logique, le Maroc va maintenant se battre pour montrer la qualité d’un dossier ficelé avec les plus hautes autorités du pays et qui inquiète de plus en plus les Etats-Unis», comme l’a souligné notre confrère français L’Equipe, grand spécialiste des choses du football international.

Au passage, le quotidien n’a pas manqué de rappeler que le président américain, Donald Trump, a menacé de couper les vivres aux pays qui ne voteront pas pour la candidature de son pays, du Mexique et du Canada. Et L’Equipe d’ajouter: «Sans que la FIFA, d’habitude plus prompte à dénoncer les ingérences du politique dans le sportif, ne s’en offusque». Dont acte!
Justice sera-t-elle, enfin, pour autant rendue au Maroc? Difficile à dire, mais rien n’empêche de l’espérer.

On est maintenant entré dans la dernière ligne droite dans cette course entre l’ogre américain et le petit poucet marocain. Toutes nos forces doivent être engagées dans ce sprint final et continuer à croire en nos chances. Sinon, nous devons encore attendre que le petit poucet devienne grand pour organiser une Coupe du Monde!

Risques!

C’est in extremis que la candidature marocaine a passé l’épreuve de validation de la Task Force. Le rapport de cette «institution» révèle, en effet, bien des surprises à tous les niveaux. Quoique «bien ficelé», comme on se plaît à le répéter du côté du comité de candidature, le dossier marocain peut être qualifié d’à peine convaincant.  En effet, le rapport  de la Task Force note qu’il présente des «risques élevés» en termes de stades, d’hébergement et de moyens de transport. En matière de sécurité, de santé et de billetterie, la Task Force a estimé les «risques moyens».
A l’opposé, le rapport relève que les Etats-Unis, le Mexique et le Canada présentent tous des «risques faibles». Et surprise, «les coûts d’organisation, le respect des droits de l’homme, les normes au travail et le soutien du gouvernement» présentent… des «risques moyens».

 

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