Economie

Les risques macroéconomiques limités, mais…

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5175 Le 25/12/2017 | Partager
Il faut rester vigilant face aux tensions géopolitiques et la politique commerciale des USA
Capitaliser sur la poursuite de l’allégement des déficits jumeaux

Profitant de la poursuite de la consolidation budgétaire, les risques macroéconomiques du Maroc restent modérés. C’est l’une des conclusions du Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques (CCSRS) qui a tenu sa sixième et dernière réunion de l’année.

Le risque est même limité sur le plan des comptes extérieurs compte tenu de  «l’atténuation progressive du déficit du compte courant et de l’adéquation du niveau des réserves internationales nettes assurant en 2017, la couverture de plus de 5 mois d’importations de biens et services», soutient le CCSRS.

Cette situation est confortée sur le plan national où la croissance du PIB connaît «une accélération» engendrée principalement  par le rebond de la valeur ajoutée agricole et la reprise, à un rythme plus lent, du non agricole.  Dans le détail, les membres du comité relèvent une amélioration modérée du crédit bancaire avec une hausse particulière des concours aux entreprises non financières. En face, les créances en souffrance restent importantes, en dépit de leur décélération, dans un contexte marqué par une lente reprise des activités non agricoles.

Dans ces conditions, le CCSRS constate un ralentissement des résultats des banques au terme du premier semestre 2017 suite à de moins bonnes performances des opérations de marché. Mais cela ne remet pas en cause la rentabilité du secteur qui reste «adéquatement capitalisé et résilient aux stress-tests simulant des chocs macroéconomiques». Le CCSRS attache une attention particulière aux expositions aux risques de concentration et de taux d’intérêt des banques.

Dans ce sillage, les compagnies d’assurance continuent de respecter le minimum exigé en termes de couverture et de dégager une marge de solvabilité largement supérieure au minimum réglementaire malgré la baisse du taux de couverture des provisions techniques par des actifs représentatifs. Le comité estime, toutefois que «ces excédents de marge devraient probablement connaître une baisse avec le passage futur vers un régime prudentiel basé sur les risques».

Pour ce qui est de la réforme paramétrique du régime des pensions civiles, elle se poursuit. Même si elle a conduit, par le biais de la mise en place d'une tarification équilibrée pour les droits futurs des affiliés, à une amélioration de certains indicateurs de risque, le CCSRS remarque que cette réforme n’a pas permis de résorber les engagements importants du régime au titre des droits passés.

Sur le plan des perspectives, l’évolution devrait être relativement favorable avec «le raffermissement de l’activité économique mondiale et la poursuite de l’allègement des déficits jumeaux». Toutefois, le CCSRS relève quelques zones d’incertitudes qui pourraient être liées aux tensions géopolitiques et la politique commerciale aux Etats-Unis.

Baisse de la volatilité en Bourse

Si la liquidité sur le marché boursier poursuit une tendance haussière, elle demeure lente en grande partie  à cause de la faiblesse du flottant, mais elle implique une importante baisse de la volatilité après deux années de hausses consécutives. Il n’empêche, la valorisation du marché reste assez élevée, comme l’affirme le CCSRS. Celle-ci est tirée par des investisseurs à la recherche de rentabilité dans un contexte de taux d’intérêts qui restent bas. Dans le lot, il y a les OPCVM. A noter que le marché des prêts de titres fait l’objet d’une attention particulière suite à la forte progression de l’encours des opérations en 2017.

 

 

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