COP22

Le financement au service du climat

Par Safall FALL | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager

- L’Economiste: L’Accord de Paris est en vigueur depuis le 4 novembre. Quelle est la prochaine étape dans l’urgence de l’action?
 

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Aziz Mekouar, ambassadeur, négociateur en chef de la COP22

- Aziz Mekouar: Il était extrêmement important que l’Accord de Paris puisse entrer en vigueur rapidement. Nous avons dépassé largement l’objectif des 55 pays pour 55% des émissions de GES dans le monde. Nous sommes exactement à 90 pays aujourd’hui. Nous allons donc pouvoir tenir, à Marrakech, la première réunion de la Conférence des parties à l’Accord de Paris (CMA1). (ndlr: La CMA deviendra le seul organisme à prendre des décisions concernant l'Accord de Paris). Il faudra maintenant que nous nous penchions sur les règles et modalités d’application Marrakech de l’Accord de Paris. C’est là où se situe toute l’importance du Sommet. L’objectif est de passer très vite à la phase concrétisation et mise en œuvre des engagements pris lors de la COP21. 

- Parmi les conclusions du Sommet de Paris, justement, figurent ces 100 milliards de dollars à mobiliser pour le climat. Quelles sont les premières orientations de la feuille de route?
- Nous avons pu dégager un peu de visibilité sur la feuille de route de ces 100 milliards en marge de la Pré-COP. Ce que je peux vous dire, c’est que 67 milliards seront constitués de fonds publics. Ce qui représente une augmentation de 54% par rapport au niveau des engagements de ces dernières années. Il y aura également un doublement de la partie réservée à l’adaptation, qui représente maintenant près de 24% de la somme globale. J’imagine que les pays du Sud attendaient beaucoup plus, mais c’est déjà un progrès dans les négociations. Il y aura certainement des réactions à cette proposition, durant ce sommet de Marrakech, le temps que tous les pays prennent suffisamment connaissance du contenu de la feuille de route financement. Je rappelle tout de même que cette proposition financière est une initiative d’unilatérale des pays développés. Elle n’a pas été sujet à négociations, mais plutôt à consultations.

- Le Maroc accueille aujourd’hui la COP22. Peut-on parler d’un leadership climat du Royaume en cours de construction sur le continent?
- Le Maroc, et en particulier le Roi, a toujours eu une conscience très forte des problématiques de l’environnement et des changements climatiques. Le Royaume est déjà engagé dans cette voie puisque 43% de sa production électrique sera de sources renouvelables en 2020, avec l’ambition de passer à 52% à l’horizon 2030. Ce qui est quand même remarquable pour un pays comme le Maroc. Le fait d’accueillir cette COP est aussi une autre preuve de cette conscience sur l’urgence des actions en faveur du climat. Il y a beaucoup de pays qui en font autant. L’expérience marocaine peut être partagée. A l’échelle du continent, tous les pays sont concernés puisqu’une augmentation de 2° au niveau mondial équivaut à 4° pour l’Afrique. 
 

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