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Elections Afem: El Andaloussi dénonce une concurrence «déloyale»

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5283 Le 30/05/2018 | Partager
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«La candidate à la présidence doit se présenter seule. Tout autre comportement non conforme à notre mode électif ne peut que créer une concurrence déloyale», soutient Laila El Andaloussi, candidate à la présidence de l’Afem (Association de femmes chefs d’entreprises) (Ph. LE)

A une semaine du vote, Laila El Andaloussi, candidate à la présidence de l’Afem (Association de femmes chefs d’entreprises) dénonce le mode de déroulement de la campagne actuelle, notamment la candidature en binôme de sa concurrente, non prévue par les statuts de l’Afem, selon elle. Le rappel à l'ordre officiel du conseil de sages n'a pas été suivi d'effet.

- L’Economiste: La campagne électorale pour la présidence de l’Afem prend un tournant. Vous dénoncez une concurrence déloyale… Que reprochez-vous au juste à votre concurrente?
 - Laila El Andaloussi:
Après avoir constaté cette entrave aux statuts réglementaires de l`Afem qui stipulent que la présidente validée par le Conseil est élue d’abord et ensuite elle désigne sa vice-présidente, un rappel à l'ordre a été signifié à la 2e candidate mais n'a pas été pris en considération. J'ai donc saisi les instances dirigeantes et le Comité des sages pour stopper cette concurrence déloyale. Ce dernier (le comité des sages) s'est donc réuni en session extraordinaire et a publié un communiqué dénonçant cette pratique et demandant à la 2e candidate de se conformer aux statuts pour le bon déroulement de la campagne. Le communiqué a été ensuite envoyé à l'ensemble des membres pour les informer. Toutefois nous constatons que la principale concernée continue à mener campagne en binôme faisant fi des règles d'éthique et de déontologie. Pour ma part, je me conforme au respect des règles dictées par nos statuts et je laisse l'appréciation de cette transgression aux électrices de l'Afem qui sont amenées à voter pour celle qui va les représenter.

- Que prévoient justement les statuts de l'Afem sur les élections?
- Nos statuts précisent que la présidente est élue pour un mandat de 3 ans, et renvoient au règlement intérieur qui fixe les conditions, les modalités et les règles de candidatures et de vote. Ces derniers prévoient  en effet au niveau de leur article 6 que la candidature de la présidente est validée d’abord en conseil d’administration.  Ils précisent aussi qu’une fois élue, la présidente désignera parmi les administrateurs en exercice, son bureau dont notamment sa vice-présidente. Le modèle de la CGEM est différent. L’article 7 du règlement intérieur prévoit expressément l’élection en même temps de la  présidence et de la vice-présidence  générale. Pour être éligibles, les 2 candidates doivent adresser un acte de candidature conformément aux stipulations de l’article 7. Aujourd’hui, cette configuration n’est pas celle de l’Afem. La candidate à la présidence doit se présenter seule. Tout autre comportement non conforme à notre mode électif ne peut que créer une concurrence déloyale.

- Qu’est-ce qui distingue votre programme par rapport à votre concurrente?
- Mon programme met l’accent sur les services et l’accompagnement que je veux mettre en place au profit des membres.  Les femmes chefs d’entreprises ont besoin d’être accompagnées, soutenues et sécurisées . Et l’Afem ne peut pleinement assurer cette mission, qui est sa vocation première, que si elle continue a être acteur et leader dans le champ de l’entrepreneuriat féminin. Mon programme se distingue justement par ce volet. Un fort lobbying doit être exercé par l’Afem, avec une proximité à établir avec tous les acteurs de l’écosystème de l’entreprise CGEM (administration fiscale, Douanes, Office des changes, ministère de l’Industrie …).
J’ai l’ambition également d’apporter des solutions innovantes de financement des projets qu’ils soient en période d’amorçage ou en cours. Par exemple, le crowdfunding  verra bientôt le jour au Maroc et permettra de donner vie aux rêves de nombreux créateurs. Avec l’Afem, je pense proposer une plateforme aux membres qui s’inscrira dans cette philosophie de financement participatif. Cela permettrait de booster l’entrepreneuriat féminin à un moment où les banques sont réticentes à prendre des risques inhérents à tout nouveau projet.

- Quels sont les principaux atouts que vous comptez mettre en jeu?
- En tant qu’expert-comptable, j’ai exercé pendant plus de 20 ans en tant que conseillère de chefs d’entreprises tous secteurs confondus et toutes dimensions confondues: PME, grandes structures, filiales de multinationales. Cela me met très à l’aise par rapport à cette candidature. L’Afem doit être gouvernée comme une entreprise avec des procédures de gestion rigoureuses, efficientes, transparentes.
J’ai également conseillé plus d’une dizaine d’associations et fondations de renommée et j’ai été la première femme secrétaire générale du conseil régional de Casablanca et régions sud de l’Ordre des Experts-comptables, et élue l’année dernière en tant que 1re femme, au Conseil National de l’Ordre des Experts-comptables. Je vais apporter aussi un écosystème de partenaires financiers, que j’ai fédéré depuis plusieurs années grâce à la signature que me confère mon statut de commissaire aux comptes, et la crédibilité dont je jouis en tant que garante de la bonne gouvernance. Je vais apporter mon militantisme associatif et mon engagement où j’ai baigné depuis ma tendre enfance.

- A quoi se résument les défis de la femme entrepreneure aujourd’hui?
- La femme chef d’entreprise s’est frayé sa place avec succès mais il reste encore un long chemin à parcourir. Elle n’a pas suffisamment  investi quantitativement et qualitativement tous les secteurs d’activité. Elle est principalement présente dans le service et le commerce. J’aimerais aussi citer l’enquête de l’Entrepreneurship Monitor que vous avez publiée la semaine dernière et qui nous révèle quelques chiffres  alarmants. Le taux de l’entrepreneuriat au Maroc est d’à peine 4,7%. Avec ce score le Maroc se positionne dernier des 54 pays composant le classement.

Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

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