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    Economie

    Projet de loi de finances: La majorité en mode hara-kiri

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5020 Le 10/05/2017 | Partager
    Le PPS démonte le projet de Budget
    «Il n’y a rien à se mettre sous la dent», selon Abdeslam Seddiki, ex-ministre de l’Emploi
    Dépenses publiques, investissements… une série de défaillances pointées

    Les fissures dans les rangs de la majorité, constituée par Saâdeddine El Othmani, sont de plus en plus visibles. Après les critiques de l’USFP et même de certains députés du PJD, c’est au tour du PPS de démonter le projet de loi de finances. Abdeslam Seddiki, ex-ministre PPS de l’Emploi, qui s’attendait à «une formation rapide du gouvernement après les élections, et à l’actualisation des hypothèses du projet de budget», n’a pas caché sa déception.

    Intervenant lors d’une journée d’études, organisée hier au Parlement, il a estimé qu’il n’y a «rien à se mettre sous la dent». Face au slogan de la continuité, brandi par le gouvernement, il a mis en garde contre le risque de «confondre stabilité et inertie». Il a déploré que ce texte «ne traduit pas une vision sociétale sur le moyen terme».

    Les critiques de l’ex-ministre de l’Emploi portent sur trois grands aspects du projet de loi de finances. En tête, les dépenses publiques, «dont la structure n’a pas changé». Les dépenses de fonctionnement l’emportent toujours au détriment de l’investissement, dont la part reste confinée à 20%, selon Seddiki. Il a aussi pointé «l’ambiguïté qui marque les dépenses de service de la dette». En face, «les recettes restent encore insuffisantes».

    L’ex-ministre a plaidé en faveur du «renforcement de la pression fiscale, qui reste faible, avec 22% des recettes par rapport au PIB, au moment où ce taux dépasse 40% dans d’autres pays». Il a déploré que «rien n’a été fait pour intégrer le secteur informel, favorisant une augmentation des recettes fiscales».

    Au niveau de l’investissement, Seddiki, qui était en charge du portefeuille de l’Emploi dans le gouvernement sortant, a «estimé que les 190 milliards de DH annoncés restent des chiffres abstraits. Les réalisations ne dépassent pas 60%». Il a pointé aussi la faible efficacité de ces investissements, notamment en termes d’impact sur la croissance et l’emploi. Reprenant les chiffres présentés suite à la tenue de la Commission nationale des investissements, il a déploré que chaque 10 millions de DH ne permettent de créer qu’un seul poste d’emploi.

    Globalement, l’ex-ministre de l’Emploi estime que le projet de loi de finances, actuellement en examen dans les commissions sectorielles, ne permet pas de répondre à certaines problématiques, entravant la volonté de rejoindre le club des pays émergents. C’est le cas notamment du renforcement de la compétitivité des produits à l’export. C’est décisif pour mieux profiter des accords de libre échange.

    Ces derniers «n’ont pas été évalués comme cela a été recommandé par plusieurs études», a-t-il dit. Seddiki, également professeur universitaire, n’a pas hésité à critiquer la répartition des dépenses au niveau régional dans le projet de loi de finances.
    Pour lui, «la régionalisation reste encore un vœu pieux». Surtout que «les 2 fonds prévus par la loi organique, qui constituent le cœur de la dynamique de régionalisation, ne sont pas encore opérationnels».

    Mesures fiscales

    La journée d’études organisée autour du projet de loi de finances a permis de mettre l’accent sur les mesures fiscales qui risquent de susciter la polémique. En tête, l’extension de l’application de la TVA aux locations à usage professionnel. Cela concerne notamment les médecins, les avocats… «L’application de cette mesure risque de créer des tensions entre les propriétaires et les locataires. Les premiers ne voudraient pas prendre en charge une dépense supplémentaire au moment où les 2e avanceraient qu’ils ont loué le local avec un montant TTC», a expliqué Salah Grine, expert-comptable, membre du Comité central du PPS. La limitation du délai de déduction de la TVA payée aux fournisseurs risque aussi de «sanctionner une mauvaise intention présumée et non pas avérée», a-t-il noté. Grine, qui a participé à l’élaboration des amendements du PPS, a déploré «l’absence de mesures en faveur de la classe moyenne, via une révision du tableau de l’IR».

     

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