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Enquête

L'ingénieur, soldat de la guerre économique

Par | Edition N°:187 Le 06/07/1995 | Partager

La nouvelle donne de la concurrence internationale caractérisée par le démantèlement des frontières économiques des nations ouvre de nouvelles responsabilités à l'ingénieur. Dans ce contexte où l'univers ne forme plus qu'un seul marché, l'innovation apparaît comme le nerf de la compétition. L'ingénieur sera le soldat de cette guerre.

"Nous sommes entrés dans une ère de guerre économique", annonce d'emblée M. Abdelhamid Belhasen, directeur général d'Alcatel CIT Maroc. La devise des grandes multinationales est devenue: l'univers, un seul marché. M. Belhasen avertit que le décor de la compétition internationale, où les firmes raisonnent "monde entier" pour décrire leur marché, sera dur tant pour les industriels que pour les ingénieurs.
Aux premiers, il faudra s'adapter en permanence aux innovations afin de ne pas se faire évincer du marché. C'est la capacité de créativité qui leur permettra de conquérir une place sur le marché. Pour ce faire, M. Belhasen croit que l'industrie marocaine doit faire sa révolution, c'est-à-dire adhérer aux principes de productivité et de qualité. Elle doit par ailleurs évoluer vers des systèmes modernes tels que le just-in-time, le zéro défaut, le zéro stock, etc... "Finie l'époque où l'entreprise travaillait dans l'à-peu-près".
Quant aux ingénieurs, ils doivent faire preuve de capacité de réaction et d'intégration pour accompagner l'entreprise dans cette course à l'innovation. Etant les principaux acteurs de la bataille technologique, les futurs ingénieurs doivent maîtriser à fond leur métier par une spécialisation accrue. M. Belhasen estime que l'ingénieur de demain sera davantage spécialisé, avec cependant une ouverture à d'autres disciplines.

Se faire adopter

Deuxième trait de l'ingénieur-soldat, c'est qu'il doit être capable de gérer une équipe et de la mener à des victoires. D'où la nécessité, affirme M. Belhasen, de disposer de qualités humaines indispensables à la compréhension des hommes qu'il dirige. Il doit savoir se faire adopter par son humilité, confie le patron d'Alcatel Maroc.
Dans ce qui apparaît comme le terrain de joutes concurrentielles, il revient à l'ingénieur d'assumer le rôle de soldat, précise le directeur général d'Alcatel Maroc. Pour lui, pas de doute: la concurrence internationale, c'est la guerre. Et donc chaque nation a besoin de soldats entraînés et bien formés pour se défendre et conquérir de nouveaux marchés.
Enfin, l'ingénieur doit se distinguer par sa motivation, sa combativité et son ouverture sur le monde.

Porte-parole de la rigueur

De ce fait, et surtout parce que devenu le débouché principal du jeune ingénieur en formation, l'entreprise lui brandit un certain nombre d'exigences. Celui-ci devra non seulement maîtriser les techniques de base, mais également apporter un plus pour la firme. Celle-ci attend de l'ingénieur qu'il soit immédiatement opérationnel, ainsi qu'une amélioration de sa compétitivité.
Au-delà de ses compétences techniques, l'ingénieur doit être aussi le porte-parole de la rigueur dans l'entreprise; cette rigueur qu'il étendra à l'ensemble de structures de la firme représente un outil de communication de l'entreprise auprès de son environnement. Elle participe par ailleurs au renforcement de sa fiabilité auprès des clients. A cet égard, le respect scrupuleux des délais de livraison et de la ponctualité constituent, semble-t-il, deux domaines encore perfectibles au sein de l'entreprise marocaine.

Par ailleurs, quelques jeunes futurs ingénieurs n'ont pas manqué de souligner qu'autant l'entreprise se montrerait exigeante de l'ingénieur, autant elle devrait lui réunir toutes les conditions pour son épanouissement. Les exemples les plus fréquemment cités sont ceux de la formation continue et de l'investissement en recherche et développement.
Il est aujourd'hui établi que le cycle de vie des connaissances s'est considérablement raccourci du fait de l'accélération de l'innovation technologique.
Conséquence l'ingénieur (ceci est aussi valable pour les autres métiers) doit constamment suivre l'évolution des techniques, faute de quoi il devient "technologiquement obsolète", affirme M. Belhasen. La plupart des firmes n'ont pas encore véritablement saisi le potentiel d'amélioration de la productivité qu'entraîne le maintien, sinon l'élévation, de la qualification de leurs employés.
C'est l'un des paradoxes en effet qui a été relevé: d'une part, il est exigé de l'ingénieur débarquant sur le marché du travail d'être immédiatement opérationnel, de l'autre, exception faite de multinationales, la formation n'est pas encore élevée au rang des priorités au sein de l'entreprise.

Abashi SHAMAMBA.

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