Entreprises

Fibre optique: L’écosystème se précise

Par Nadia DREF | Edition N°:5262 Le 30/04/2018 | Partager
Fabricants, promoteurs, architectes, ordonnateurs publics… la mobilisation s’élargit davantage
Une technologie incontournable pour le développement de la smart city
Tenue de la 4e édition du symposium organisé par Orange et AOB
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Le temps d’une journée, les partenaires pourront mettre en avant leurs nouveautés et innovations. Le symposium exposera également l’engagement des villes en faveur du très haut débit (Ph. Jarfi)

Cloud computing, connectivité avancée, large bande passante, télétravail, vidéoconférence, e-learning, téléchargements, streaming, web TV, accès à l’information, diffusion de contenus 3D… Le marché de la fibre optique commence à se développer tant au niveau national qu’africain pour mieux répondre à une demande grandissante de connectivité à haut débit.

Autre nouveauté: il attire aussi bien les investisseurs étrangers que nationaux. Le potentiel est grand et le terrain est encore vierge. Nexans, OFS (Furukawa Group), 3M… les fabricants mondiaux leaders de la fibre optique sont déjà là. Nous assistons actuellement à la mise en place d’un nouvel écosystème fibre optique.

Il est composé de promoteurs immobiliers, bureaux d’études, architectes, installateurs, fabricants de fibre optique ainsi que les pouvoirs publics. La prise de conscience s’élargit davantage, s’accordent à dire les intervenants. 

«Toute région qui doit développer son attractivité sera amenée à se doter d’infrastructures en fibre optique», fait valoir Fayssal Soulaymani, directeur business unit fixe chez Orange Maroc. C’est d’ailleurs une condition sine qua non au développement de la smart city.

«Nous ne pouvons être un pays moderne, qui veut devenir un hub pour l’Afrique, si nous ne disposons pas d’un réseau de fibre optique. Ce dernier jouera un rôle primordial dans la croissance économique», affirme de son côté, Zakia Boutaleb, DG d’AOB Consulting.

Les ambitions sont là. Selon les prévisions, 50% de la population devrait avoir accès au très haut débit (au minimum 100 Mbit/s) à l’horizon 2020, en attendant sa généralisation cinq ans après. Le Maroc ambitionne également de raccorder au réseau de la fibre optique tous les services publics administratifs situés dans les zones éloignées et/ou moins rentables, en 2020.

Sur le terrain, la réalité est toute autre à quelques années de ces échéances. Le marché est encore embryonnaire. De plus, les nouveaux opérateurs télécoms se battent encore avec Maroc Telecom sur la question du dégroupage. A défaut du partage des infrastructures, chaque opérateur, pour commercialiser ses offres FTTH (Fiber to the home) se retrouve contraint de développer de bout en bout ses propres infrastructures de génie civil.

Ces travaux supplémentaires représentent une perte de temps et d’argent sachant que le déploiement de la fibre optique est facile et moins coûteux, affirment les professionnels.

Que ce soit Orange ou Inwi, les deux opérateurs sont en train de développer leur réseau très haut débit et projettent de renforcer leurs investissements pour grignoter plus de part de marché. Inwi a déclaré en janvier dernier qu’elle a dépassé 10.000 km de raccordement tandis qu’Orange reste évasif et déclare avoir dépassé 6.000 km essentiellement au niveau des quartiers où la demande est forte.

La fibre optique est déployée au niveau des réseaux de transport (backbone) et du réseau d’accès, notamment dans les zones dédiées ou parcs technologiques où les exigences des entreprises qui s’y installent sont relativement importantes. Et pour cause, les technologies sur fibre optique permettent d’atteindre les plus hauts débits du marché, apprend-on auprès de l’ANRT.

Notons aussi que la bataille sur les prix continue. Orange propose une offre à partir de 240 DH pour une connexion Internet de 200 Mbit/s, soit 20 fois plus rapide comparé à l’ADSL. Quant à Maroc Telecom, elle facture ce service à partir de 500 DH tandis que Inwi le propose à partir de 349 DH.

L’essor de la fibre optique repose également sur un ensemble de conditions techniques, réglementaires, économiques et sociales. Un long chemin reste à parcourir. Par ailleurs, l’un des grands défis est la formation. «La mise en œuvre du réseau de fibre optique ne peut se faire sans compétences qualifiées», insiste Fayssal Soulaymani. Ce secteur aura besoin de plus d’ingénieurs mais également d’opérateurs (bac+2) capables de relever ce nouveau défi.

Bâtiments intelligents

Le co-inventeur de la fibre optique Peter Schultz prendra part à la 4e édition du symposium sur «fibre optique et bâtiments intelligents» co-organisé par Orange Maroc et AOB Group. Cet événement verra également la participation d’experts nationaux et internationaux.  Il est prévu le 8 mai, à Casablanca, sous l’égide du ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville. Très attendu, ce rendez-vous est soutenu par les fabricants leaders de la fibre optique américains, suisse et français (OFS, 3M, Reichle & D-Massari et Nexans). Une bonne opportunité pour nouer des relations de business entre donneurs d’ordres et fournisseurs télécoms. Notons que cette quatrième édition traitera de l’impact du très haut débit sur le développement des territoires et son rôle dans le renforcement de la marque Maroc au niveau international. Pour récompenser la créativité, Orange a également lancé un concours auprès d’une centaine d’étudiants de dernière année de l’Ecole nationale de l’architecture de Rabat pour concevoir un projet de bâtiment professionnel intelligent. Les 3 meilleurs projets seront primés lors du symposium. Rappelons que le premier bâtiment intelligent est celui qui abrite le siège de l’assurance Allianz à Casablanca.

                                                                         

Furukawa Electric inaugure son usine le 9 mai à Tanger

L’écosystème fibre optique est encouragé par l’installation de l’un des leaders mondiaux de fabrication de fibre optique et de câbles, Furukawa Electric Group. Il a choisi d’implanter au Maroc sa première usine en Afrique qui devra être inauguré le 9 mai prochain. Le site industriel est installé sur une superficie de 31.000 m² à Tanger Automotive City (TAC). Les travaux de construction, qui ont démarré en décembre 2017, se sont achevés en janvier 2018.

Cette usine a nécessité un investissement de 200 millions de DH qui devra être porté à 300 millions, à moyen terme. Elle emploie près de 200 personnes à haute valeur ajoutée (ingénieurs et opérateurs) qui ont bénéficié de formations au Brésil, USA et au Japon. «Le Maroc sera notre plateforme de développement du réseau fibre optique en Afrique», précise Jacques Fiorella, directeur général de Furukawa Electric Morocco

. Et d’ajouter: «Nous avons choisi le Maroc pour sa stabilité économique et politique. Aussi, l’un des grands atouts est bel et bien TangerMed». Notons qu’un traitement spécial est réservé aux industriels installés dans les zones franches, même en période de grève. Ce qui renforce l’attractivité de la destination Maroc pour les investisseurs internationaux voulant faire du Maroc leur hub africain et régional.

L’usine est déjà opérationnelle. «Nous avons déjà démarré notre business. Nous allons expédier notre premier conteneur de fibre optique à partir du Maroc au Gabon, ce qui est une prouesse», affirme Jacques Fiorella. 

Rappelons que le groupe exporte la fibre optique à partir de ses sites japonais et américains pour les assembler au sein de l’usine marocaine et compte y produire à l’avenir des connecteurs. Ces produits «made in Morocco» seront proposés aux compagnies de télécom en Afrique et en Europe.

 

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