Finances-Banques

Bourse: 13 milliards de DH perdus en 45 jours

Par Franck FAGNON | Edition N°:5275 Le 18/05/2018 | Partager
Les réajustements des investisseurs après les résultats annuels pèsent
L'immobilier est le secteur le plus pénalisé
Ramadan et été, des périodes peu propices au rebond des volumes
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La Bourse traverse une période bien difficile depuis la fin des publications des résultats annuels. Le Masi a cédé 2,9% depuis fin mars sur des volumes qui restent maigres. La contre-performance du secteur immobilier est la plus marquante, mais la pondération du secteur dans la capitalisation en limite l'effet sur le Masi. Excepté les télécoms, les autres grands secteurs ont tous réduit leurs gains

Un mois et demi après la fin des publications annuelles, l'on peut dire que les investisseurs n'ont pas du tout digéré les résultats du secteur immobilier. Le chiffre d'affaires sectoriel a dévissé de 17% à 11 milliards de DH et le résultat d'exploitation de 23%. Les bénéfices, eux, décrochent de 13% à 1,3 milliard de DH.

A la clôture du marché mercredi 16 mai, l'indice sectoriel affichait une contre-performance annuelle de 30% contre 9% à fin mars. Addoha (-28% depuis fin mars) et Alliances (-31%) sont à l'origine de sa dégringolade. Sur la même période, Résidences Dar Saada se comporte mieux puisqu'elle affiche une hausse de 1,7%. Mais, la valeur enregistre une perte de 22% en variation annuelle contre 35% pour Addoha et 32% pour Alliances.

La conjoncture demeure difficile dans l'immobilier et les grands opérateurs, dont ceux cotés en Bourse, sont les premiers à en souffrir. Le segment social qui a été le moteur de la croissance ces dernières années montre des signes d'essoufflement.

Aujourd'hui, c'est le grand flou sur le plan de relance du secteur. La convergence des points de vue sera difficile, sachant que le gouvernement veut raboter les niches fiscales dont bénéficie le secteur à partir de 2020. La question des incitations fiscales a encore suscité des débats houleux lors des discussions sur le projet de loi de finances 2018.

Au-delà des facteurs conjoncturels et des performances des groupes immobiliers cotés, les investisseurs semblent aussi sanctionner leur communication. Le deuxième semestre d'Addoha, première capitalisation du secteur, est jugé décevant surtout au regard des commentaires du groupe sur ses réalisations au 1er semestre et ses perspectives, relèvent des professionnels du marché. «Il aurait dû publier un profit warning», notent-ils. Par ailleurs, le déclassement de Addoha dans le MSCI Frontier Markets Small Cap Indexes et la sortie d'Alliances du même indice auraient aussi accéléré la baisse des deux valeurs. 

Les difficultés des valeurs immobilières sont notables, mais l'influence du secteur sur le Masi a significativement baissé ces dernières années. Les trois groupes immobiliers cumulent une capitalisation boursière de 13,1 milliards de DH soit seulement 2% de la valeur globale des entreprises du marché.

Or, le Masi a lâché 2,9% depuis la fin des publications des résultats annuels. Il affichait une hausse annuelle de 2,42% au 16 mai. D'autres secteurs plus fortement représentés au niveau de la capitalisation pâtissent des réajustements des investisseurs après le bal des résultats.

Excepté les Télécoms qui ont consolidé leur hausse, tous les autres secteurs ont vu leur gain s'effriter à commencer par les Banques. L'indice sectoriel a perdu plus de 3 points depuis fin mars. Les baisses sont du même acabit pour les baromètres du Bâtiment et matériaux de construction et du Pétrole & Gaz.

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