Culture

Une œuvre monumentale pour le parc de la Ligue Arabe

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5214 Le 21/02/2018 | Partager
L’installation de Daniel Buren reconstruite définitivement
Un artiste radical qui suscite admiration et polémique
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Une succession d’arches de couleurs vives qui se mêlent à des arches en pierre de taille datant du XVe siècle... les œuvres de Daniel Buren ont toujours suscité commentaires, admiration et polémique (Ph. DB)

L’œuvre avait séduit bon nombre de Casablancais, peu habitués à l’intervention d’artistes d’envergure dans l’espace public. Installé dans le parc de la Ligue Arabe, à côté de l’ex-Eglise du Sacré-Cœur, «D’une arche aux autres» est une installation in situ d’arcades. 

Une succession d’arches de couleurs vives qui se mêlent à des arches en pierre de taille datant du XVe siècle et qui auraient servi de socle à une prison datant de l’époque mérinide (seul vestige de la ville d’Anfa). L’œuvre signée par le fameux artiste contemporain Daniel Buren, à qui on doit les célèbres colonnes dans la cour du Palais royal à Paris, a été créée en 2015, à la demande de l’Institut français dans le cadre du projet «Patrimoine et art contemporain, une autre histoire».

Dressée de façon temporaire pour durer un mois, elle était composée de plaques de plâtre avec une finition en peinture et bandes adhésives et donc pas censée résister au temps et encore moins constituer une œuvre pérenne. Or l’installation a très vite eu un grand succès et de nombreuses voix se sont élevées pour  la rendre pérenne.

Casablanca aura enfin son œuvre monumentale, signée par l’une des figures majeures de la scène artistique internationale! Pour ce faire, il fallait donc la reconstruire à l’identique. C’est ce que Casa Aménagement, en charge des grands projets d’urbanisation et de développement de la région, dont la réhabilitation du parc de la Ligue Arabe, s’est empressée de faire au grand bonheur des esthètes de la ville.

La commission en charge de l’appel d’offres relatif à ce projet a ainsi accordé sa réalisation à la société Al Hamssaoui travaux.  C’est l’Office chérifien des phosphates qui doit prendre en charge l’investissement lié à ce projet dans le cadre d’une convention le liant, d’une part, à l’artiste et, d’autre part, à Casa Aménagement. Le montant du financement de cette opération est estimé à 1,7 million de DH, réparti entre le cachet de l’artiste, la reconstruction et l’entretien de l’œuvre. 

Certaines voix se sont, tout de même,  élevées contre la reconstitution de l’œuvre, arguant que l’intervention aussi artistique soit-elle sur un monument historique doit faire l’objet d’une consultation auprès de la population ou du moins de la société civile.  Les œuvres de Daniel Buren, artiste radical, suscite d’ailleurs  toujours commentaires, admiration et polémique.

En attendant, sur la reconstitution de l’œuvre de Buren comme sur la réhabilitation de tout le parc, Casa Aménagement met les bouchées doubles. La SDL promet que la mise à niveau du parc sera  réalisé dans le respect des fondamentaux paysagers du début du siècle précédent, ainsi que des standards les plus contemporains en termes de protection de l'environnement et d'équipements et de loisirs.

La fin des travaux est prévue pour  septembre 2018. Et même si plusieurs espaces occupés  n’ont toujours pas été récupérés par le maître d’ouvrage, l’état d’avancement du chantier est déjà à 85% selon la SDL.

 

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