Culture

Musée: Un bel écrin pour la céramique de Safi

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5224 Le 07/03/2018 | Partager
Ouverture au public après restauration
De la préhistoire en passant par l’ère romaine, des sucreries de Chichaoua du 16e siècle aux poteries du Rif....
Une véritable leçon de l’art de vivre marocain à travers les âges
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Se voulant, avant tout, didactique, le musée dispose d’un nombre important de documents liés à l’histoire de la céramique au Maroc (Ph. FNM)

La ville de Safi était orpheline sans son musée de la céramique. Fermée depuis plusieurs mois pour restauration, l’institution de la ville, qui s’est refait une beauté aux normes internationales, a ouvert ses portes au public le 3 mars. Et c’est désormais l’histoire de la poterie et de la céramique, de la Préhistoire à nos jours, dans le Royaume que raconte le nouveau musée.

De taille relativement modeste, mais réalisé selon une scénographie des plus modernes, le musée de la céramique de Safi offre une promenade à travers l’histoire des civilisations ayant parcouru le Maroc. «La poterie est un marqueur de civilisation qui nous permet de retracer l’histoire du Maroc et ses nombreuses évolution depuis plus de 6.000 ans. 

C’est une activité propre aux populations sédentaires liée à l’apparition de l’agriculture, la domestication des animaux et la maîtrise des éléments naturels. C’est surtout le signe de l’apparition des premières sociétés  modernes», précise Abdelaziz Idrissi, directeur des musées du Maroc. C’est donc une véritable leçon de l’art de vivre des Marocains, qui traverse les âges et les régions, qui s’offre aux visiteurs.

De la Préhistoire en passant par l’ère romaine, des sucreries de Chichaoua du 16e siècle aux poteries du Rif, des objets à la glaçure verte si particulière de Tamegroute et la céramique émaillée et polychrome de Meknès et Fès: la diversité des techniques ancestrales employées au travers des siècles est mise en valeur pour rappeler aux visiteurs, d’ici et d’ailleurs, le riche patrimoine du Maroc.

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Retraçant d’une manière chronologique l’histoire de la céramique au Maroc, le musée n’omet pas de faire la part belle aux maîtres artisans safiotes qui ont donné ses lettres de noblesse à cet art, impulsé par l’arrivée de familles fassies au 19e siècle (Ph. A.Bo)

Le musée n’omet pas bien sûr de faire la part belle aux maîtres artisans safiotes, ceux qui ont donné ses lettres de noblesse à cet art, impulsé par l’arrivée de familles fassies au 19e  siècle. «Si l’arrivée des artisans fassis a permis à la poterie de Safi d’arborer les motifs et les modèles qu’on lui connaÎt aujourd’hui, il ne faut pas oublier que la région a été un foyer de potiers depuis des siècles.

D’ailleurs, la majorité des termes que nous utilisons dans la corporation sont d’origine berbère», indique maître Serghini, 7e descendant d’artisans fassis et figure majeure du travail de céramique dans la ville. Des pièces ancestrales, d’autres plus contemporaines dans un écrin ultra moderne.

Le musée propose un espace multimédia avec des bornes interactives proposant plusieurs contenus liés à l’histoire de la poterie, les procédés de fabrication ou encore le parcours des maÎtres artisans. Plusieurs espaces d’exposition, un atelier destiné aux activités ludiques d’apprentissage, ainsi que des documents sont mis à la disposition des visiteurs.

                                                                                           

L’étrange céramique de Tamegroute

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Connue pour abriter la célèbre Zawiya Naçiriya et sa bibliothèque, Tamegroute est un village à 20 km de la ville de Zagora et à 70 km de la frontière algérienne. Tamegroute est également célèbre par sa poterie à glaçure verte remontant à plusieurs siècles. On raconte que c’est grâce à un potier fassi, venu à la Zawiya Naçiriya au 17e siècle pour étudier, que cet artisanat est arrivé au désert.

Ce voyageur/adepte a dû rester à Tamegroute plus longtemps que prévu.  Il décida de s’y installer en pratiquant son métier de potier pour gagner sa vie. Son installation a permis une transmission de ce savoir-faire à quelques habitants de ce village, qui est devenu depuis, un centre de production de la poterie L’origine de la technique ancestrale de coloration remonte au Moyen Âge.

Elle s’obtenait grâce à un procédé de cuisson oxydante (oxyde de cuivre), avec très peu d’oxygène entrant dans le four. Le temps de cuisson et l’oxygénation sont approximatifs, procurant une petite variation des couleurs, ce qui fait le charme du résultat. Mais l’introduction récente d’autres métaux lors du glaçage a permis d’obtenir une nouvelle variété de couleurs allant du vert olive à un gris translucide. Au niveau des formes, cette céramique verte de Tamegroute était essentiellement utilitaire.

Ainsi, on trouve dans la plupart des collections privées des godets d’encre (Dwya), des encriers (mihbara), des jarres pour la conservation des aliments (Qolla), des amphores (Ganboura), des flacons à huile à verseur large (Ziyata Boutass), des lampes à huile (Qandil), dont quelques beaux spécimens sont présentés au musée.

 

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