Dossier Spécial

Enseignement/Le Maroc, nouvel eldorado des écoles françaises

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5260 Le 26/04/2018 | Partager
Elles souhaitent attirer les étudiants subsahariens dans leur nouveau campus
Ces établissements délivrent les mêmes diplômes qu’en France
Les cours sont également identiques, mais adaptés au marché local
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Depuis quelques années, le Maroc a ouvert ses portes aux grands établissements français. Ces écoles viennent s’installer en proposant un programme identique à celui en France, avec les mêmes frais de scolarité

L’Afrique est le continent en émergence qui accueille de plus en plus de grands projets internationaux. Au Maroc, plusieurs entreprises opérant dans divers secteurs tels que l’industrie, l’aéronautique ou encore l’automobile, sont venues s’implanter.

Profitant de cette manne, les établissements d’enseignement supérieur ont eux aussi ouvert des campus dans le pays. Emlyon, Essec, Paris-Dauphine, Ecole Centrale… Nombreuses sont les écoles françaises qui se sont installées apportant une diversification dans ce secteur. Mais que contient vraiment leur offre? Les diplômes délivrés sont-ils identiques à ceux de la France? 

«Nous avons exactement le même diplôme qui est remis dans tous nos campus dans le monde. D’ailleurs, nos étudiants doivent absolument effectuer un échange dans une de nos écoles durant leur cursus», assure Tawhid Chtioui, directeur général Emlyon Afrique. En revanche, il est à préciser que les programmes sont adaptés au marché national.

«Nous ne sommes pas venus au Maroc pour reproduire ce qui existe déjà en France. Nous avons pris en considération les enjeux et les attentes du pays», explique Chtioui. Le programme est ainsi réajusté pour répondre à l’offre d’emploi. A l’Essec, le programme et le diplôme sont identiques à ceux délivrés dans l’Hexagone.

«Nos étudiants passent exactement les mêmes examens, aux mêmes heures», indique Thierry Sibieude, directeur de l’Essec Afrique Atlantique. «La seule différence; les cours sont contextualisés au marché marocain», poursuit-il.

En s’installant au Maroc, ces grandes écoles françaises gagnent en notoriété au niveau international et élargissent leur offre dans le continent. Elles ont pour but d’y attirer des étudiants subsahariens qui pourront bénéficier d’une formation adaptée, tout en étant dans un environnement qui facilite leur intégration.

«Pour l’heure, nous avons peu d’étudiants africains dans notre campus à Rabat, mais nous comptons en accueillir davantage dans les prochaines années», nous informe Thierry Sibieude.

Les programmes que proposent ces écoles sont des Global BBA (Bachelor in business administration). Ce type de formation anglo-saxon s’étale sur quatre ans, et est considéré comme un diplôme international de référence en management et gestion des affaires. Il est conçu de façon à permettre aux apprenants de toucher à tous les domaines fonctionnels d’une entreprise comme la finance, le marketing, les ressources humaines, le droit, l’informatique et les systèmes digitaux,...

Les cours de langues sont, eux aussi, d’une importance capitale dans ces établissements. En plus du français et de l’anglais, les étudiants de l’Essec doivent choisir deux langues supplémentaires (arabe, espagnol ou mandarin). A l’Emlyon, l’espagnol et le mandarin sont inclus dans le programme dès la première année.

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L’offre de Dauphine Casablanca est différente de celle des autres écoles françaises. Alors que l’Emlyon, et l’Essec délivrent le même programme (Global BBA). Dauphine elle a exporté ses Masters

L’offre de Dauphine Casablanca, pour sa part, est différente de celle de ces deux écoles. L’établissement ne déploie au Maroc que certains Masters, délivrés en formation continue, et adaptés à l’environnement local. Ainsi, ont retrouve sur le campus de Casablanca le Master finance- Management de l’immobilier, le Master droit-Juriste financier, l’Executive Master-Principes et pratiques de la finance islamique, ou encore l’Executive Master-Ingénierie financière.

Les inscrits bénéficient de séminaires d’environ une semaine à l’étranger. «Nous prévoyons de lancer un nouveau Master en management international et interculturel, qui sera administré en formation initiale à la prochaine rentrée», annonce Asma Bensmail, responsable administrative et financière de Dauphine Casablanca.

Ce programme englobera, pour sa part, un semestre d’échange dans un des établissements de Paris-Dauphine, à savoir: à Paris, à Londres, à Tunis ou en Chine. L’université Paris Dauphine est, par ailleurs, présente au Maroc depuis des années déjà à travers un partenariat avec le groupe HEM.

Les deux établissements proposent conjointement un MBA Management Général pour les cadres ayant en moyenne 12 ans d’expérience. Aujourd’hui, Yasmine Benamour, administrateur et directeur général du groupe HEM vient d’être nommée à la tête de Dauphine-Casablanca.

Ces écoles françaises qui se multiplient au Maroc viennent, notamment, répondre aux souhaits des parents qui ne veulent pas envoyer leurs enfants à l’étranger, directement après le bac. C’est aussi moins onéreux puisqu’il n’y a plus de frais de logement à prendre en charge.

Ces écoles pratiquent les même prix de scolarité que ceux appliqués en France, à savoir 12.500 euros/an à l’Essec et 10.000 euros/an pour l’Emlyon. Pour ce qui est des Masters proposés par Dauphine Casablanca, il faut compter 80.000 DH pour celui de la formation initiale, et 85.000 DH (HT) pour ceux de la formation continue.

Des semestres à l’international obligatoires

Avec des écoles établies à l’étranger, les étudiants ont la possibilité d’effectuer un semestre d’études à l’international. Les inscrits dans la formation Global BBA ont obligation de passer au minimum un semestre au campus de Cergy ou Singapour, pour l’Essec, et au campus de Paris, Saint-Etienne ou Shanghai, pour ceux de l’Emlyon. «Aujourd’hui, les entreprises sont à la recherche de profils qui pensent global. Ils doivent donc être très ouverts à l’international puisque leur concurrent se trouvent désormais à l’autre bout du monde», insiste Tawhid Chtioui, directeur général de l’Emlyon Afrique. A travers les différents partenaires académiques de ces écoles, les étudiants ont également la possibilité de passer un second semestre à l’étranger dans un établissement de leur choix. Ils peuvent aussi choisir d’effectuer un stage dans une entreprise à l’international. «Nous avons près de 700 partenariats avec des entreprises à travers le monde, ce qui permet à nos étudiants de décrocher des stages facilement», souligne Thierry Sibieude, directeur de l’Essec Afrique Atlantique.

 

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