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    Economie

    1er Mai: Ambiance plutôt calme à Casablanca

    Par Nadia DREF | Edition N°:5263 Le 02/05/2018 | Partager
    Les centrales rejettent en bloc l’offre du gouvernement
    Dialogue social, droit à la grève, augmentation des salaires…
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    Arrivé en «guest star» au quartier de l’UNTM à Casablanca, le chef de gouvernement a été hué à Derb Sultan: «Les gouvernements se succèdent et les mensonges sont toujours les mêmes», scande la foule (Ph. F. Al Nasser)

    Ce 1er mai, l’ambiance était plutôt conviviale à Casablanca. La célébration de la fête du travail s’est déroulée sans incidents majeurs. Les meetings étaient bien organisés certes, mais chaque syndicat faisait cavalier seul. C’est ce qui se dégage en faisant le tour des différents rassemblements.

    En revanche, la mobilisation laisse à désirer. Le champion reste l’Union marocaine du travail (UMT) qui a pu attirer plus de monde. Dialogue social, droit à la grève, augmentation des salaires, conflits sociaux, violence contre les femmes, incidents du Rif et de Jerada, égalité des sexes… Les slogans résument clairement la grogne des travailleurs et de la société civile. La mobilisation autour de l’unité nationale était également présente lors de cet événement.

    Toutefois, le boycott des marques agroalimentaires et du carburant ne s’est pas fait invité lors de cette journée. Pour l’anecdote, les invités de l’UMT se sont vu offrir des bouteilles d’eau d’Aïn Saïss tandis que chez l’UNTM étaient distribuées celles de Sidi Ali.

    L’événement majeur aura été marqué par la présence du chef de gouvernement, Saâdeddine El Othmani, en qualité de «guest-star» de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM). Ponctuel, il est arrivé bien avant le SG du syndicat hôte. Le chef du gouvernement a été hué dès son arrivée par la foule de Derb Sultan.

    «Les gouvernements se succèdent et les mensonges sont les mêmes», scandent en chœur les participants. El Othmani, qui n’a toujours pas donné le bilan d’une année de travail de l’exécutif, a préféré faire des annonces jugées insuffisantes.

    «Nous avons décidé d’augmenter les allocations familiales de 100 DH par enfant dans la fonction publique. Nous avons pris cette décision en dehors du dialogue social car nous sommes conscients de la situation difficile que vivent les travailleurs. Nous demanderons à la CNSS d’en faire de même pour les salariés du privé», promet El Othmani.

    Ces mesures visent 387.000 fonctionnaires et 68.000 employés des collectivités locales. Le chef du gouvernement a également rappelé quelques mesures pahres du projet du pacte soumis, le 30 avril, aux syndicats et à la CGEM pour approbation. Il a cité notamment la proposition du gouvernement d’augmenter les salaires de la fonction publique de 300 DH nets pour les échelons de 6 à 9 et les cinq premiers grades de l’échelle 10.

    S’y ajoutent la révision à la hausse de la prime pour chaque nouveau-né de 150 à 1.000 DH ainsi que la mise en place d’une indemnité de 700 DH pour les fonctionnaires travaillant dans les régions éloignées. Pour sa part, le secrétaire général de l’UNTM, Abdelilah El Hallouti, a exhorté le gouvernement à répondre aux revendications populaires légitimes et à adopter une politique sociale qui garantisse la justice sociale.

    Quant à l’UMT, par la voix de son secrétaire général Miloudi Moukharek, il a rejeté en bloc les mesures proposées, devant une foule montrant son mécontentement à travers des slogans «anti-misère» et «précarité». «L’actuel gouvernement n’a pas bien assimilé les derniers événements et n’a pas tiré les bonnes leçons. Il est en train de réitérer les mêmes erreurs de ses prédécesseurs».

    Et d’ajouter: «L’actuelle proposition du gouvernement déçoit à tous les niveaux. Les augmentations des  salaires prévues pour la fonction publique sont dérisoires. Nous décrétons d’ailleurs ce jour en tant que journée de protestation et de dénonciation». L’UMT dénonce également le fait que la revalorisation de 300 DH nets des salaires proposée par l’exécutif devra être étalée sur 3 ans, à compter du 1er janvier 2019.

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    Miloudi Moukharek, SG de l’UMT: «Les propositions du gouvernement déçoivent à tous les niveaux... L’exécutif n’a pas tiré les bonnes leçons» (Ph. F. Al Nasser)

    Moukharek a réaffirmé la mobilisation du syndicat pour arracher une augmentation généralisée conséquente des salaires aussi bien pour le public que le privé.  Jouant son rôle dans l’opposition, le Parti de l’Istiqlal a affiché clairement son appui à l’UMT.

    Son SG Nizar Baraka a déclaré que la classe ouvrière vit une situation difficile avançant des chiffres inquiétants. Il en veut pour preuve que 33% de la population ne peuvent subvenir à leurs dépenses sans avoir recours au crédit. Pis encore, près de 45% des travailleurs perçoivent une rétribution en deçà du Smig.

    La Confédération démocratique du travail (CDT) n’est pas en reste. Tout comme l’UMT, elle a annoncé le rejet de la proposition du gouvernement soumise aux syndicats et à la CGEM, la veille du 1er mai. Abdelkader Zaier, numéro 2 du syndicat, l’a affirmé haut et fort. Nabila Mounib était également de la partie et a participé au défilé organisé au quartier Derb Omar à Casablanca.

    La Fédération démocratique du travail (FDT) a également rejeté en bloc la politique du gouvernement, l’accusant «d’affaiblir les acquis  et de réduire les droits et libertés». Les participants au rassemblement de Derb Omar ont scandé des slogans contre la corruption, la marginalisation, la misère... La FDT a également affirmé son soutien inconditionnel aux enseignants contractuels qui demandent l’intégration à la fonction publique.

    L’Union démocratique marocaine du travail (UDMT) a pour sa part mobilisé une bonne partie des travailleurs du secteur des transports. Ils étaient nombreux à se retrouver, ce 1er mai, à Sidi Moumen. Une manière de faire entendre leurs voix au gouvernement qui a eu droit à toutes les accusations. L’une des principales revendications est la subvention du gasoil pour les professionnels.
    A travers les différents discours et slogants des syndicats, ce 1er mai a affiché clairement le rejet de l’offre dite de la «honte» du gouvernement par les centrales. Ces dernières appellent toujours le gouvernement à assumer ses responsabilités et  à appliquer les dispositions de l’accord du 26 avril 2011. De son côté, l’exécutif campe sur ses positions. Ce qui augure de nouveaux rounds tendus de négociation. Une refonte du dialogue social devra être également à l’ordre du jour.

     

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