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    Reportage

    Un contentieux couve sous le refuge du Toubkal

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5165 Le 11/12/2017 | Partager
    Le gérant exige une gestion ad vitam aeternam
    La famille Aït El Kadi gère l’établissement depuis 1938
    Le Club Alpin français investit, mais peine à changer le contrat
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    Le refuge du Toubkal a été construit dans les années 1930 par le Club Alpin français. Il portait à l’époque le nom d’un éminent géologue et alpiniste français, Louis Neltner. Un petit écriteau encore accroché aux murs rappelle cet épisode historique. Des travaux de  réaménagement ont été entrepris au refuge en 1997. Deux ans plus tard, il ouvre ses portes au public sous l’appellation du «Toubkal» (Ph. Faquihi)

    Que se passe-t-il au refuge du Toubkal? Perché à plus de 3.000 mètres d’altitude dans les cimes du Haut Atlas, il a été édifié en1938 par le Club Alpin français Casablanca (CAF). Voilà presque 80 ans que la famille Aït El Kadi gère l’établissement niché dans les montagnes enneigées qui encerclent Marrakech. Un contrat de gestion a été signé entre le CAF Casablanca et l’arrière-grand-père des Aït El Kadi.

    Actuellement, c’est la 4e génération qui s’occupe des lieux. «Le Club alpin leur coule dans les veines», commente une source proche de ce milieu montagnard. A l’origine, un bail emphytéotique de 30 ans avec une clause de tacite reconduction a été conclu avec le patriarche. Les décennies passent jusqu’au jour où le propriétaire des lieux, le CAF, décide de renégocier le contrat de gérance.

    «Et ce, à la veille de l’expiration de ce contrat de longue durée. Nous souhaitions faire des investissements en vue de réaménager l’établissement. La construction d’un sas d’entrée notamment était dans nos projets», déclare une source ayant requis l’anonymat.

    L’association à but non lucratif de droit marocain dénonce donc la reconduction du contrat. D’interminables négociations démarrent à partir de 2012-2013. «Et pour cause, le gérant s’est approprié les lieux en quelque sorte. La famille Aït El Kadi exige de rester ad vitam aeternam unique détentrice de la gestion pour signer le nouveau contrat», rapporte un responsable très bien informé. Une condition que rejette le propriétaire du refuge du Toubkal.

    Un «bras de fer» est ainsi engagé depuis quelques années entre les deux parties. Ce qui n’a pas empêché le CAF d’investir 600.000 DH en 2016 dans des travaux: isolation thermique du toit confiée à une entreprise française, incinérateur, traitement de déchets, système d’évacuation d’eau... Le désaccord a par ailleurs mis en instance à la fois un programme de formation en France pour le personnel et d’autres travaux, comme le renouvellement des douches. Pour l’heure, il n’en existe qu’une seule avec eau chaude et pas totalement opérationnelle.

    refuge-toubka-2-065.jpg

    La mésentente entre la famille Aït El Kadi et le CAF a de vieilles racines. «Nous avons resserré la vis depuis 5 ans en exigeant du gestionnaire de remplir les fiches de renseignements et de consigner les nuitées dans un registre. Les fiches remplies par les résidents sont remis le 22 de chaque mois à la police afin de contrôler les passages des alpinistes», précise un membre du CAF. C’est ce même système qui prévaut dans tous les hôtels du pays. L’on compte actuellement 86 lits pour touristes et 20 lits pour les muletiers, précise le site officiel de l’établissement.

    La fiabilité des comptes est un enjeu permanent. En effet, l’association alpine a mandaté un de ses collaborateurs, Mustapha Ben Taleb, pour assurer un suivi assidu de la gestion. Car qui dit résidents non enregistrés, dit des recettes en moins.
    Les efforts entrepris pour traquer la les manquements semblent n’avoir pas totalement abouti. L’enregistrement des résidents n’est pas la règle absolue, selon nos constatations.

    Le gérant avait également profité de la situation stratégique du refuge pour faire de la publicité à un gîte d’étape se trouvant de l’autre côté du Toubkal, aux environs du lac d’Ifni plus précisément. Le CAF Casablanca avait exigé du gérant de décrocher la pancarte publicitaire de ses murs.

    Quelle alternative s’offre aujourd’hui au CAF Casablanca? Le nouveau contrat n’est toujours pas signé. D’après notre enquête, l’association créée dans les années 1940 «ne souhaite pas lancer une guerre (judiciaire) dans la vallée et entrer dans un conflit frontal avec la famille.

    Des courriers de relance seront adressés à la gérance». Si le désaccord persiste, le service juridique de la Fédération française des Clubs Alpins et de Montagne va tôt ou tard entrer en ligne pour régler définitivement ce dossier. Quitte à saisir la justice.

     

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