Politique

Sahara: Les séparatistes dos au mur

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5277 Le 22/05/2018 | Partager
L’entêtement de l’Algérie accentue les risques contre la stabilité de la région
Rabat exige une enquête internationale sur la situation à Tindouf
Le Polisario multiplie les provocations depuis l’éclatement de l’affaire du soutien iranien
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Après la multiplication des actes de provocation, Rabat a été on ne peut plus clair. Le communiqué du ministère des Affaires étrangères a précisé que le «Maroc réitère sa détermination irréfragable à défendre son intégrité territoriale et son unité nationale sur l’ensemble du territoire du Sahara, et demande aux Nations Unies, particulièrement la Minurso, de remplir son mandat face aux violations répétées du cessez-le-feu» (Ph. Bziouat)

Dos au mur, le Polisario multiplie les provocations. Après l’ambiance tendue qui avait marqué la période d’élaboration et d’adoption du rapport du SG de l’ONU sur le Sahara, les séparatistes ont de nouveau opté pour la fuite en avant. Face à la fragilité de ses arguments, le Polisario multiplie les tentatives de relance du processus politique pour la résolution de ce conflit artificiel.

«Au moment où le Conseil de sécurité appelle à la relance du processus politique, en vue de parvenir à une solution réaliste, pragmatique et durable au différend régional sur le Sahara, ces actes de provocation des autres parties sapent sérieusement les efforts des Nations Unies», selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le Maroc a haussé le ton face à ces agissements. Le Royaume a condamné vigoureusement les actions de provocation récentes menées par le Polisario dans la localité de Tifariti, à l’Est du dispositif de défense. Le Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l’ONU et la Minurso ont été interpellés sur la «multiplication des agitations puériles et irresponsables».

Ces actes interviennent après l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité désapprouvant le Polisario, après ses manœuvres à Bir Lahlou et Guerguarate. Aujourd’hui, c’est une nouvelle tentative de plomber les efforts menés pour en finir avec ce conflit qui n’a que trop duré. Antonio Guterres, SG des Nations Unies, a mis en garde, samedi dernier, contre «toute action susceptible de modifier le statu quo».

Pour plusieurs observateurs, ces nouveaux agissements traduisent la tergiversation des séparatistes, pris dans l’étau. Durant les dernières semaines, ils ont essuyé plusieurs revers, notamment après le désaveu de l’Union européenne, qui considère que «le Polisario n’a pas l’exclusivité de représenter les populations concernées».

De même, les ennemis de l’intégrité territoriale n’ont plus les mains libres au sein des instances de l’Union africaine, comme le montrent les dernières avancées de la diplomatie marocaine. La semaine dernière, Rabat a fait barrage à un projet de motion anti-marocaine au Parlement panafricain, basé en Afrique du Sud.

Mais c’est surtout l’affaire de l’appui iranien aux séparatistes du Polisario qui a mis ce dernier, dos au mur. L’implication de Téhéran, via le Hezbollah libanais, avec le soutien de l’Algérie, traduit l’ampleur des enjeux géopolitiques dans cette région. Aujourd’hui, Alger a été mise face à ses responsabilités. Dans sa lettre de protestation aux Nations Unies, Rabat a clairement pointé la responsabilité du voisin de l’Est.

«Le Maroc regrette que cette escalade se déploie avec la bénédiction et la complicité d’un pays voisin, membre de l’UMA, dont il viole doublement la charte». En plus de la fermeture des frontières, ce pays «s’entête à encourager les mercenaires du Polisario».

Une situation qui accentue les risques qui planent sur la sécurité et la stabilité de la région. Surtout face à la multiplication des groupes terroristes dans cette zone, dont certains ont des liens étroits avec le Polisario, comme cela a été pointé par différents rapports. Lors de la préparation de la résolution du Conseil de sécurité sur l’affaire, le Maroc a poussé pour que l’Algérie soit considérée comme une partie au conflit.

Sa responsabilité est directement engagée dans les rebondissements de cette affaire. Rabat a interpellé officiellement les Nations Unies pour «diligenter une enquête internationale, afin de jeter la lumière sur la situation dans les camps de Tindouf, administrés par le Polisario sur le territoire algérien».

Enquête internationale

Le Maroc n’a cessé d’attirer l’attention concernant la situation inhumaine des populations dans les camps de Tindouf, sur le sol algérien. Actuellement, Rabat exige une enquête internationale sur ce sujet. Les violations des droits de l’homme et les traitements inhumains sont le quotidien des populations «séquestrées dans des conditions dégradantes». Lors du dernier rapport soumis au Conseil de sécurité, le SG de l’ONU avait mis l’accent sur l’insuffisance des aides humanitaires adressées aux camps de Tindouf, appelant à mobiliser davantage de fonds. Or, le Maroc a mis en garde, à plusieurs reprises, contre le détournement des aides fournies par la communauté internationale, pour être vendues sur les marchés du pays hôte. Rabat avait également interpellé les Nations Unies, à de multiples occasions, sur la nécessité d’imposer à l’Algérie l’obligation d’accueillir des équipes onusiennes afin de procéder au recensement des populations de Tindouf.

 

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