Analyse

Renault: «Nous visons les 400.000 véhicules pour 2018»

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5278 Le 23/05/2018 | Partager
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Renault se prépare à monter en plein régime. Elle vise les 400.000 véhicules pour 2018 (Ph. Renault)

Le constructeur français, boosté par la demande internationale, compte pousser sa production pour atteindre les 400.000 unités. «Il s’agit d’un record jamais égalé», indique Marc Nassif, directeur général de Renault au Maroc, qui, optimiste, compte aussi réaliser l’objectif des 2 milliards d’euros en 2023.

Une montée en cadence programmée qui s’accompagne en amont d’un sourcing local de plus en plus important. Avec des composants «made in Morocco», le taux d’intégration locale est aujourd’hui de 50%, assure le DG de Renault Maroc.
 
- L’Economiste: Deux ans après son lancement, l’écosystème Renault a-t-il fait ses preuves?
- Marc Nassif:
Absolument, et même avant l’heure pour certains objectifs. Nous sommes fiers de nos réalisations dans le cadre de cet écosystème. Cela nous a permis de franchir la barre des 50% de taux d’intégration locale et d’atteindre le milliard d’euros (ndlr: 11 milliards de DH) de chiffre d’affaires sourcé au Maroc. Ce montant, que nous avons réalisé avec nos fournisseurs, correspond à nos achats pour les différentes usines du groupe au Maroc et à l’international. Il s’agit de pièces et de composantes issues d’activités historiques comme le câblage, les échappements, les sièges et ferrage, entre autres. Ou d’autres composantes comme les batteries, systèmes de direction, filtres à huile, vitrages «nouvelle génération», etc. Ces valeurs représentent une avancée importante qui nous permet de développer de nouvelles technologies telles que les transmissions ou les systèmes de refroidissement, par exemple.
 
- Ces résultats répondent-ils à vos attentes?
- Evidemment! D’ailleurs nous prévoyons d’atteindre notre engagement minimal (1,5 milliard d’euros) en avance, nous donnant ainsi une bonne visibilité pour atteindre la cible des 2 milliards d’euros en 2023. A ceci s’ajoute le niveau historique de nos exportations qui ont battu un record en 2017 avec 333.000 véhicules exportés vers 74 destinations. Ces exportations font partie des 376.000 véhicules produits entre nos deux usines de Tanger et Casablanca, ce qui représente 10% des ventes mondiales du groupe Renault.
 
 

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Lors des dernières années, la production de Renault au Maroc affiche une croissance à deux chiffres portée par l’envolée des ventes en Europe. Pour 2018, le constructeur prévoit de frôler le plein régime avec 400.000 véhicules

- Pensez-vous pouvoir concrétiser vos objectifs 2023, sachant que la concurrence entre en jeu?
- Nous sommes, bien sûr, en ligne pour atteindre nos engagements à l’horizon 2023. Nous nous trouvons dans une phase de déploiement, à savoir de démarchage de nouveaux fournisseurs et leur assistance dans leur installation, car nous préparons le stade d’une production à plein régime. Concrètement, réaliser ces objectifs joue sur plusieurs leviers:
• Le premier consiste à faire connaître les opportunités et notre démarche. Ce que nous faisons en participant à des conventions organisées en partenariat avec le ministère de l’Industrie et l’Amica, notamment en 2017 en France, en Corée et au Japon.
• Le second est humain avec la mise en place de forces vives au sein d’un plateau d’intégration locale dédié et multi-expertise.
• Et le troisième est celui de l’analyse. Là nous étudions les «business case» reçus et travaillons avec les fournisseurs désireux de s’implanter ou d’étendre leur activité au Maroc.
 
- A quel avenir sont promises Renault Tanger et Somaca?
- Les usines de Tanger et de Casablanca occupent une place de choix au sein du groupe Renault: les véhicules produits en 2017 pèsent déjà 10% des ventes totales du groupe dans le monde. D’ailleurs, depuis 2016, nous avons augmenté la capacité de la Somaca qui est passée de 70.000 à 90.000 véhicules, ce qui, combiné à la force de Tanger, nous donne une capacité de production de 430.000 véhicules au total. Il s’agit d’un véritable saut pour la Somaca qui produisait seulement 10.000 véhicules en 2005, année de sa reprise par Renault.
Pour 2018, nous nous attendons à dépasser la barre des 400.000 véhicules, si nos marchés à l’exportation restent bien orientés. Nous continuons à travailler sur le futur, mais avec des projets que nous dévoilerons au moment opportun.

L’écosystème en chiffres

L’écosystème Renault, premier du genre à impliquer un constructeur automobile, a été signé en avril 2016. Il prévoit d’atteindre, à l’horizon 2023, 2 milliards d’euros (22 milliards de DH) d’achats de pièces sur le marché local. Au niveau des investissements, le niveau prévu est de 900 millions d’euros ( près de 10 milliards de DH) pour atteindre un taux d’intégration locale de 65%.

Propos recueillis par Ali ABJIOU

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