Régions

Oh! hisse!... les vieux gréements à l’honneur à Tanger

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5228 Le 13/03/2018 | Partager
L’Hermione a fait escale
La frégate, copie de celle de La Fayette, se dirigera ensuite vers la Méditerranée
vieux_navires_028.jpg

Une ambiance digne d’un livre d’histoire maritime est perçue en direct sur le pont des gaillards (pont principal) de la frégate l’Hermione (Ph. Adam)

Un bout d’histoire flottant entre trois continents, tel est l’Hermione. Le voilier, construit en 2011, est une copie à l’identique de la frégate ayant amené le général La Fayette en Amérique pour participer à la guerre d’indépendance des Etats-Unis. Pour son 3e voyage depuis 2014, date de ses premiers essais en mer, la frégate a choisi de mettre les voiles sur le détroit.

Le voilier y est arrivé un peu plus tôt que prévu le 7 mars, fuyant la bourrasque Emma qui, pendant deux semaines, a mené la vie dure à la région. L’Hermione et ses marins ont du subir sa colère avec des vents dépassant les 100 km/h les obligeant à prendre refuge au large de Fnideq avant de se diriger vers Tanger et son port historique. 

De là, le bateau, qui a pour vocation de devenir un opérateur de formation maritime, se dirigera vers Barcelone et ensuite vers Bastia pour compléter son voyage placé sous le signe de la francophonie. En effet, entre les 80 apprentis-marins (ou gabiers pour un voilier), pour la plupart des volontaires attirés par la vie en mer, se trouvent des jeunes issus des pays de la francophonie comme le Mali, le Canada, le Bénin et même le Maroc.

A Tanger, ville de grande tradition marine, ils ont pu se reposer et découvrir un port à l’histoire millénaire avant de partir à la rencontre des jeunes de la région.
Après trois voyages, dont le premier vers les Amériques, l’Hermione a réussi à participer à la formation de 350 gabiers de 34 nationalités avec, au total, 4 mois d’escale. Ces marins issus de divers horizons ont dû travailler à fond pour maintenir le voilier en route sous les ordres de son capitaine et entretenir les 2.200 m2 de voilure et les 35 km de cordage qui l’animent.

L’Hermione est le fruit du travail de l’Association Hermione-La Fayette qui est la structure en charge du pilotage du projet. Après le lancement de son voyage inaugural en 2015, elle a entrepris d’autres sorties en mer dont celle de 2018 qui la mènera jusqu’en Bastia et ensuite retour à son port d’attache, Rochefort.

L’Hermione a été construite de la même manière que son aînée, naufragée en septembre 1793. Tout en bois, on y respire une forte odeur de goudron utilisé comme joint entre les planches et aussi comme enduit pour faire durer les cordages. Elle dispose d’une batterie de canons similaires à ceux d’origine même s’ils ne sont pas fonctionnels.

Les seules exceptions à cette règle ont été l’installation de moteurs électriques de manœuvre (certains ports interdisent les manœuvres à la voile) et l’installation d’équipements modernes pour la navigation, la cuisine ou encore des sanitaires. Mais la vie à bord ne diffère que légèrement de la frégate éponyme du XVIIIe sauf en ce qui concerne le nombre d’équipages avec 80 matelots au lieu des 200.

Malgré tout, l’ambiance qui y règne est joviale avec des gabiers parés à la manœuvre malgré un vent et une pluie battante. Comme leurs antécesseurs, les marins entonnent des chansons typiques de marins d’époque et, deux fois par jour, organisent des «assemblées du bord» de 10 minutes dans une ambiance où le repos n’est qu’accessoire.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc