Competences & rh

Recherche: Encourager les ressources du continent

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5019 Le 09/05/2017 | Partager
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Pour Nkosano Moyo, DG de Minds (Institut Mandela pour les études sur le développement) à Johannesburg en Afrique du Sud, à l’instar des pays européens, il faut mettre en place un cadre encourageant la mobilité des chercheurs africains dans leur continent (Ph.NEA)

-L’Economiste: Quels sont les domaines prioritaires pour l’Afrique en matière de recherche scientifique?
- Nkosano Moyo:
Tous les domaines de la science et de la technologie sont nécessaires pour accompagner le développement de notre continent et ce n’est qu’à travers la recherche scientifique que nous pourrons apporter des solutions aux nombreux maux de l’Afrique.
Toutefois, notre problème est que nous comptons sur les autres pour effectuer les recherches concernant nos pays. Il faudrait que l’on devienne autonome à ce niveau et que nous les effectuions par nous-mêmes: Trouver nous-mêmes les solutions à nos problèmes.
Aujourd’hui, nous sommes victimes de la fuite des cerveaux. Nos jeunes vont suivre leurs études à l’étranger parfois avec des bourses accordées par les pays développés et une partie de ces chercheurs y restent. Une véritable perte pour leur pays d’origine. La première mesure à prendre serait de juguler cette hémorragie et encourager nos étudiants à suivre leurs études supérieures dans les pays africains.

- Comment relancer la recherche sur le continent?
- Premièrement, il faut signaler que la plupart des chercheurs africains ne sont pas formés en Afrique donc dans un environnement différent à celui de notre continent. Si on veut que nos étudiants s’intéressent à l’Afrique, il faut mettre en place les conditions favorables pour effectuer des recherches portant particulièrement sur des problématiques concernant leurs pays.

- Et en matière de financement?
- Je pense que cela ne posera pas une vraie contrainte pour le développement de la recherche dans les pays africains, car les moyens existent. A titre d’exemple, on pourra réduire nos dépenses destinées à l’armement et les mobiliser au profit de la recherche scientifique, afin de contribuer au développement de notre continent.  
 
- Quelles sont les activités de votre fondation?
-  Notre fondation accorde des bourses aux étudiants africains excellents pour leur permettre de suivre leurs études supérieures dans les pays africains. Deux objectifs: permettre aux africains de créer leur propre «task force» intellectuelle et trouver les solutions idoines au continent. Et par là, contribuer au développement des échanges commerciaux entre les pays africains. Je voudrais souligner à cet égard, que nos étudiants africains en savent long sur les pays étrangers, ce qui est en soi louable, mais bien peu sur l’histoire et le patrimoine de leur continent. Il faudrait les encourager à faire des recherches sur l’histoire de l’Afrique. Sur le plan économique, et à l’instar des autres continents, il faut encourager les échanges commerciaux entre les pays africains, ce qui va se traduire positivement sur leur population.
Propos recueillis par
Noureddine EL AISSI      

 

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