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    Jeunesse des pays arabes Une génération fleur bleue?

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5263 Le 02/05/2018 | Partager
    Après l’Europe, l’enquête Generation What s’intéresse à 8 pays du sud de la Méditerranée
    300.000 millennials de 18 à 34 ans ciblés, et déjà 2.000 répondants au Maroc
    Romantiques, mais ils se méfient de presque tout
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    Le système éducatif arrive en tête des préoccupations de la jeunesse des pays arabes, et plus particulièrement de celles des Tunisiens (61%) et des Marocains (57%). Au Maroc, 61% font peu, ou pas du tout, confiance à l’école. La majorité estime que le système éducatif ne prépare pas efficacement au marché du travail, ne donne pas sa chance à tous et ne récompense pas les plus méritants

    A quoi ressemble la jeunesse des pays arabes et comment voit-elle le monde? Celle des 18-34 ans qui est née avec un smartphone à la main, qui a cru à la liberté et à la justice sociale et a déclenché le printemps arabe, ou encore, celle qui a été témoin de la guerre du Golfe et de l’invasion de l’Irak.

    Generation What, le programme lancé il y a près d’un mois et demi dans 8 pays arabes (Maroc, Algérie, Tunisie, Liban, Jordanie, Egypte, Palestine et Libye), vise justement à dresser le portrait de ces «millennials», à travers une grande enquête. La même avait été menée en France en 2013, et dans 19 pays européens en 2016. Environ un million de jeunes européens y avaient participé.

    Dans les pays arabes, l’enquête cible jusqu’à 300.000 sondés. A l’heure où nous mettions sous presse, plus de 2.000 jeunes Marocains y avaient répondu (près de 4.500 dans les 8 pays). 150 questions y sont posées autour d’une vingtaine de thématiques, comme le travail, la famille, l’intimité, les valeurs, la politique, la religion…

    Selon les premiers résultats, le système éducatif est de loin leur principale préoccupation. Plus de la moitié (51%) le placent en premier. Sur cet aspect, les avis des jeunes des pays arabes et européens se rejoignent. «Même dans les pays les plus performants dans le domaine, comme la Suisse et l’Allemagne, l’éducation fait partie des trois premières préoccupations.

    Et cela, les sociologues ne s’y attendaient pas», souligne Christophe Nick, co-producteur et co-auteur de Generation What. «C’est la première fois que nous constatons, à une telle échelle, une cassure entre une génération et l’éducation nationale. Cette génération a parfaitement conscience que le système d’enseignement n’est plus du tout adapté aux exigences du XXIe siècle», poursuit-il.

    Côté amour et intimité, la tendance est assez «fleur bleue». Le mariage et la fidélité restent des valeurs essentielles. «Ils croient en des valeurs très fortes, assez belles et romantiques. C’est vraiment une belle génération», estime Nick. Le même constat a été relevé auprès des millennials européens.

    Institutions religieuses, police, justice… «J’y crois pas»

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    Seuls 20% des jeunes des pays arabes considèrent que le printemps arabe a été positif, selon les résultats recueillis au 30 avril dernier. Le quart croit qu’il s’agit d’un complot. Le reste des avis est partagé entre «une erreur», «une régression», «un constat d’échec» et «une fatalité». Uniquement 28% le perçoivent comme un espoir. Les 18-34 ans sont pour une union politique et économique dans le monde arabe (78%). Mais sans tomber dans le panarabisme idéaliste tel qu’imaginé par l’ancien leader égyptien, Gamal Abdel Nasser. La moitié pense que le panarabisme est une illusion historique. Les jeunes sont également lucides par rapport à la possibilité de cette union tant souhaitée. Environ 83% n’ont que peu ou pas du tout confiance en le monde arabe. Par ailleurs, seuls 7% avancent se sentir avant tout comme faisant partie du monde arabe. Ils se présentent d’abord comme citoyens du monde, puis de leur pays et de leur région

    Contrairement aux Européens, la foi occupe une place centrale pour les jeunes des pays arabes. 70% affirment ne pas être heureux sans croyances religieuses (73% des Marocains). Toutefois, les deux tiers ne font que peu ou pas du tout confiance aux institutions religieuses (58% des Marocains). Ils se méfient également des syndicats (78%), de la politique (89%), de la police (60%), de la justice (67%) et des médias (86%).    

    Les filles arabes, pour leur part, font preuve d’émancipation et adoptent une posture «revendicative». Les garçons, sans surprise, restent assez «machos». Au Maroc, 63% estiment qu’il est normal de contrôler les relations de leurs sœurs, et 43% pensent qu’en période de fort chômage, les emplois devraient être réservés en priorité aux hommes.

    Sur le registre de l’immigration, les jeunes du sud de la Méditerranée se montrent ouverts  et considèrent qu’il s’agit d’une source de richesse culturelle. En même temps, ils trouvent normal que l’Etat réserve les emplois aux nationaux en cas de crise de chômage.

    Initié par deux sociétés de production audiovisuelle françaises, Upian et Yami 2, et financé par l’Union européenne, le projet associe plusieurs organismes. Parmi eux, l’Unesco, l’Asbu (Arab States Broadcasting Union) et la Copeam, une organisation à but non lucratif, dédiée au dialogue et à la coopération culturelle en Méditerranée.

     

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