Economie

CGEM: Les dossiers prioritaires de Mezouar

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5279 Le 24/05/2018 | Partager
L’accès au financement, la lutte contre les importations sauvages, les délais de paiement…
Miriem Bensalah Chaqroun a passé le relais à Salaheddine Mezouar, hier mercredi
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La passation des pouvoirs entre Miriem Bensalah Chaqroun et son successeur Salaheddine Mezouar a eu lieu mercredi 23 mai (Ph. Bziouat)

Et maintenant, au travail! Après son élection sans appel, mardi 22 mai, à la présidence de la CGEM, Salaheddine Mezouar a tenu hier sa première réunion avec la désormais ex-patronne des patrons pour la passation des pouvoirs.

Une simple formalité qui ne fait l’objet d’aucun cérémonial. La prochaine étape sera la rencontre du nouveau président avec ses états-majors pour définir un plan de travail avant la tenue du premier conseil de la CGEM dans quelques semaines.

Pour sa première sortie, le conseil sera composé d’une trentaine de présidents de fédérations et d’une douzaine de présidents d’unions régionales, qui seront exceptionnellement admis en attendant de nouvelles élections avant fin 2018.

Certains présidents ayant déjà cumulé deux mandats ne pourront plus se présenter. Ils se chercheront certainement un positionnement dans le nouvel échiquier.

Rationaliser les structures

Le premier conseil d’administration de la Confédération patronale suivant l’élection est toujours marqué par des échanges assez chauds entre le président et les autres élus que sont les présidents de fédérations et d’unions régionales.

C’est là que se joue l’avenir du président qui doit dégager une majorité au conseil pour pouvoir mettre en œuvre son programme. Pour y arriver, il proposera des candidats à la présidence des commissions, devenues vacantes depuis mardi 22 mai. Jusqu’ici, celles-ci étaient au nombre de 24.

Certains patrons de fédérations pourraient s’opposer à l’augmentation de leur nombre et même proposer un resserrement pour une plus grande efficacité. Ce qui impacterait les rapports de force dans le conseil d’administration. En tout cas, le challenge sera de rationnaliser ces structures dont seule une poignée est réellement fonctionnelle. Mezouar proposera également un peu moins d’une dizaine de personnes pour la vice-présidence.

Le premier conseil d’administration au complet ne devrait pas se tenir avant la rentrée. En attendant, l’une des premières mesures qui sera prise par Mezouar consistera à mettre entre parenthèses «sa carrière politique». Un engagement pris lors de la campagne électorale. L’ancien ministre des Finances avait justement fait l’objet d’attaques récurrentes sur son encartage politique, la CGEM étant une organisation apolitique.

La deuxième décision portera sur les premières mesures qui seront proposées par le patronat pour le projet de loi de finances 2019 comme il l’avait promis et qui concerne l’accès des entreprises, particulièrement les PME, au financement. L’ex-argentier du Royaume propose la réactivation du dispositif de garantie du fonds de roulement pour soulager la trésorerie des opérateurs économiques. L’objectif étant d’éviter les défaillances d’entreprises et la préservation des emplois.

Le président de la CGEM est également attendu sur l’opérationnalisation de la loi sur les délais de paiement. L’actuelle réglementation est déjà caduque puisque les textes d’application ne sont jamais sortis. Salaheddine Mezouar en fait un engagement.

L’autre priorité consiste à lutter contre les «importations frauduleuses», qui mettent à mal bon nombre d’entreprises. Mezouar déclare qu’un plan de travail sera défini avec le ministère des Finances à travers l’administration des douanes. L’une des dispositions qui sera certainement intégrée dans le projet de loi de finances 2019 porte sur la suppression de la TVA à 20% appliquée aux investissements. Une mesure qui devrait être pérenne et généralisée à tous les niveaux d’investissements.

«Le challenge sera également de consolider notre économie grâce au renforcement de l’accord d’association avec l’UE, et à la diversification des partenariats commerciaux, notamment avec la Chine, l’Afrique subsaharienne et l’Amérique latine», a déclaré le nouveau président après sa victoire.

D’autres chantiers devront être ouverts et discutés avec le gouvernement dans le cadre d’une plateforme public-privé. La CGEM nouvelle version souhaite un partenariat équilibré avec le gouvernement en s’engageant à s’efforcer de sauvegarder les emplois, à investir, à promouvoir la paix sociale…

Dialogue social, droit de grève, indemnité pour
perte d'emploi...

Elle devra également composer avec les syndicats pour la conduite de plusieurs réformes dans le sillage du dialogue social, telles que la révision de l’indemnité pour perte d’emploi, l’adoption de la loi sur le droit de grève, la formation continue, l’amélioration des revenus…

La proximité du président  élu de la CGEM avec la majorité des membres du gouvernement, dont certains font partie du RNI et qui occupent des postes importants tels que les Finances, l’Industrie, l’Agriculture…, est considérée par certains comme un atout déterminant.

«Au contraire, je crains que le nouveau président ne soit complaisant avec ses ex-camarades du RNI», confie un chef d’entreprise adhérent de la CGEM. Ce à quoi un membre du conseil d’administration rétorque: «Faux! Salaheddine Mezouar saura être ferme sur ses engagements».

Fini les élections consensuelles?

L’élection patronale 2018 a été différente des éditions précédentes. Elle a d’abord été marquée par une double candidature: Mezouar-Mekouar vs Marrakchi-Benhida. Il faut remonter jusqu’à 2003 pour trouver un scénario similaire avec le match Chami contre Debbagh, remporté par le premier. Les prétendants se retiraient toujours à la dernière minute. Plus tard, les membres de la Confédération patronale finissaient par choisir des candidatures «consensuelles» uniques dont l’issue était sans surprise.
Khalid Dahami, président de la Fédération du commerce et des services, a fini par rallier le duo Mezouar-Mekouar la veille du vote après avoir perdu son procès contre le rejet de sa candidature par le comité de suivi électoral.

 

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