Dossier Spécial

8 Mars: La voix de celles qui n’en ont pas

Par Ahlam NAZIH Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5225 Le 08/03/2018 | Partager
Des femmes de l’ombre, mais pas moins d’exception, s’expriment
Entrepreneuriat, social, art… de brillants profils aux parcours inspirants
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Ne leur parlez surtout pas de la célébration de la journée internationale de la femme. Plusieurs parmi les auteures de ces pages refusent de résumer la question des droits de la femme à une date. Elles n’y voient, par ailleurs, qu’une occasion commerciale n’avançant en rien la condition féminine

Difficile d’être femme au Maroc. Certes, les temps ont changé, mais la vie continue d’être dure pour celles que l’on appelle, injustement, «sexe faible». Qu’elles soient actives ou pas, citadines ou rurales, cadres ou ouvrières, jeunes ou moins jeunes… leur quotidien n’est pas des plus faciles.

Même si, comme leurs homologues masculins, elles accèdent à l’école. Elles sont plus nombreuses à la quitter. A peine la moitié arrive jusqu’au lycée. Plus tard, parmi celles en âge de travailler, les trois quarts demeurent inactives. Cela représente une perte gigantesque en capital humain, mais aussi un risque accru de précarité et de souffrance.

Stéréotypes, discriminations, machisme, dédain… viennent noircir encore plus le tableau. Une étude récente de l’ONU sur l’égalité des sexes n’a-t-elle pas montré que 38% des hommes marocains pensent que les femmes méritent d’être «de temps en temps battues»?! Cela en dit long sur le travail qui reste pour faire changer les mentalités.

Quasiment tous les chantiers concernant la femme tournent au ralenti. La toute nouvelle loi sur la lutte contre les violences faites aux femmes fait l’impasse sur plusieurs cas de violences. Le texte est d’ailleurs fortement décrié par la société civile. Le mariage des mineures continue d’être monnaie courante (10% des actes en 2015). Pour l’égalité dans l’héritage, c’est à peine si l’on autorise le débat sur le sujet.

Que fait le Maroc pour ses femmes? Elles, en tout cas, sont nombreuses à faire beaucoup pour leur pays. A faire sauter toutes les barrières et à continuer à croire en un avenir meilleur. Femmes de l’ombre, mais pas moins femmes d’exception, réalisent des exploits au quotidien, et ce, dans tous les domaines. L’emploi, l’éducation, la science, l’entrepreneuriat, l’art… L’Economiste a tenu à leur donner la parole.

Une vingtaine ont pris leur plume et ont partagé leurs idées, rêves, ambitions, projets et souhaits pour le 8 mars. Ces femmes qui ont eu la chance de mener des parcours professionnels, et le courage de défendre leurs projets, sont en quelque sorte la voix de celles qui n’en ont pas. Avec leurs riches expériences, elles sont aussi une formidable source d’inspiration. Elles méritent que nous leur rendions hommage, et surtout, que nous les écoutions.

 

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