Politique

Majorité: La nouvelle charte pansera-t-elle les plaies?

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5214 Le 21/02/2018 | Partager
Ce «document contractuel» devra encadrer l’action commune sur la base des priorités
Les groupes parlementaires appelés à faire preuve de discipline
Des outils permanents de consultation pour préserver la solidarité entre les composantes
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Les patrons des six partis de la majorité ont insisté sur l’importance de tourner la page des divergences et de mobiliser toutes les ressources, pour s’attaquer aux grandes réformes (Ph. Bziouat)

Après plusieurs mois de tiraillements, les partis de la majorité ont finalement signé, lundi dernier à Rabat, la charte devant encadrer leurs actions communes. Ce document arrivera-t-il à panser les plaies laissées par les guéguerres entre certaines de ses composantes durant les derniers mois? Les dernières déclarations tonitruantes de Abdelilah Benkirane, qui a attaqué frontalement les patrons du RNI et de l’USFP, avaient mis le chef du gouvernement dans une situation embarrassante.

Lors de la signature de cette charte, Saâdeddine El Othmani a voulu rassurer quant à «l’homogénéité des composantes de la majorité». Il a voulu marquer une distance par rapport aux positions de son prédécesseur. «Le PJD n’est pas un parti stalinien pour que tous ses membres pensent de la même manière, et que les déclarations d’un membre soient cautionnées par tous les autres», selon El Othmani.

Il a aussi tenté de calmer les craintes de certaines franges de sa formation, particulièrement sa jeunesse, en réaffirmant qu’au sein de l’exécutif, c’est lui le patron. Il s’agit en fait de répondre aux critiques internes de «concessions» face aux autres partis de la majorité, particulièrement au RNI de Aziz Akhannouch.

«Le gouvernement n’a pas deux têtes. C’est une équipe dirigée par un seul chef du gouvernement, nommé par le Roi», selon El Othmani. Celui-ci a également adressé des signes rassurants à ses alliés, en insistant sur son «souci de prendre nos responsabilités, sans être irrespectueux. Nous restons attachés à l’éthique marocaine, qui accepte la diversité». De son côté, le patron du RNI a insisté sur l’importance de cette charte pour «améliorer les relations au sein de la majorité».

Idem pour les SG des autres formations, à savoir le MP, l’UC, l’USFP et le PPS. Ils se sont accordés à dire qu’il est temps de tourner la page des divergences, et de s’attaquer aux chantiers stratégiques, selon une approche consensuelle, sur la base de cette charte. Celle-ci est présentée comme «un document contractuel, constituant une référence politique et éthique, encadrant l’action commune, sur la base des priorités identifiées».

Les membres des partis de la majorité, notamment les groupes parlementaires, sont appelés à «veiller à la mise en œuvre de cette charte et au respect de ses dispositions». Il faut dire que l’action des groupes de la majorité a été parfois marquée par la tergiversation.

L’épisode du clash des groupes de la majorité avec Mustapha Ramid, lors de la discussion du projet de loi sur le CNDH, témoigne des divergences au sein de cette coalition. Aujourd’hui, ces partis ambitionnent d’accorder leurs violons, sur la base des orientations de cette charte. L’objectif: «mobiliser toutes les ressources pour assurer l’exécution du programme gouvernemental, particulièrement les grandes réformes».

Ce document énumère une série de priorités, dont la consécration de la régionalisation avancée, le renforcement de la bonne gouvernance, la refonte du modèle de développement, le développement de la cohésion sociale et territoriale… Les partis de la majorité son conscients que la réalisation de ces objectifs passe par une série de pré-requis.

C’est dans ce cadre qu’ils s’engagent à respecter la méthodologie fixée par ce document. Il s’agit essentiellement «d’élaborer une vision commune et intégrée favorisant le bon fonctionnement du gouvernement». A cela s’ajoute «le renforcement de la solidarité au sein de la majorité, à travers la consécration d’outils permanents de consultation et de coopération, en plus de l’évaluation régulière de ses actions».

Mécanismes

La cohésion de la majorité et le respect des engagements par ses membres passent par la mise en place d’une série de mécanismes, favorisant la réalisation des objectifs fixés. C’est le cas notamment de l’instance de la présidence de la majorité, pilotée par El Othmani, comptant parmi ses membres les patrons des autres partis de la coalition, en plus d’un 2e dirigeant de chacune de ces formations. Elle devra tenir des réunions au moins une fois tous les deux mois. Deux autres instances sont également prévues, au niveau de chacune des Chambres du Parlement. Elles seront composées des chefs de groupes, avec une présidence tournante chaque année.

 

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