Economie

Exportations: Hausse des valeurs, baisse des volumes

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5277 Le 22/05/2018 | Partager
Les ventes augmentent de 6,7% alors que les quantités se replient de 4,2%
La dynamique touche le phosphate et dérivés
A l’import, les céréales, le charbon et le soufre explosent
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Les importations des produits énergétiques, sidérurgiques et des céréales dynamisent l’activité des ports de Casablanca, Mohammedia et Jorf Lasfar.  A l’export, ce sont essentiellement les volumes des produits du groupe OCP et les agrumes qui entretiennent la croissance

Au premier trimestre, les volumes exportés ont fléchi de 4,2% à 7,1 millions de tonnes.  C’est ce qui ressort du trafic des ports gérés par l’Agence éponyme (ANP).  En revanche, leur valeur s’est inscrite en hausse de 6,7% sur la même période.

Selon les données de l’Office des changes, le résultat fait suite à la progression de tous les secteurs exportateurs, à l’exception du phosphate et dérivés. En particulier, le secteur automobile, l’agroalimentaire, l’aéronautique et le textile et cuir. Alors que les ventes des activités électroniques  et de l’industrie pharmaceutique enregistrent de légères améliorations. 

Faut-il déduire que l’offre exportable est en phase de connaître une mutation vers les produits à forte valeur ajoutée? La dynamique des métiers mondiaux du Maroc apporte un éclairage édifiant sur la question. A lui seul, le secteur de l’automobile représente le quart des ventes à l’extérieur. Il a ainsi gagné 1,9 point sur une année et sert aussi de locomotive pour les autres activités connexes comme le câblage et autres composantes électroniques. Mais ce n’est pas encore la vitesse de croisière pour la transformation de la structure de l’export.

A titre d’exemple, les ventes des engrais et d’acide phosphorique, qui constituent les produits phares du groupe OCP en termes de valorisation, ont plongé de 17% en volume. Alors que l’export de la roche a enregistré une forte hausse de 12,5%. Ceci, dans une conjoncture marquée par une stagnation des cours à des niveaux bas. Mais à l’import, les achats du soufre, principalement utilisé par l’OCP, ont explosé de 21,6% en volume.  

S’agissant des importations, la hausse a concerné aussi bien les volumes que les valeurs. Les volumes transitant par les ports gérés par l’ANP ont grimpé de 10,5% à 12,5 millions de tonnes. Parallèlement, la contre-valeur s’est également inscrite  en forte hausse : 8,6%. Au total, la facture s’est élevée à 117,5 milliards de DH.  

Cette hausse concerne l’ensemble des groupes de produits, notamment les achats de biens d’équipement dont les parties d’avions et d’autres véhicules aériens ou spatiaux.  Les importations de biens d’équipement se chiffrent à 30, 6 milliards de DH contre 27 milliards  une année auparavant, soit une hausse de 13,1%. Les importations de demi-produits, quant à elles, se stabilisent à 24,2 milliards de DH.

Ce qui est illustré par le mouvement du cabotage qui se fait à partir de Tanger-Med: +16%. Sans oublier le trafic des conteneurs, également en légère hausse de 1,5%. S’ajoutent aussi, l’alimentation et les produits finis de consommation  dont le coût s’est aggravé respectivement de 1,9 et 1,6 milliard de DH.

Ces trois groupes de produits expliquent pour les ¾ la hausse  des importations totales. La facture énergétique a de son côté flambé de 1 milliard de DH ou de 5,8%. Elle a culminé à 18,4 milliards de DH. Sa part dans le total des importations se situe à 15,6% à fin mars 2018 dernier contre 16% un an auparavant. Cette hausse s’explique, essentiellement, par l’accroissement des importations du charbon, cokes et combustibles solides similaires.

Les volumes ont explosé de  45,8%. Les prix ont également enregistré une forte hausse de 15,9% : 832 DH/tonnes contre 718 DH. Les cours des  autres produits énergétiques se sont appréciés dans le sillage de la hausse du cours du baril.   Il en est de même de la hausse des achats des céréales dont le volume frôle les 2 millions de tonnes.

Leur facture s’est établie à 4,4 milliards de DH contre 3,5 milliards au premier trimestre 2017.  Elle résulte surtout des importations du blé dont les quantités ont explosé de 39%, malgré une production record de 49 millions de quintaux de blé tendre.   Par contre, le prix d’importation recule de 7,3%: 2.159 DH/tonne  au lieu de 2.330 DH un an auparavant.

 

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