Economie

Elections CGEM: Des engagements… presque gouvernementaux

Par Khadija MASMOUDI Hassan EL ARIF | Edition N°:5277 Le 22/05/2018 | Partager
Bataille serrée entre Mezouar et Marrakchi
Le patronat choisit aujourd’hui son nouveau président
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Salaheddine Mezouar (Ph. F. Al Nasser)                                                          Hakim Marrakchi (Ph. Jarfi)

Jamais élection patronale n’a suscité autant de passion que celle opposant Mezouar et Marrakchi. La bataille pour le fauteuil de président de la CGEM s’est même politisée. D’un côté l’un des candidats est un ex-président de parti, le RNI en l’occurrence, -ce qui lui est reproché par certains- et de l’autre, un prétendant qui se réclame «apolitique». Le contenu même de leur campagne respective a parfois dépassé le cadre de l’association patronale avec des promesses et des engagements gouvernementaux!

Mais au-delà de la confrontation des idées entre les deux candidats, l’enjeu est la vision de l’entreprise de demain. Une entreprise au diapason des transformations que connaît le monde, notamment la transformation digitale, l’innovation, la data, l’intelligence économique…

Au cours de leurs tournées dans les régions et leur meeting à Casablanca, les deux candidats ne se sont pas fait de cadeaux. Chacun essayant de démonter le discours de l’autre. A 24 heures du vote, aucun pronostic n’était possible. Le suspense sera entier jusqu’au dernier moment. Ce qui fera la différence, c’est la capacité de chaque candidat à mobiliser les grands groupes, dont le nombre de voix est prépondérant.

Contrairement aux années précédentes, la CGEM a renoué avec la double candidature. Et l’élection intervient dans un contexte politique marqué par une campagne de boycott qui vise de grands groupes. Le futur président devra réconcilier les consommateurs avec l’entreprise car rien ne garantit que la campagne de boycott ne s’étendra pas un jour à d’autres produits.

Le successeur de Miriem Bensalah Chaqroun devra par ailleurs répondre aux nombreuses  attentes des opérateurs. Elles vont de l’amélioration du climat des affaires aux relations sociales en passant par le changement de modèle économique. Surtout que la croissance n’est plus suffisante pour générer de l’emploi.

Or, la création d’emplois est tributaire de l’investissement, mais le patronat estime que celui-ci est pénalisé notamment par la fiscalité. «Il est taxé avant même qu’il ne commence à générer des flux». Mezouar, qui fut ministre des Finances, propose d’exonérer l’investissement de la TVA de 20%.

Marrakchi est favorable à «une réforme fiscale beaucoup plus profonde que celle envisagée dans une simple loi de finances». Pour lui, le travail devrait être moins taxé, surtout pour les bas salaires. Le Maroc a également besoin d’une meilleure productivité au travail pour créer de la  richesse. «Il faut donc casser le système de rente, y compris celui que l’on perçoit chez les salariés», avait déclaré Marrakchi à L’Economiste (Voir L’Economiste n°5257 du 23/04/2018).

Les entreprises, en particulier les PME et les TPE, ont toujours des problèmes d’accès au financement. L’ancien ministre des Finances propose de réactiver le mécanisme de garantie du fonds de roulement pour permettre aux entreprises de continuer de fonctionner et de sauver les emplois.

Sur ce point, Marrakchi ne propose pas de dispositif particulier, mais insiste sur la réduction du coût de travail, la fluidification des délais de paiement et l’application d’une fiscalité adaptée à l’économie réelle. Autant de mesures susceptibles d’améliorer la trésorerie de l’entreprise.

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