International

Le pacte mondial sur les migrations sera signé au Maroc

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5215 Le 22/02/2018 | Partager
Un sommet est prévu en décembre
L’ONU lance une vaste négociation

Les pays de l'ONU, à l'exception des Etats-Unis, viennent de lancer une négociation pour aboutir à la signature en décembre au Maroc d'un Pacte mondial sur les migrations non contraignant. Six rounds de négociations à New York, un par mois, sont prévus jusqu'en juillet. L'objectif est d'aboutir à un accord qui sera ensuite formellement entériné les 10 et 11 décembre lors d'un sommet au Maroc.

Le but est «d'accroître la coopération sur les migrations internationales dans toutes leurs dimensions», souligne le projet de texte de 25 pages de cet «Accord mondial pour des migrations sécurisées, ordonnées et légitimes». Il veut aussi combattre les trafics d'êtres humains comme ceux récemment constatés en Libye.

Le projet, qui rappelle l'Accord de Paris sur le climat, préserve «la souveraineté des Etats» tout en reconnaissant «qu'aucune nation ne peut affronter seule le phénomène migratoire». «Il est crucial que la migration internationale nous unisse plutôt qu'elle nous divise», insiste le projet de texte cité par des agences de presse.

Les Etats-Unis, aux relations très tendues notamment avec le Mexique voisin sur cette question migratoire, ont annoncé fin 2017 se retirer de l'élaboration de ce Pacte. Et ce, en raison de dispositions contraires à la nouvelle politique d'immigration de Donald Trump. «La porte reste ouverte», souligne-t-on de sources diplomatiques. Pour qui, «l'absence américaine ne constitue pas un obstacle à l'obtention d'un accord». La Hongrie, un temps tentée de suivre l'exemple américain, aurait renoncé.

Le texte détaille 22 mesures concrètes comme collecter des données, fournir des papiers d'identité aux migrants qui en sont dépourvus, accorder un soin particulier aux femmes et aux enfants, offrir aux migrants un accès aux services sociaux et empêcher toute discrimination.

Dans un rapport en lien avec ce projet de Pacte et rendu public début janvier, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a souligné que les Etats membres de l'ONU devaient se préparer à gérer de larges mouvements de migrants. Au-delà des mouvements de population provoqués par des conflits, plusieurs experts estiment que d'autres migrations massives vont être provoquées par le réchauffement de la planète.

Le nombre de migrants dans le monde est estimé à 258 millions, soit 3,4% de la population mondiale.

Le cas de la France

Le gouvernement français a présenté, le mercredi 21 février, son projet de loi controversé sur l'asile et l'immigration. Après la présentation en Conseil des ministres, le texte, qui prévoit notamment l'allongement des durées de rétention administrative et la réduction à six mois les délais d'instruction de la demande d'asile, doit être discuté au parlement en avril. Les associations d'aide aux migrants et la gauche protestent contre un texte «profondément déséquilibré» et qui représente selon elles un «très net recul des droits». Le pays a enregistré un peu plus de 100.000 demandes d'asile en 2017 (un record, en hausse de 17% par rapport à 2016) et a accordé l'asile à 36% des demandeurs. Il comptait près de six millions d'immigrés en 2014.

 

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