Analyse

Efficacité énergétique: Un gisement d’initiatives sectorielles

Par Nadia DREF | Edition N°:5282 Le 29/05/2018 | Partager
Ateliers thématiques, création d’un observatoire…
La tutelle balise le terrain
Difficile percée dans le bâtiment
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Création de sociétés de développement locales (SDL) pour l’éclairage public, mise à niveau énergétique de 100 mosquées et préparation de 600 autres… Les chantiers en cours

Le ministère de l’Energie s’attaque aux secteurs énergivores. Il vient de lancer un programme d’ateliers thématiques pour sensibiliser les intervenants publics et privés.  Aziz Rabbah, ministre de tutelle, a affirmé que son département «ambitionne d’associer les entreprises marocaines dans l’accompagnement des programmes d’efficacité énergétique au niveau national et d’établir une synergie dynamique entre les différents intervenants».

C’est dire l’importance de créer un observatoire accessible par tous les intervenants et opérateurs. Cet organe permettrait de recueillir les bonnes pratiques et les expériences réussies dans le domaine de l’efficacité énergétique. L’objectif étant de capitaliser sur les différentes avancées technologiques initiées ou réalisées.

Le premier atelier a été organisé récemment sous le thème: «l’efficacité énergétique dans le bâtiment – isolation thermique». Cette rencontre, qui se voulait une plateforme de discussions et d’échanges a permis de mettre le point sur la non-application du règlement général de construction fixant les règles de performances énergétiques des constructions (RGC-PE), adopté en novembre 2014 et entré en vigueur en novembre 2015. Les débats ont sensiblement porté sur les conditions et contraintes ainsi que les solutions préconisées.

Sur le terrain, seuls quelques promoteurs immobiliers appliquent les alternatives vertes, surtout dans le luxe et parfois dans les logements dédiés à la classe moyenne. Par ailleurs, ce n’est que le 22 mars dernier que s’est tenue la première réunion du Comité national de l’efficacité énergétique dans le bâtiment. C’est dire la lenteur qu’accuse ce chantier.

Au niveau du département de l’Habitat, la prise de conscience est là mais l’application demeure problématique vu la multiplicité des intervenants. «Il ne suffit pas d’assurer une offre suffisante en logement, mais encore faut-il que le produit réalisé soit digne des aspirations des citoyens et conforme aux critères de solidarité, de confort, de durabilité tout en répondant aux normes en vigueur», précise la tutelle.

La réduction de la consommation de l’énergie dans le bâtiment passe par l’aération naturelle, l’isolation thermique, l’installation des chauffe-eau solaires, l’éclairage naturel du bâtiment, l’utilisation des lampes de basse consommation «LBC», des interrupteurs horaires, des détecteurs de présence ou encore du solaire photovoltaïque.

A titre d’exemple, les experts recommandent l’éclairage naturel au sein des bâtiments pour économiser la consommation de l’électricité pendant la journée et le confort des occupants. Une bonne orientation du logement par rapport au sud est vivement recommandée à cet effet.

Des alternatives vertes qui ne sont pas respectées par la majorité des promoteurs immobiliers. Certains opérateurs en font des arguments de vente pour attirer une clientèle sensible à l’économie d’énergie.

Des projets pilotes à généraliser

En matière d’efficacité énergétique, des projets pilotes ont été adoptés dans l’éclairage public. Des opérations ont été initiées à Salé et à Kénitra qui donnent déjà leurs fruits. «Nous avons trouvé des solutions 100% marocaines pour réduire la facture de l’éclairage public. Nous sommes confiants quant à l’avenir de la R&D dans les énergies renouvelables et à la montée en expertise des entreprises nationales qui ne cessent d’innover», confie Aziz Rabbah.  Autre nouveauté : une entreprise marocaine a introduit un procédé s’appuyant de manière intelligente sur les champs magnétiques pour réduire la consommation dans l’industrie. Une diminution de 10 à 15% résulte de cette opération. Par ailleurs, le pompage solaire permettrait également de minimiser l’utilisation du gaz butane.

                                                               

Développement durable: 21 plans sectoriels

Le Secrétariat d’Etat chargé du Développement durable travaille d’arrache-pied pour faire aboutir la Stratégie nationale du développement durable (SNDD). Une deuxième réunion du Comité de Pilotage de suivi et de mise en œuvre de cette feuille de route a permis l’adoption de 15 plans    d’actions sectoriels du développement durable (PADDs) sur les 21 élaborés qui déterminent la contribution de chaque département ministériel.

Les autres départements restants se sont engagés à transmettre leur PADDs au Secrétariat d’Etat dans les plus brefs délais. In fine, un plan d’action transversal sera décliné. Il est relatif à la mise en œuvre du volet lié à l’exemplarité de l’Etat (PADD-EE). 

Tous les départements ont été appelés à identifier les actions prioritaires à entreprendre et les cibles à atteindre d’ici 2021 ainsi que les indicateurs de suivi qui permettront d’évaluer les progrès réalisés dans ce cadre. Il a été également convenu de partager ces indicateurs avec le ministère de l’Economie et des Finances pour les programmer dans les budgets sectoriels à partir de 2019 et les intégrer au niveau de leurs rapports de performance sectoriels.

Cette rencontre, à laquelle ont pris part les représentants de 27 départements, a été marquée par la participation de plusieurs secrétaires généraux des différents départements ministériels ou autres représentants. Les résultats de cette réunion seront partagés avec toutes les parties prenantes à l’occasion de la tenue de la prochaine Session du Conseil national de l’environnement (CNE). Le Secrétariat d’Etat, en sa qualité de président de ce conseil, veillera à impliquer toutes les parties prenantes.

 

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