Dossier Spécial

Enseignement/AMO étudiants: Pourquoi ça ne marche pas

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5260 Le 26/04/2018 | Partager
Moins de 8% de l’effectif ciblé sont aujourd’hui couverts
Méconnaissance du produit, manque de communication, retards…
Ministère et Cnops tentent de rectifier le tir pour la prochaine rentrée
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En 2016, année de lancement du produit, le dispositif n’a démarré qu’en mars, et n’a pas attiré grand monde. En avril 2017, quelque 17.596 étudiants étaient immatriculés. En 2018, seulement 5.299 se sont inscrits (-70%). Le total est donc de 22.895 bénéficiaires, soit moins de 8% de l’objectif ciblé

Plus de 288.000 bénéficiaires étaient ciblés par l’AMO étudiants à son lancement en 2015-2016. Il s’agissait de la catégorie de jeunes ne profitant d’aucune couverture médicale de par leurs parents. Trois années universitaires plus tard, ils ne sont que 22.895 à être assurés, soit moins de 8% de l’effectif ciblé. Et le nombre de souscripteurs est en recul (voir illustration). Comment cela se fait-il?

Le ministère de l’Enseignement supérieur reconnaît l’échec de l’opération. «Le constat est là, le produit n’attire pas», concède une source ministérielle. «Il existe un problème de communication autour du service qui est fondamental. L’aspect obligatoire de l’AMO, pour sa part, n’est pas établi. L’inscription est laissée au choix», explique la même source.

Une grande partie des étudiants ignore même l’existence de ce service géré par la Cnops (Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale). Une deuxième partie croit qu’il s’agit d’une offre payante même pour le public, tandis qu’une troisième n’en perçoit pas la nécessité.

«La campagne de communication et de sensibilisation prévue a bel et bien eu lieu par le biais de l’Office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles, Onousc, qui joue le rôle d’interface entre les établissements et la Cnops. Malgré cela, nous n’avons pas pu drainer beaucoup d’inscriptions», témoigne le président de l’université Hassan II de Casablanca, Driss Mansouri.

Des flyers ont été distribués et des informations ont été mises sur le site de l’université. Deux bureaux ont également été mis en place pour accueillir les étudiants, à la cité universitaire de route El Jadida et à la faculté de droit de Mohammedia. «Les étudiants s’inscrivent sur une plateforme, et nous envoyons ensuite la liste des demandes à la Cnops et à l’Onousc qui étudient l’éligibilité des candidatures. Toutefois, la réponse tarde à venir», regrette Mansouri. Il s’agit donc aussi de retards dans le traitement des dossiers.

Dématérialisation, simplification, com…

Avec la Cnops, le ministère travaille sur une nouvelle stratégie pour la prochaine rentrée. Une campagne de communication plus «agressive» devrait être lancée. L’on pense, par exemple, à cibler les candidats au baccalauréat, via des capsules à diffuser sur les médias audiovisuels et électroniques.

Pour soumettre leur demande, les étudiants sont censés remplir un formulaire, le légaliser et le déposer auprès de leur établissement. Le comité technique en charge de l’AMO étudiants envisage de se passer de la partie légalisation, et de dématérialiser même toute la procédure, afin de simplifier au maximum les démarches. Il prévoit également de relier la demande d’immatriculation à l’AMO à la préinscription dans les établissements. C’est, en fait, la seule manière de rendre la couverture obligatoire.

Sur les délais de réponse, il a été décidé d’adopter un délai d’une semaine pour les demandes normales, et de 48 heures pour les demandes exceptionnelles. Le comité a, en outre, pensé à intégrer les étudiants de parents inconnus, auparavant exclus de la couverture.

Le comité de pilotage devrait se réunir dans les prochains jours afin de valider toutes ces décisions. Il devrait, par ailleurs, se prononcer sur le cas des étudiants étrangers. Selon le ministère, la loi n’est pas claire à ce niveau. Pour ceux bénéficiant d’une bourse d’études marocaine, la partie assurance est déjà incluse. Quid des autres? La question sera bientôt tranchée.

A quoi vous avez droit

A son lancement en 2016, l’AMO étudiants était présenté comme un grand acquis. Il devait permettre aux étudiants exclus de toute couverture médicale de bénéficier d’une prise en charge. Médicaments et dispositifs remboursables par l’AMO, actes chirurgicaux, radiologie, soins préventifs, accouchement, soins dentaires, lunettes médicales, rééducation… Les remboursements sont de 70% pour les médicaments (100% pour les maladies chroniques). La liste des médicaments remboursables est sur le site de la Cnops. En cas d’hospitalisation, la prise en charge est de 100% dans les hôpitaux publics et de 90% dans les cliniques privées.
Le produit est accessible aux étudiants de moins de 30 ans, de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle (titulaires d’un baccalauréat ou équivalent) et des classes prépas, public ou privé. L’adhésion est gratuite pour les étudiants du public. Une redevance annuelle de 400 DH est imposée à ceux du privé.

 

 

 

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