Competences & rh

Emploi: Généraliser les expériences qui marchent, le défi

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5223 Le 06/03/2018 | Partager
L’IECD développe des centres de formation associant le monde économique
Des taux d’insertion des lauréats supérieurs à 90%

Appuyer des acteurs locaux pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes. C’est l’objectif de l’Institut Européen de Coopération et de Développement (IECD). L’ONG française, qui fête cette année son 30e anniversaire, mène un programme baptisé «Graine d’Espérance» dans 6 pays, dont les résultats sont concluants. En moyenne, 80% des lauréats arrivent à décrocher un emploi, à un an de la formation.

Mardi dernier, l’ONG a organisé une rencontre au siège de la CGEM, afin de faire connaître son modèle et de sensibiliser au rôle majeur de l’entreprise dans la formation professionnelle. «Le décloisonnement du monde de l’entreprise et celui de la formation est primordial», insiste Jean-Louis Barthelemy, directeur du pôle formation et insertion professionnelle de l’IECD.

La formule prévoit des cursus en alternance entre centres et entreprises, associant monde économique, institutionnels et société civile. Le programme commence par une étude du bassin d’emploi, en vue d’identifier les besoins des employeurs en compétences, et de concevoir un curriculum adapté. Il prévoit, également, la rénovation des équipements des écoles, la formation des formateurs, l’orientation des stagiaires et l’utilisation de logiciels de gestion des établissements.

Au Maroc, l’IECD a lancé 3 centres pilotes en électricité et mécanique (un à Casablanca et deux à Kenitra), avec plusieurs partenaires, dont les associations L’Heure Joyeuse et Juk Spel, le groupe Schneider Electric et l’Agence française de développement (AFD). Dans ces centres, le taux d’insertion professionnelle dépasse les 90%. Un 4e est en préparation à Nouaceur, avec l’Heure Joyeuse.

«Le défi actuellement, c’est d’étendre ces exemples réussis pour la satisfaction des besoins de masse qui se chiffrent à des centaines de milliers de personnes», estime Eric Baulard, directeur de l’AFD Maroc. Il s’agit, en effet, d’un défi qui peut se heurter à de nombreux obstacles.

«Le rapprochement entre l’entreprise et la formation professionnelle, par exemple, doit être territorialisé. Or, les territoires ne sont pas dotés d’outils permettant aux acteurs de se rencontrer», relève Mohamed Bougroum, économiste. Face à la digitalisation croissante des activités, qui mènera à la disparition de millions d’emplois dans les années à venir, il n’est plus possible d’improviser en matière de formation.

«Avec l’avènement de l’industrie 4.0, les industriels ne peuvent plus offrir d’emplois peu qualifiés», souligne Imane Bejja, responsable marketing et communication de Schneider Electric Maroc. La qualification du capital humain est aujourd’hui un enjeu de survie.

La CGEM s’active

Le patronat a largement contribué à la stratégie 2021, censée faire décoller la formation professionnelle et assurer un réservoir suffisant de compétences qualifiées. Mais sa réussite dépendra de sa concrétisation. Pour sa part, la CGEM a commencé par travailler sur un cadre national de certification, avec une grille de 8 niveaux, allant du niveau ouvrier à celui du doctorat, y compris professionnel. «Cette grille permettra de référencer nos certifications professionnelles par rapport au cadre européen, et favorisera la mobilité des lauréats. Les multinationales s’installant au Maroc pourront aussi avoir plus de visibilité sur nos certificats», explique Taoufik Cherradi, Vice-président de la commission formation professionnelle de la CGEM. Le patronat a, en outre, créé un observatoire des branches en avril dernier, qui a pour mission d’étudier les besoins des secteurs en compétences et de concevoir des ingénieries de formation. Les premiers diagnostics seront lancés dans les deux prochains mois.

 

 

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