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    Dossier Spécial

    SIAM 2018/ Politique de l’eau: Un plan d’accélération sur la table du gouvernement

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5258 Le 24/04/2018 | Partager
    Les derniers arbitrages seront rendus bientôt
    2 à 3 barrages à construire par an, 1,7 milliard de DH à investir
    La triche sur les volumes d’eau et les impayés plombent les agences de bassins
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    Charafat Afailal, secrétaire d’Etat en charge de l’Eau: «Un programme d’urgence sera assorti d’une accélération des investissements afin de sécuriser l’approvisionnement en eau potable et d’irrigation» (Ph. F. Al Nasser)

    Actualisation du Plan national de l’eau, travail de la commission interministérielle,… Charafat Afailal, secrétaire d’Etat en charge de l’Eau, est pragmatique. Elle jongle entre le plan d’urgence pour 2018 et le programme d’accélération des investissements dans le secteur. Jusqu’ici, la construction des barrages, à raison de 2 à 3 par an, canalise 1,7 milliard de DH.

    - L’Economiste: Le remplissage des barrages retrouve son meilleur niveau depuis trois ans. Reste à régler le problème d’envasement que l’on attribue à un déficit d’entretien...
    - Charafat Afailal:
    L’entretien des barrages se fait régulièrement selon les normes internationales. Nous y consacrons un budget conséquent. Quant à l’envasement, un phénomène naturel qui résulte des dépôts des sédiments provoqués par l’érosion hydrique, nous assurons un suivi régulier à travers les études bathymétriques. Ce suivi permet d’évaluer la capacité perdue par envasement. Pour y faire face, nous privilégions les mesures préventives. En effet, les techniques d’aménagement et de traitement des bassins versants sont pratiquées par la réalisation de seuils pour casser l’énergie de l’écoulement, de barrages de protection pour la réduction de l’envasement au niveau des ouvrages stratégiques ou encore de boisement des versants pour briser le ruissellement.

    - Le barrage de Sidi Mohammed Ben Abdellah, qui alimente en eau potable 9 millions de personnes, a été au cœur d’une polémique sur la pollution. Que s’est-il passé exactement?
    - Ce barrage joue un rôle primordial dans l’approvisionnement en eau potable de l’axe Rabat-Casablanca. Il a une capacité de près de 1 milliard de m3. Les eaux brutes sont traitées au niveau de la station Akreuch, selon les normes internationales. Toutes les mesures d’ordre technique et réglementaire sont mises en place pour protéger les eaux de cette retenue de toute pollution. Les analyses effectuées sur les eaux brutes et les eaux traitées n’ont démontré aucune anomalie. La qualité des eaux reste conforme aux normes en vigueur.

    - Mais vos démentis n’ont pas suffi à rassurer les populations.
    - Nous avons essayé de déployer un plan de communication pour dissiper les craintes des populations, mais nous n’avons pas pu suivre cette traînée de poudre des réseaux sociaux. Je pense que c'est un faux problème, il n’y a pas vraiment de quoi susciter cette peur. D'ailleurs, les analyses effectuées ont montré que cette eau n'a subi aucune dégradation, ni pollution. Maintenant, le problème est résolu.

    - Quel est l’état d’avancement du programme de construction des barrages?
    - Actuellement, nous disposons d’un patrimoine de 140 ouvrages, avec une capacité de stockage de 17,6 milliards de mètres cubes. 14 barrages sont en cours de construction, avec une capacité supplémentaire de près de 3 milliards de m3, couvrant l’ensemble des zones du pays. Certains seront mis en eau incessamment, notamment ceux du douar Khrofa, Ouljat Soultan et Tamalout.
    L’effort de mobilisation des eaux de surface par les barrages sera poursuivi avec un rythme de 2 à 3 nouveaux ouvrages par an. Notre département dispose d’un budget annuel de près de 1,7 milliard de DH consacré à la construction des barrages. Ces crédits doivent être consolidés et renforcés pour pouvoir accélérer les investissements et faire face aux défis du stress hydrique qui menace notre pays.

    - Les usagers de l’eau ne sont pas très contents des prestations des agences de bassins hydrauliques. Que faudra-t-il recadrer?
    - Ces agences, créées par la loi 10-95 sur l’eau, couvrent actuellement tout le territoire. Le réseau en compte dix au total.
    Malgré l’ampleur de leurs missions et la faiblesse des ressources humaines et financières, elles jouent un rôle central dans la gestion intégrée et durable de l’eau. Les recettes produites par les redevances d’utilisation de l’eau constituent la principale source de leur financement. Cependant, le niveau de ces recettes connaît des contraintes liées notamment au recouvrement de ces redevances et à la déclaration effective des volumes d’eau prélevés. Ces agences rencontrent des retards dans le recouvrement des redevances, notamment auprès des établissements publics comme l’ONEE branche électricité et les Régies de distribution. Ces arriérés peuvent remonter à plusieurs années et atteindre des montants très importants. La nouvelle loi 36-15 a renforcé la concertation et la participation des usagers de l’eau à travers la création d’un conseil de bassin hydraulique qui regroupe l’ensemble des acteurs y compris les représentants des usagers.o

    Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

                                                                          

    L’horizon de planification passe à 30 ans

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    La loi sur l’eau 36-15 a apporté des nouveautés en matière de planification de l’eau, notamment en ce qui concerne les documents: le plan national de l’eau, les plans directeurs d’aménagement intégré des ressources en eau pour chaque bassin hydraulique et les plans locaux de gestion des eaux. Ces nouveautés portent essentiellement sur les aspects de la coordination et la concertation, l’adoption et l’approbation des documents, l’horizon de planification, qui passe de 20 à 30 ans, ainsi que l’intégration de l’impact du changement climatique sur l’eau. Le chantier de révision de ces documents est en cours.
    Par ailleurs, une commission interministérielle a préparé un programme prioritaire proposant un plan d’urgence jusqu'à fin 2018 et un autre, d’accélération des investissements pour renforcer l'approvisionnement en eau potable et l'irrigation, notamment dans les zones les plus touchées par le déficit hydrique, sur la période 2018-2025. Ce programme sera présenté au chef du gouvernement.

     

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