Economie

One Planet Summit: Beaucoup de questions sans réponses

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5168 Le 14/12/2017 | Partager
D’où viendront les 100 milliards de dollars annuels pour réussir la transition?
Des obligations à la taxe carbone, le flou règne sur la mobilisation
La Banque mondiale disqualifie l’exploitation pétrolière
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Le Président français Emmanuel Macron, l’acteur et ancien gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, et Nicolas Hulot, ministre français de la Transition écologique, en train de quitter le Sommet à Boulogne-Billancourt, près de Paris (Ph. AFP)

«Quand on vous dit non, pensez oui. La règle numéro un pour connaître le succès, c’est d’ignorer tous ceux qui prêchent le non. Notre objectif est de nous orienter sur la bonne direction, verte et propre». C’est le conseil livré par Arnold Schwarzenegger aux participants du «One Planet Summit» qui a réuni chefs d’Etat, stars, dirigeants de grands groupes.

La décision du Président américain Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’Accord de Paris sur la réduction des gaz à effet de serre a été à l’origine de la mobilisation des Etats fédérés, des villes et des grandes entreprises…Ce qui lui fait dire que «les Etats-Unis ne se sont pas retirés de l’Accord de Paris, c’est Donald Trump qui s’est retiré lui-même». Sauf que, même avec cet engagement, l’Accord de Paris est «fragilisé» comme cela a été souligné par le Président français, Emmanuel Macron.

Sur un ton alarmant, Macron a lancé un appel aux acteurs pour accélérer la lutte contre le réchauffement climatique: «L’on est en train de perdre la bataille et l’on ne va pas assez vite». Contrairement à l’objectif fixé de ne pas dépasser les 2 degrés, la planète s’oriente déjà vers un réchauffement de 3 à 3,5 degrés.

«Ce Sommet est pour moi le début d’une nouvelle génération et non pas un nouveau rendez-vous entre Etats». Le changement passe par des engagements fermes des Etats et des institutions internationales. La Banque mondiale a fait sensation en annonçant qu’elle cesserait de financer l’exploitation du gaz et du pétrole «sauf circonstances exceptionnelles dans les pays les plus pauvres».

Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a insisté sur la nécessité de rétablir la confiance: «Les fonds ne manquent pas, mais c’est la confiance qui fait défaut. Il faut y remédier». Cela veut dire que les  pays riches doivent honorer leurs engagements et apporter 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2020 aux pays en développement.

Le fonds vert devrait ainsi devenir, selon le Secrétaire général de l’ONU, un instrument efficace et souple notamment pour les pays les plus vulnérables, insulaires et les moins avancés. Des conditions jugées indispensables pour que la confiance règne entre pays développés et en développement. Le patron de l’ONU a ainsi appelé à une meilleure utilisation des ressources disponibles et à trouver des modes de financement novateurs comme les obligations vertes.

Les institutions internationales ont ainsi un rôle important à jouer en encourageant les investissements dans les projets qui contribuent à la lutte contre les changements climatiques. Quant aux gouvernements, ils sont appelés à continuer à créer un climat propice. Des textes législatifs se rapportant au climat sont nombreux, 1.200 dans plus de 60 pays, et la taxe carbone concerne les activités qui représentent à peine 13% du PIB mondial!

Protection des ressources, recherche, jeunes…

Un plan d’action et des engagements fermes ont été pris par des États, des institutions financières, des investisseurs privés, … Le tout avec comme objectif de mobiliser les énergies et les ressources financières publiques et privées pour accélérer la transition climatique et parvenir à maintenir la hausse des températures en dessous de 2 °C. Ces engagements portent notamment sur la protection des terres et des ressources en eau face aux effets du dérèglement climatique. La Fondation Gates, la Commission européenne et d’autres pays vont initier un programme de financement de 650 millions de dollars pour accélérer le transfert de l’innovation. S’y ajoute la création d’un cadre commun entre les villes pour simplifier leur accès aux financements Climat.
Le programme «Global Urbis» permettra aux villes et aux régions européennes et du bassin méditerranéen d’accéder plus facilement à des fonds publics et privés en vue de mettre en œuvre leur plan climat. Des engagements aussi en faveur de la recherche et la jeunesse. La Fondation Gates et la Fondation BNP vont débloquer 15 millions de dollars sur 5 ans pour financer des bourses universitaires qui permettront l’accueil de jeunes chercheurs de pays émergents ou en développement dans des laboratoires internationaux. La sélection de ces chercheurs s’appuiera sur les compétences d’Agropolis Fondation.

DNES à Paris, Khadija MASMOUDI

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