Economie

Elalamy prêche le réalisme sur l’Afrique

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5117 Le 02/10/2017 | Partager
« Nous sommes loin de mériter le label continent d’avenir»
75 millions de jeunes sans travail, une bombe à retardement
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Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement: «Ne commettons pas l’erreur de l’Europe avec l’Afrique. Il est important de travailler sur le co-développement, sinon nous aurons des problèmes» (Ph. Bziouat)

«Retrousser les manches et travailler». C’est la principale recommandation de Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, invité à la rencontre mesuelle de la Chambre française du commerce et de l’industrie.  Il appelle à la vigilance «face aux discours creux sur l’Afrique» pour ne pas rater les rendez-vous historiques.

Car le continent recèle des potentialités extraordinaires: plus de 200 millions de jeunes dans la tranche d’âge de 15-24 ans. Leur nombre devrait doubler en 2045, les 15 pays les plus jeunes du monde sont africains (Niger, Ouganda, Mali, etc.) et le taux de croissance moyen a dépassé les 5% entre 2015-2016. Sur cette même période, 12 des 20 économies ayant connu la plus forte croissance dans le monde étaient africaines. Mais les défis à relever sont tout aussi importants.

Les indicateurs de développement sont faibles: plus de 330 millions d’africains sont pauvres, soit 27% de la population qui vivent sous le seuil de pauvreté (1,90 dollars par jour). Le chômage touche 75 millions de jeunes africains et 2 adultes sur 5 sont analphabètes… Le continent manque aussi d’infrastructures et les besoins en équipement sont évalués à 2.600 milliards de dollars. «L’Afrique c’est tout cela à la fois. Nous avons pris un retard colossal.

Nous passons de l’étiquette «continent mort» à celle de «continent d’avenir». Nous sommes encore vivant mais nous sommes loin de mériter le label, continent d’avenir», souligne le ministre pour qui «la tectonique des plaques est en marche». En ce sens, que l’Afrique devra tirer profit notamment de  l’impact des changements de la stratégie chinoise qui se concentre sur la consommation interne. Cela s’est accompagné par une hausse du smig de 100 à 700 dollars qui devrait passer à 1.500 dollars.

La Chine est en train de devenir moins compétitive. Nous avons une chance puisque 85 millions d’emplois vont se déplacer à l’extérieur. Les pays du pourtour de la Chine vont en bénéficier mais également le Maroc et quelques pays africains», espère le ministre. Pour lui, le danger qui guette ce continent est celui de l’emploi avec 75 millions de jeunes sans travail. «C’est un problème mondial mais nous avons deux options: soit nous formons ces jeunes, soit ce seront des bombes à retardement».

 

 

 

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