Economie

Electricité: La plus forte consommation depuis 5 ans!

Par Nadia DREF | Edition N°:5220 Le 01/03/2018 | Partager
L'effet des chantiers structurants
L’énergie nette appelée s’est appréciée de 5,1%
Progression de 14,5% des importations à partir de l’Espagne
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Le secteur électrique est confronté à plusieurs défis, en particulier l’adéquation offre/demande. L’ONEE parie sur le développement du réseau électrique national afin d’évacuer l'électricité produite à partir de sources renouvelables

Pour faire face à une demande accrue, la production de l’énergie électrique s’est améliorée de 3,4% à fin 2017, après une hausse de 3,1%, un an auparavant. Cette progression est favorisée par la bonne tenue de la production de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) qui s’est  appréciée de 3,4%.

La production privée a également augmenté de 2,4% en 2017. Ce trend haussier a également été enregistré au niveau du volume des importations à partir de l’Espagne qui a grimpé de 14,5%. Ainsi, l’énergie nette appelée s’est appréciée de 5,1%, l’an dernier, après une progression de 2,9% une année auparavant. C’est ce qui ressort des statistiques publiées par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère de l'Economie et des Finances.

La consommation de l’électricité a augmenté de 4,5% à fin 2017, après +1,9% à fin 2016. Ce pic aura été la plus forte hausse enregistrée depuis cinq ans. Cette croissance s’explique essentiellement par le développement socioéconomique du pays (INDH, chantiers d’infrastructures, programmes de généralisation de l’accès à l’électricité et à l’eau potable dans le milieu rural, stratégies sectorielles…).

Selon la DEPF, cette évolution tient au renforcement des ventes de l’énergie de très haute, haute et moyenne tension de 5%, contre +1,2% un an auparavant. Ce bond est alimenté, essentiellement, par le rebond de celles adressées au secteur productif national (+7,9% après -0,1%). De même, la consommation de l’énergie de basse tension, adressée principalement aux ménages, s’est améliorée de 3% à fin 2017, en attendant l’ouverture progressive du marché électrique.

Pour ce qui est des prix affichés, l’année 2017 a connu des hausses qui ont touché plusieurs villes. Les factures étaient salées causant la grogne de la population (Casablanca, Tanger, Jerrada…). Pour le périmètre Casablanca-Mohammedia, la Lydec ne prévoit pas d’augmentation en 2018. Par contre, le gestionnaire délégué a annoncé, fin février, que les quatre hausses tarifaires entamées depuis 2014 ont impacté la consommation des ménages qui a baissé durant ces trois dernières années (cf. L’Economiste du 23 février 2018).

Rappelons que Lydec a introduit sa quatrième augmentation des prix de l’électricité en janvier 2017. Les tarifs appliqués ont atteint 1,02 DH/kWh (au lieu de 0,98 DH en 2016) pour la deuxième tranche (entre 100 et 150 kWh) et la 3e tranche (inférieure ou égale à 200 kWh).

Pour la tranche 4, le prix du kWh appliqué est passé de 1,07 à 1,11 DH. Concernant la 5e tranche, le tarif a atteint 1,31 DH contre 1,27. Les consommateurs de la 6e tranche (supérieure à 500 kWh) sont les plus touchés. Ils payent plus cher que les autres catégories (1,51 DH/kWh contre 1,46 en 2016) (cf. L’Economiste du 13 janvier 2017).

Outre la préservation du pouvoir d’achat, le Maroc doit faire face à de nouveaux besoins énergétiques et à de nouveaux défis (demande en croissance soutenue, forte dépendance énergétique, volatilité des cours mondiaux des combustibles, renforcement de la compétitivité des opérateurs…). D’ailleurs, les importations de produits énergétiques ont totalisé 6,1 milliards de DH, en hausse de 7%. Ce qui plombe la Caisse de compensation.

Cette progression trouve son origine, particulièrement, dans la hausse des approvisionnements en gaz de pétrole et autres hydrocarbures (+50,8% à 1,3 milliard de DH), souligne la DEPF. Pour rappel, la dépendance énergétique du Maroc s’élève encore à 93%, en attendant la production de l’électricité à partir de sources renouvelables pour la réduire à 82% en 2030.

Hausse continue

Selon les prévisions du ministère de l’Energie, des Mines et du Développement durable, la consommation d’électricité connaîtra une croissance moyenne de 5% d’ici 2021. Sur la dernière décennie (2006-2016), la demande a enregistré une croissance moyenne de 5,3% par an, passant ainsi de 21.105 GWh en 2006 à 35.415 GWh en 2016.
En 2017, elle a atteint près de 37.000 GWh. Rappelons qu’en l’espace de 20 ans (1996-2016), la consommation d’électricité par habitant a été multipliée par 2,5 environ, passant de près de 413 kWh/habitant en 1996 à 1.027 kWh/habitant en 2016, soit une progression annuelle moyenne de 4,7%.

 

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