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    Economie

    1er Mai: Les syndicats défient El Othmani

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5263 Le 02/05/2018 | Partager
    L’UMT, l’UGTM et l’ODT promettent de tenir la dragée haute à l’exécutif
    Ils ont attaqué la logique d’improvisation et l’absence de vision
    L’offre présentée lors du dialogue social qualifiée de maigre et sélective
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    Contrairement à la faible participation au défilé du 1er mai l’année dernière, les syndicats ont réussi cette fois-ci à mobiliser les militants, surtout après la relance du bras de fer avec le gouvernement, suite au rejet de l’offre présentée dans le cadre du dialogue social (Ph. Bziouat)

    Contrairement à l’ambiance morne de l’année dernière, les syndicats ont réussi à mobiliser leurs militants pour le défilé du 1er mai. Il faut dire que la confrontation avec le gouvernement, suite au refus de l’offre présentée lors du dialogue social, a favorisé une plus grande présence des travailleurs dans les marches des syndicats.

    A Rabat, c’est surtout l’UGTM, bras syndical de l’Istiqlal, et l’UMT de Miloudi Moukharek, qui ont réussi à mobiliser le plus grand nombre de militants. Ces deux centrales, en plus de l’ODT, proche du PAM, ont promis de tenir la dragée haute au gouvernement El Othmani. Surtout après le dernier revers essuyé par les syndicats à l’issue d’une série de réunions de dialogue avec le gouvernement.

    «Le dialogue social n’a pas abouti à des résolutions concrètes. L’offre présentée par l’exécutif est loin de répondre aux attentes des travailleurs», déplore Nizar Baraka, SG de l’Istiqlal. Pour lui, «ce processus ne peut être efficient que s’il se traduit par des engagements contractuels». Un constat partagé par Niama Myara, patron de l’UGTM. Celui-ci a critiqué «la faiblesse de l’offre du gouvernement, après 7 ans d’hésitations».

    Il a estimé que les syndicats ne pourraient accepter ces propositions. Même son de cloche chez l’UMT, qui a attaqué «l’offre décevante du gouvernement». La centrale dirigée par Miloudi Moukharek a critiqué les «augmentations maigres et sélectives, prévues pour le secteur public». Au niveau du privé, «rien n’a été prévu. Ni augmentation du Smig, ni hausse des salaires, ni encouragement de négociations collectives», expliquent les responsables de cette centrale.

    Globalement, les manifestations du 1er mai se sont transformées en tribunes pour attaquer le gouvernement El Othmani. Le SG de l’Istiqlal a mis en garde contre la gravité de la situation. Pour lui, «il est incontournable d’aboutir à un accord entre les syndicats et le gouvernement, afin d’éviter le creusement des disparités sociales et le renforcement de la protection des travailleurs».

    Il a rappelé l’importance des mesures prises suite à l’institutionnalisation du dialogue social, sous le mandat de Abbas El Fassi, dont certains points n’ont pas été mis en œuvre par le gouvernement suivant. Les différentes centrales syndicales ont pointé «l’incapacité de l’équipe El Othmani à répondre aux attentes des populations», comme l’a souligné Niama Myara. Pour lui, «il s’agit surtout d’un gouvernement de gestion des affaires courantes, dépourvu d’une vision stratégique».

    Du côté de l’UMT, l’on considère que «le gouvernement n’a pas tiré les leçons de l’expérience de l’équipe sortante». Pour cette centrale, «le gouvernement ne dispose pas d’une conception pour dépasser la crise structurelle dont souffre le Maroc». Les responsables de ce syndicat disent qu’ils s’attendaient à des actions correctives, pour en finir avec les dysfonctionnements du mandat précédent.

    Or, l’équipe El Othmani «s’est inscrite dans la continuité, notamment à travers ce qu’elle qualifie de réformes structurelles et la préservation des équilibres macro-économiques, sans prendre en compte leur impact négatif au niveau social». De leur côté, les dirigeants de l’ODT ont aussi attaqué «les politiques non démocratiques et impopulaires, appliquées par le gouvernement, suite aux recommandations des instances financières internationales».

    La centrale dirigée par Ali Lotfi a déploré l’incapacité de l’exécutif à protéger les citoyens face aux hausses des prix de certains produits et des creusements des disparités d’accès à certains services de base, en plus de l’accentuation des inégalités entre les villes et le monde rural.

    A l’instar de l’UMT et de l’UGTM, l’ODT a pointé «la logique d’improvisation et de bricolage adoptée par le gouvernement, qui ne mène aucune évaluation des politiques publiques lancées». Ce syndicat est revenu également sur le débat autour du boycott de certains produits. Sans évoquer les détails de ce dossier, les responsables de l’ODT ont mis l’accent sur le rôle décisif qu’aurait pu jouer le Conseil de la concurrence.

    Sahara: La mobilisation se poursuit

    Le dossier du Sahara était présent dans les manifestations des différents syndicats. Quelques jours après l’adoption de la nouvelle résolution du Conseil de sécurité relative à ce sujet, les centrales ont insisté sur l’importance de maintenir la mobilisation pour la défense de l’intégrité territoriale. Les responsables des différents syndicats ont été unanimes dans leur position par rapport à la cause nationale. Certains ont plaidé pour un changement d’approche au niveau interne. Cela concerne notamment l’importance de «rompre avec la logique de la rente et des avantages qui plombent les efforts menés dans ces régions», selon le bureau exécutif de l’ODT. L’idée est de miser sur «une plus grande implication des jeunes de ces régions dans la dynamique de croissance». Cela devra s’accompagner du lancement des réformes nécessaires pour l’implémentation de la proposition d’autonomie, ont-ils estimé.

     

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