Dossier Spécial

SIAM 2018/ Marché mondial des céréales: Accalmie après une campagne record en 2017

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5258 Le 24/04/2018 | Partager
Des perspectives prudentes pour cette année, selon la FAO
Elles ont été modérément relevées en Afrique du Nord
Le Maroc sauvera sa campagne
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Une production record en 2017-2018 porte les stocks mondiaux de céréales à un niveau record, malgré une hausse de la consommation et des échanges soutenus

En 2017, la production céréalière mondiale a atteint un niveau record. Elle a enregistré une hausse de 33 millions de tonnes par rapport à 2016 pour atteindre 2.646 millions de tonnes, selon les dernières estimations de la FAO publiées le 5 avril 2018. En se basant sur des prévisions précoces, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture prévoit néanmoins une baisse de la production mondiale de maïs et de blé en 2018.

En raison de conditions météorologiques moins favorables et de prix en baisse, les perspectives concernant la production de blé en 2018 sont plus prudentes. Les dernières prévisions s’établissent à 750 millions de tonnes, en baisse de 7 millions de tonnes par rapport à 2017, mais néanmoins 6 millions de tonnes au-dessus du volume prévu en mars dernier.

Ceci s’explique par l’augmentation des emblavages aux Etats-Unis et par de meilleures perspectives en Russie. Dans l’Union européenne, la production de blé d’hiver devrait reculer, principalement en raison d’une réduction des semis. En Asie, la récolte de blé 2018 a débuté. La production en Chine et en Inde, les plus importants pays producteurs, devrait légèrement se contracter.

Les perspectives en Afrique du Nord ont été modérément relevées, à la faveur des récentes pluies qui ont succédé à un hiver sec, même si des poches de sécheresse persistent en Tunisie et en Algérie. Pour Tunis, environ 1,4 million d’hectares des terres agricoles ont été consacrés au cours de la saison 2017-2018 aux cultures céréalières, selon des sites spécialisés.

Une superficie 530 mille ha sera réservée à la culture du blé dur, 528 mille ha à l’orge et le triticale et 80 mille ha pour le blé tendre. En ce qui concerne la saison 2016-2017, les cultures céréalières moissonnées se sont élevées à environ 982 mille ha. Ce qui assure une production de 16 millions quintaux de céréales (dont 9,5 millions de quintaux de blé dur, 4,7 millions de quintaux d’orge et 1,5 million de quintaux de blé tendre).

Pour Alger, les superficies emblavées en céréales ont été de 3,44 millions d’hectares pour la campagne labours-semailles 2017-2018. Ces superficies emblavées se répartissent entre 1,6 million d’hectares (ha) de blé dur, 480.000 ha de blé tendre, 1,28 million ha d’orge et 80.000 ha d’avoine.

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maiss_058.jpg, par hlafriqi

Au Maroc, la saison agricole 2017-2018 a été sauvée par les récentes précipitations. Les cultures d’automne ont connu une importante dynamique (http://www.agriculture.gov.ma). La production céréalière au titre de la campagne agricole 2017-2018 devrait atteindre un niveau exceptionnel de 98,2 millions de quintaux, selon les premières prévisions du ministère de l’Agriculture, annoncées le 23 avril aux Assises.

Ce dernier s’attend ainsi à une production de 48,1 millions de quintaux de blé tendre, de 22,8 millions de quintaux de blé dur et de 27,3 millions de quintaux d’orge. Cette production a été réalisée sur une superficie emblavée en céréales principales de 4,5 millions d’hectares contre 5,4 millions d’hectares en 2016-2017, soit moins de 16% par rapport à la campagne précédente.

Cette performance a pu être réalisée grâce à un rendement moyen record de 21,8 Qx/Ha, en augmentation de 23% par rapport à la campagne précédente. Selon les chiffres officiels, 96 millions de quintaux, c’est la production définitive des trois principales céréales (blé dur, le blé tendre et l’orge) au titre de la campagne agricole 2016-2017.

D’après la FAO, les prévisions pour l’utilisation mondiale de céréales ont été relevées de 4,6 millions de tonnes (0,2%) par rapport au mois de février pour être portées à 2.612 millions de tonnes. Ce qui représente 39,3 millions de tonnes (1,5%) de plus qu’en 2016-2017. Cette hausse d’un mois sur l’autre est due à de bien meilleures perspectives pour le maïs et le blé.

