Régions

Al Hoceïma survivra-t-elle à l’ouragan Zefzafi?

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5034 Le 30/05/2017 | Partager
L’embrasement de la province dissuade les MRE ou touristes d’y séjourner cet été
Les commerçants craignent une chute drastique de leur activité à majorité saisonnière
Zefzafi et ses complices sous les verrous,... et après?
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L’arrestation de Zefzafi contribuera-t-elle à calmer les esprits et rendre à la perle de la Méditerranée sa quiétude estivale? (Ph. A.K.)

Après trois jours de traque, le leader de la mouvance populaire, qui secoue Al Hoceïma depuis 7 mois, a été interpellé par la police lundi matin. Dans un communiqué, le procureur général du Roi à Al Hoceïma précise que Nasser Zefzafi a été arrêté en compagnie d’autres individus.

Ils ont été remis à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à Casablanca pour enquêter sur les faits qui lui sont reprochés à lui et l’ensemble des prévenus. Il s’agirait d’actes présumés concernant l’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et d’autres actes constituant des crimes en vertu de la loi.

Le parquet général supervise le déroulement de l’enquête tout en veillant au respect de l’ensemble des procédures et garanties prévues par la loi. Les mis en cause seront déférés devant le parquet général dès l’achèvement de l’enquête, conclut le communiqué.

Il est également reproché à Zefzafi d’avoir entravé, en compagnie d’un groupe d’activistes, la liberté de culte dans la mosquée Mohammed V à Al Hoceïma et à l’accomplissement de la prière du vendredi. Et cela, en empêchant le prédicateur de poursuivre son prêche, prononçant un discours provocateur, où il a insulté l’imam, et a semé des troubles qui ont attenté au calme, à la quiétude et à la sacralité de ce culte, privant ainsi les fidèles de la dernière prière du vendredi du mois de chaâbane, selon les Habous.

Les troubles qui s’ensuivirent ont engendré 45 blessés chez les éléments des forces de l’ordre (34 policiers et 11 agents des forces auxiliaires), lors des heurts du week-end à Al Hoceïma, a indiqué le délégué provincial de la santé, Mohamed Badi.
Même nombre de blessés chez les manifestants selon des organismes des droits de l’homme sur place. Ces incidents ont conduit à l’arrestation de 37 personnes qui ont été déférées aussitôt devant la justice.

Zefzafi, figure de proue du mouvement Hirak, s’est rendu célèbre par ses sorties tonitruantes contre ce qu’il qualifie de marginalisation de la province d’Al Hoceima et la région du Rif, toutes deux ignorées des programmes de développement. Ce qui a poussé une délégation ministérielle, six tout de même, à se rendre à Al Hoceima pour détailler les actions entreprises en faveur du développement de la province.

Le ministre de l’Intérieur a multiplié les visites et les rencontres avec les élus, autorités locales acteurs associatifs des provinces de Nador, Driouch et Al Hoceïma pour confirmer la volonté gouvernementale à faire de cette région l’une de ses priorités. En vain, semble-t-il, puisque les manifestations ont continué et sont allées crescendo.

Et malgré l’interdiction de certaines marches, les activistes de la mouvance populaire ont multiplié les sit-in dans la majorité des villes du Rif: Nador, Arouit, Driouch, Imzouren, Bni Bouayeche, Tanger… D’autres manifestations de solidarité avec les revendications socio-économiques du Rif ont eu lieu dans plusieurs villes du Royaume, notamment à Rabat et à Casablanca.

L’arrestation de Zefzafi n’a pas fait que des mécontents, car c’est toute l’activité commerciale et touristique d’Al Hoceïma qui était hypothéquée. En revanche, une région qui s’enflamme est une région qui fait peur. Plusieurs ressortissants marocains en Europe ont déclaré qu’ils ne se rendront pas cet été à Al Hoceïma. Une inquiétude qui se répercute de facto sur les commerçants qui voient leur activité menacée.
En effet, c’est durant l’été que le commerce et le tourisme réalisent leurs meilleures recettes.

Voyeurisme algérien sans permission

RESTE à préciser que les services de l’ordre à Nador ont interpellé un journaliste algérien, Djamel Alilat du journal Al Watan, qui réalisait des couvertures médiatiques sur le «Hira» du Rif sans autorisation. Selon des sources policières de Nador, le concerné logeait chez un activiste sur les réseaux sociaux alors que ledit journal est connu pour ses positions hostiles à l’égard du Maroc et de son intégrité territoriale. Affaire à suivre.

De notre correspondant,
Ali KHARROUBI

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