Dossier Spécial

8 Mars: Yamna... et sa couscous academy

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5225 Le 08/03/2018 | Partager
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Après avoir réussi à développer un réseau de clients fidèles dans plusieurs villes marocaines, Yamna souhaite d’être aidée pour exporter son couscous  (Ph. N.E.A.)

Sans avoir eu la chance de passer par les bancs de l’école, Yamna a réussi à donner un sens à sa vie et être utile aux femmes de son douar Souabr, situé dans la province de Khémisset. Mariée et âgée de près 56 ans, elle dirige la coopérative Aït Krar pour la production du couscous.

Le chemin n’était pas facile pour une fille issue d’une famille modeste du monde rural. Mais grâce à sa volonté et son amour pour le travail avec un esprit inné d’entrepreneuriat, elle a pu dépasser les contraintes spéciales et sociales.

«A 20 ans, j’ai commencé à travailler pour mon propre compte en produisant le couscous chez moi au douar et en le vendant dans le souk hebdomadaire de Khémisset», se rappelle Yamna. Ce qui lui a permis de dégager un modeste revenu pour aider son époux. En 2006, le parcours de Yamna va changer après sa rencontre avec Jamila, l’une de ses fidèles clientes dont la profession est conseillère agricole à l’ONCA.

18,7%
de femmes sont des chefs de ménage dans la région de
Guelmim-Oued Noun, une
proportion plus élevée que la moyenne nationale. Elle
correspond à 16.838 ménages.

Appréciant le sérieux de Yamna et la qualité de son produit, elle lui a proposé de créer une association pour la fabrication du couscous. Le projet a démarré en 2006 avec 7 femmes dans un local appartenant à la famille de Yamna. En 2012, l’association a été transformée en coopérative baptisée: Aït Krar pour la production du couscous. «Elle comprend actuellement 24 membres dont 20 femmes appartenant à notre douar», signale Yamna.

Cette dernière a intelligemment saisi cette transformation pour en tirer profit pour moderniser et développer la capacité de production de sa coopérative. Elle a pu dérocher une subvention financière de la Direction provinciale de l’agriculture, ce qui lui a permis de réaliser les travaux d’aménagement et d’équipement du local de fabrication de couscous de la coopérative.

Elle a également bénéficié du soutien de l’INDH. Grâce à cette modernisation, la coopérative a pu décrocher l’autorisation des services de l’ONSSA pour la fabrication et le conditionnement du couscous.

Un sésame qui va donner un coup de pouce aux produits de l’équipe de Yamna sur le marché national et une opportunité pour visiter les grandes foires internationales. «Yamna figure souvent dans la commission de dégustation de diverses foires nationales», rappelle Jamila.

1 tonne/semaine, 400 femmes bénéficiaires

La coopérative produit près d’une tonne par semaine avec plus d’une dizaine de marques du couscous. Pour réussir son projet, Yamna donne beaucoup d’importance à l’hygiène et l’organisation du travail sans oublier les relations chaleureuses au sein de l’équipe. «On a adopté un système de travail permettant aux femmes de la coopérative de s’occuper aussi de leur foyer. Ce travail permet à chacune de recevoir un revenu stable toute l’année entre 250 et 300 DH par semaine, ce qui est important pour une femme rurale sans formation», précise Yamna.
Près de 400 femmes des douars avoisinants achètent nos produits pour les vendre par la suite aux commerçants et dans les souks, ce qui leur permet de réaliser une marge bénéficiaire, ajoute Yamna.o

 

 

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