Economie

La Banque mondiale et les territoires: Casablanca hypothèque les 23 prochaines années

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5224 Le 07/03/2018 | Partager
La ville s’endette pour financer son plan de développement
La 1re tranche du prêt de la Banque mondiale actée
La commune doit fructifier ses recettes de 50% pour le remboursement
banques_mondiale_casa_024.jpg

Au total, 345 millions de dollars seront nécessaires pour exécuter le programme à l’horizon 2021, dont 200 millions de dollars sous forme de prêt octroyé par la Banque mondiale

Une bouffée d’air pour une ville qui croule sous les dettes et dont le budget ne dépasse pas au mieux les 3,7 milliards de DH. Le déblocage du prêt de la Banque mondiale, lancé sous l’ère Sajid (cf. édition du 15 juillet 2015), apportera à la Commune urbaine de Casablanca (CUC) une manne de près de 2 milliards de DH (172 millions d’euros).

Cependant, les fonds arrivent avec 2 ans de retard (la 1re tranche était prévue pour mars 2016) occasionnant un décalage des livraisons de chantiers par rapport au calendrier initial. Ce prêt devrait servir à financer une partie des engagements de la CUC dans le cadre du plan de développement (lancé en 2014). La CUC doit contribuer à hauteur de 3,5 milliards de DH à ce programme d’action quinquennal (qui nécessitera plus de 33 milliards de DH).

L’emprunt sera destiné à financer plusieurs chantiers de réforme allant de l’amélioration des conditions de vie, la promotion de la compétitivité économique et du climat des affaires ainsi que le renforcement de l’attractivité de la ville. Ses objectifs se résument à 3 axes, à savoir accroître la capacité d’investissement de la CUC, mettre à niveau le milieu urbain et l’accès aux services essentiels ou encore améliorer l’environnement des affaires.

Il s’agit en fait d’un prêt-programme axé sur les résultats  (PPR) d’une durée de 5 ans. Pour en bénéficier, le maire s’est engagé à fructifier les recettes de la ville à hauteur de 50% d’ici la fin de son mandat. Or Casablanca a cumulé à ce jour plus de 5 milliards de DH de créances à recouvrer. Rien qu’en 2017, la ville a enregistré 1,2 milliard de DH de créances supplémentaires. 

En tout cas, sur papier, les termes de ce PPR semblent avantageux. En effet, il s’agit d’un prêt à taux variable, qui sera débloqué sur une durée de 6 ans (2016-2022) avec une période de grâce de 7 ans et des remboursements étalés sur 23 ans. «Il a pour objectif d’accroître la capacité d'investissement de la commune, mettre à niveau le milieu urbain et l'accès aux services essentiels dans la zone du programme et améliorer l'environnement des affaires de la métropole économique», a déclaré Marie Françoise Marie-Nelly, directrice régionale de la BM(1).

Le suivi et la coordination de ce programme sont confiés à la SDL Casa-Prestation, dans le cadre d’une Unité de gestion du programme (UGP). Quant à sa  mise en œuvre, elle requiert la contribution de différents acteurs de la ville (SDL, CRI, Lydec…).

«Le choix de la Banque mondiale n’est pas fortuit. Il est guidé non pas par des considérations d’ordre purement financier, mais par le fait que la Banque mondiale permet l’accès à l’expertise et à l’accompagnement méthodologique, en plus d'une visibilité à l’échelle mondiale», souligne Khalid Safir, wali-directeur général des Collectivités locales et ex-wali de la Région Casa-Settat (2013-2017).

Pour lui, la question ne sera plus de savoir si Casablanca ressemblera à telle ou telle ville, mais plutôt «combien de villes mondiales et surtout africaines voudront ressembler à la nouvelle Casablanca».

Missions de Casa-Prestation

Casa-Prestation, qui dirige l’Unité de Gestion du Programme (UGP), se voit confier plusieurs missions liées à la gestion du prêt de la BM. Parmi lesquelles:

  •  La coordination entre les différentes parties concernées du programme
  •  La collecte des informations relatives à tous les indicateurs de décaissements  
  •  La collecte des données relatives aux indicateurs de suivi
  •  La compilation des rapports d’audit et leur envoi à l’Inspection générale des Finances
  •  La préparation du rapport annuel sur l’état d’avancement des réalisations
  •  L’établissement d’une plateforme de travail collaborative destinée aux différentes parties.

 

------------------------------------------------------------------

(1) C’était lors de l’atelier de lancement du programme d’appui, organisé par la SDL Casa-Prestation lundi 5 mars à Casablanca.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc