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    Tribune

    Comment Trump réactualise l’impérialisme

    Par Gabriel BANON | Edition N°:5280 Le 25/05/2018 | Partager

    Gabriel BANON, ingénieur civil, économiste et expert en géopolitique, a développé une double carrière, en politique et en tant que patron d’entreprises industrielles. Conseiller économique de différents chefs d’Etat, il fut appelé dès le début du processus de paix au Moyen-Orient auprès du président Yasser Arafat (1994-2004). Chroniqueur  sur Atlantic Radio, conférencier, consultant international, il a été élu, «Géopoliticien de l’année 2003», par un panel de journalistes spécialisés à Genève. Gabriel Banon a publié 6 livres. Le 7e un manuel de géopolitique vient juste de sortir  (Ph. L’Economiste)

    Donald Trump, le président pyromane, a dénoncé l’accord nucléaire iranien, et ouvert la boîte de Pandore, que les Européens vont avoir du mal à refermer.

    L’attaque délibérée du président américain met à mal l’ordre international multilatéral et annonce une crise stratégique, politique et économique aux conséquences incalculables pour l’économie européenne, des confrontations au Proche-Orient, et une rupture inévitable du pacte atlantique.

      Le cynisme de Washington ne date pas d’hier.

    Le slogan «trumpiste»: «l’Amérique d’abord» n’est que la partie visible de la stratégie géopolitique conçue, déjà, par le conseiller du président Carter, Zbigniew Brzezinski, voilà 37 ans (voir encadré).

    Les vassaux

    Pour Donald Trump, il n’y a de partenaires que s’ils sont des vassaux dociles et obéissants.
    C’est le dernier combat du WASP (White Anglo-Saxon Protestant), de l’élite américaine pour maintenir son hégémonie dans le monde.
    La décision de Trump de saboter l’accord sur le nucléaire iranien, la reprise immédiate des sanctions et surtout leur extraterritorialité, qui soumet le monde au bon vouloir de la justice américaine, isole bien sûr les Etats-Unis, mais tend d’imposer un monde unipolaire, autour de la toute puissante Amérique.
      L’Europe est mise à rude épreuve, ou elle se rebiffe, et nous aurons une crise économique majeure, ou elle obtempère aux injonctions de Washington, et elle aura perdu toute crédibilité et souveraineté, sans éviter la crise.
    Si l’Europe ne parvient pas à trouver la bonne réponse à l’agression du président américain, l’Alliance atlantique, qui était censée protéger les Etats européens, va devenir l’expression d’une servitude à l’égard des Etats-Unis.
    Pour les Occidentaux, le multilatéralisme est une valeur fondamentale, dans un monde globalisé. Par sa volonté hégémonique et punitive à l’égard de ceux qui ne le suivent pas, Donald Trump est en train d’ouvrir la porte à des désordres armés dont on ne peut pas prévoir les limites.

    Une seule souveraineté, la sienne

     D’autres conséquences vont bouleverser les rapports entre nations et les relations avec les Etats-Unis:
    - Des différentes annulations d’accords passés par son prédécesseur, Barack Obama, comme la sortie de l’accord de Paris pour le climat, la signature des Etats-Unis n’engage plus que les naïfs qui s’y fient.- La continuité de l’Etat n’existe plus pour Washington. Ce qui a été signé au nom de l’Etat par les gouvernements précédents n’engage pas le suivant.
    - Les alliances ne sont valables que tant que les intérêts directs de Washington sont sauvegardés.
    C’est un bouleversement dans la gouvernance et les relations entre Etats souverains, qui est initié par Donald Trump.
    Allons-nous vers des guerres régionales qui risquent de dégénérer? Elles rempliront d’aise les complexes militaro-industriels, particulièrement celui des Etats-Unis.

    Que dit la «théorie Brzezinski»?

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    Moins connu que le secrétaire d’Etat Henry Kissinger, mais considérablement plus cynique, Zbigniew Brzezinski, disparu il y a juste un an. Il est probablement le politologue qui a marqué et marque encore le plus la stratégie mondiale des USA, indifféremment des majorités présidentielles.
    Incroyable mais vrai, il a passé ses 10 premières années entre le Berlin de la montée du nazisme et le Moscou de Staline: dans ces deux capitales les plus stratégiques du monde de cette époque, son père était fonctionnaire du consulat polonais.
    La théorie Brzezinski veut maintenir l’hégémonie américaine? Pour ce faire, il faut appliquer la loi du plus fort:
    - contenir la Russie en l’encerclant par les postes avancés de l’Otan dans les anciennes républiques soviétiques de l’est européen;
    - contrôler le monde arabe grâce à la «théorie-Brzezinski» de l’accès à la démocratie;
    - Faire basculer la stratégie géopolitique, du Moyen-Orient vers le Pacifique, pour neutraliser l’expansionnisme chinois;
    - affaiblir l’Europe.

                                                                     

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    Zbigniew Brzezinski a écrit plus d’une vingtaine de livres, dont une partie importante existe en français. Pour souligner l’importance de sa pensée stratégique, signalons simplement que dans «Le Grand Echiquier», il développe l’idée de se servir des groupuscules extrémistes musulmans pour servir les intérêts américains contre les adversaires et les partenaires (aussi!) de Washington. Ses compatriotes le lui reprochèrent quand un de ces groupuscules a attaqué les tours de New York.

     

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    Sorti quelques mois après le 11 septembre 2001, ce livre veut expliquer la thèse des groupuscules extrémistes dressée dans «Le Grand Echiquier», et ce en critiquant vertement la «guerre contre le mal» de Bush- père.

     

     

     

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    C’est le livre de référence, toujours très actuel. Il semble qu’il n’existe qu’en anglais. On trouvera sous la plume de Julien Vaïsse (Odile Jacob) une belle biographie de Brzezinski.

    La rédaction

     

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