Insolites

Un Monde Fou

Par L'Economiste | Edition N°:5224 Le 07/03/2018 | Partager

■ La justice autrichienne autorise d’insulter un homme politique
En Autriche, on peut adresser un doigt d'honneur et dire «fuck» à un homme politique, fût-il vice-chancelier, si cela est argumenté: ainsi en a décidé la Cour d'appel de Vienne qui a invoqué la liberté d'opinion. Saisie par le dirigeant d'extrême droite et vice-chancelier Heinz-Christian Strache, qui avait attaqué un groupement d'extrême gauche pour «insultes publiques» après avoir été invectivé lors d'une manifestation, la Cour a confirmé un jugement de première instance qui avait débouté le plaignant. Dans un jugement rendu mercredi, les juges ont souligné que le «rejet d'un dirigeant politique» pouvait être «exprimé de façon provocatrice et choquante» et que cela représentait «un élément fondamental de la liberté d'opinion». Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et réalisée lors d'une manifestation en octobre, des militants de l'organisation d'extrême gauche «Linkswende jetzt» (A gauche toute maintenant) avaient détaillé toute une série de raisons selon eux de dire «fuck Strache», doigts d'honneur à l'appui. Le groupuscule a salué jeudi «une victoire pour la liberté d'opinion et pour la liberté de la presse» et estimé que désormais tout discours politique pouvait intégrer la phrase «je dis fuck à Strache, parce que». En France, un manifestant de 57 ans avait été condamné en 2009 à 30 euros d'amende pour «offense au Chef de l'Etat», après avoir brandi une affichette «Casse-toi pov'con» au passage du cortège du Président de l'époque, Nicolas Sarkozy. La Cour européenne des droits de l'homme avait toutefois jugé en 2013 que la France avait violé la liberté d'expression avec cette condamnation.

■ Des thèmes d’examens qui glorifient le président
Des thèmes glorifiant le président tadjik Emomali Rakhmon seront proposés aux étudiants passant des examens d'entrée dans les universités du Tadjikistan, renforçant ainsi le culte de la personnalité déjà très présent dans ce pays pauvre d'Asie centrale. Les sujets «Leader de la Nation - Défenseur de la Nation» et «Nous sommes disciples du Leader de la Nation» feront partie des thèmes proposés lors des prochains examens d'entrée à l'université, qui ont lieu traditionnellement l'été, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Education nationale.  Depuis 2015, Emomali Rakhmon bénéficie du titre de Leader de la Nation qui permet à sa famille et à lui-même de jouir d'une immunité à vie, et de nombreux autres privilèges. En juillet, un livre avec des citations et des «pensées» du Chef d'Etat avait été publié et devait être traduit en russe. Fin 2017, une professeur de danse dans une école de Douchanbé a été limogée pour avoir refusé d'écouter avec ses collègues l'adresse télévisée traditionnelle de M. Rakhmon. Elle a retrouvé son travail en février après avoir raconté l'histoire de son limogeage à plusieurs médias internationaux. A la tête du Tadjikistan depuis 1992, Emomali Rakhmon, 65 ans, jouit d'un véritable culte de la personnalité. La propagande gouvernementale le présente régulièrement comme un sauveur ayant rétabli l'unité nationale après la sanglante guerre civile qui a suivi l'indépendance de cette ex-république de l'Union soviétique.o

 

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