En ce qui concerne l’utilisation mondiale de blé en 2017-2018, elle, devrait atteindre un niveau record de 736,4 millions de tonnes, soit 0,4% (2,8 millions de tonnes) au-dessus des prévisions initiales. Les pronostics sont désormais supérieurs de 0,3% (2,5 millions de tonnes) à celles de 2016-2017.

La hausse par rapport au mois dernier tient essentiellement au relèvement des prévisions pour l’utilisation industrielle. Tandis que l’augmentation par rapport à 2016-2017 est due principalement à un accroissement prévu de 1,2% de la consommation alimentaire de blé.

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Les silos à céréales du port de Casablanca. A chaque récolte exceptionnelle, le Maroc constitue un stock de sécurité de céréales. Les stocks proviennent essentiellement de l’importation (Ph. Jarfi)

Les échanges internationaux de céréales (tous produits confondus) devraient atteindre 406,6 millions de tonnes en 2017 2018, soit légèrement plus que prévu un mois auparavant. Ils dépasseront ainsi de 0,2% (près de 0,9 million de tonnes) le niveau record atteint l’année précédente. Les nouvelles prévisions relatives au commerce mondial de blé en 2017 2018 (juillet/juin) s’établissent à 173,8 millions de tonnes.

Elles sont pratiquement inchangées par rapport à février, car la demande à l’importation devrait rester stable dans presque toutes les régions. Et ce, à l’exception de l’Amérique du Sud, où le volume total des importations pourrait légèrement fléchir, principalement en raison d’une contraction des achats au Brésil.

Les volumes à l’exportation devraient selon toute attente être largement suffisants pour répondre à la demande mondiale. La révision à la hausse des exportations de la Russie devrait compenser une réévaluation équivalente, mais à la baisse, concernant plusieurs autres gros exportateurs.

Les dernières prévisions de la FAO relatives aux stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes s’achevant en 2018 ont été diminuées de 4,6 millions de tonnes. Et ce, principalement en raison d’un ajustement à la baisse des stocks de céréales secondaires. Les stocks céréaliers de report n’en sont pas moins estimés à 748,2 millions de tonnes et ils devraient ainsi dépasser de près de 4% (28 millions de tonnes) le niveau de l’année précédente, pour atteindre un volume record.

Les stocks mondiaux de blé (campagne se terminant en 2018) devraient être légèrement inférieurs aux prévisions de février. Ils marquent toutefois un record absolu et se situent 8% (soit 20 millions de tonnes) au-dessus de leur niveau global d’ouverture. Le rapport stocks-utilisation de blé mondial devrait dès lors s’établir à 36,3%, soit légèrement au-dessus de son niveau de 2016 2017. Ce serait ainsi sa valeur la plus élevée depuis 2001-2002.

                                                            

Une conférence très attendue à Londres

Le conseil international des céréales (CIC) organisera les 19 et 20 juin prochain à Londres la 27e Conférence sur les céréales, avec la participation du Maroc (voir détail www.igc.int). Il faut dire que les marchés des céréales sont très variables à l’échelle mondiale.

Les changements au titre de 2017/2018 intervenus depuis le dernier rapport CIC concernent principalement le maïs. Les prévisions de production toutes céréales confondues (blé et céréales secondaires) sont écornées à 2.092 millions de tonnes, en repli de 2% d’une année sur l’autre.

Comme le chiffre de consommation augmente, les perspectives de stocks de report sont plus tendues que le mois dernier et sont désormais jugées se contracter de 17 millions de tonnes, à 606 millions. Légèrement révisés à la hausse d’un mois sur l’autre, les échanges sont estimés croître de 3% à un record de 362 millions de tonnes. Le rapport du CIC renferme le premier jeu complet de projections pour 2018/2019.

Le total de la production toutes céréales confondues devrait afficher un modeste repli (2.087 millions de tonnes contre 2.092 dans les prévisions 2017/2018). Une baisse de la récolte de blé est en partie compensée par des hausses pour le maïs, l’orge et le sorgho. Le maïs compte pour le plus gros de l’essor attendu de la consommation, cette céréale comptant aussi pour l’essentiel du repli de 8% des stocks mondiaux.

Selon les prévisions de janvier 2018 de l’USDA (département américain de l’agriculture), la production mondiale de maïs est attendue à 1044,7 millions de tonnes pour la campagne 2017- 2018. Il s’agit des baisses respectives de 0,02% et 2,9% par rapport aux prévisions du mois précédent et aux estimations de la campagne 2016-2017.o

 

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